La conférence dure 30 mn. Elle est suivie de questions des participants.

Questions posées :

35:42 Peux-tu déterminer que tu es présent à quelque chose, comment peux-tu après travailler cette présence? A quel moment détermine-t-on qu’on est présent et comment est-ce qu’on l’exerce?

39:30 S’agit-il bien de pratiquer la pleine conscience? La méditation aide à trouver cet espace.

45:24 En quoi peut-on continuer à vivre une vie pleine d’émotions et de sentiments si l’on s’affranchit de la sympathie et de l’antipathie?

49:02 Guillaume a parlé de 4 ressources et je n’en ai capté qu’une, la confiance. Pourrait-il renommer les 4?

1:08:29 Pourrais-tu développer le concept d’être en bonne santé en ayant une maladie? Dans la compréhension commune, on est malade lorsqu’on expérimente une maladie et on n’est donc pas en bonne santé

1:21:24 La santé est-elle le pouvoir d’agir au présent?

1:22:39 Est-ce que la recherche d’une clarté sur notre vocation ou mission personnelle est toujours suspicieuse? On chercherait alors à enfermer dans une vision ce qui pourrait venir de l’avenir. Autrement dit, comment faire la différence entre une intuition qui apparaitrait dans l’instant et la construction mentale d’un futur souhaité?

1:33:22 Comment se passer de la maladie? La maladie viendrait-elle adapter notre santé à ce qui se présente, viendrait-elle nous aider à être présent?

1:33:40 J’entends autre chose dans cette histoire de vocation/ mission qui peut aussi venir du passé. Cela pourrait-il venir aussi du passé

1:45:43 Comment être dans l’oeil du cyclone plutôt que dans le cyclone?

1:54:24 Quelquefois il est difficile de remarquer les différences. A ce moment, comment faire?

1:59:16 Est-ce que l’on peut reconnaitre sa propre épreuve? 1’59’25 Si je comprends bien nous avons chacun une signature personnelle de vie qui invite une ressource principale à se manifester et cela devient notre clef d’entrée pour les autres. Donc nous sommes liés à développer encore et encore toujours plus cette même ressource toute notre vie. Cette découverte de notre ressource est donc constamment à renouveler, à redécouvrir?

1:59:57 La souffrance appartient-elle au décor ou peut-elle être le geste de l’acteur?

VOYAGE AU CŒUR DE SOI

VERBATIM DES PREMIÈRES MINUTES DE L’APPORT DU 30 AVRIL 2020

Merci à la formation Meta-couleur d’avoir organisé cette entrevue. Merci en particulier à Sylvie Planche. À l’origine il était prévu que Toinon, Olivia et moi venions en Belgique pour animer un atelier Saluto intitulé, Voyage au cœur de soi. Toinon est eurythmiste et accompagnante en Saluto-biographie. Olivia est peintre. Elle a par exemple réalisé la peinture qui sert de bandeau au site Saluto.

Il était prévu que nous venions en Belgique et cela ne s’est pas fait. Comme quoi, entre ce qui est prévu et la réalité, il y a parfois des mondes.

J’ai par exemple prévu de parler environ 20 ou 30 mn et de laisser au minimum une heure et demie pour essayer de répondre à vos questions. On verra ce qu’il en est. En tout cas, j’aimerais commencer mon petit apport en évoquant ce que l’on peut prévoir et ce que l’on ne peut pas prévoir.

Il est important de pouvoir prévoir ce qui va se passer, de façon à s’orienter dans l’existence. Et en même temps, que pouvons-nous prévoir d’autre que ce que nous connaissons ?

Exemple crise coronavirus.

Prévoir, c’est projeter sur plus tard les conséquences d’une cause antérieure. C’est prolonger vers demain, ce qui s’est passé avant. Prévoir, c’est projeter un peu du passé dans le plus tard… Mais est-ce que plus tard est exclusivement le résultat de ce qui était avant ?

Alors, quand on met une bûche dans le feu. il est prévisible qu’elle brûle. Mais soyons conséquent : imaginons un monde dans lequel tout ce qui est, serait la conséquence de ce qui était avant. Un monde dans lequel chaque évènement serait la conséquence d’une cause antérieure.

Si tout ce qui arrive était la conséquence de ce qui était avant, alors il ne se passerait jamais rien de nouveau. Tout ne serait que le développement d’évènements antérieurs. Nos actes eux-mêmes, seraient conditionnés par ce qui s’est passé avant même que nous ne puissions agir. Nous aurions confiance à condition que tout se passe bien. Mais ce ne serait alors à proprement parlé pas de la confiance. Nous aurions du courage à condition qu’il n’y ait pas d’obstacle. Nous ne pourrions pas aimer. Nous n’aurions que des sentiments intéressés. Nous attendrions un retour sur investissement. Il n’y aurait pas d’actes gratuits. Nous ne pourrions pas pardonner. Chaque tord qui nous serait fait nécessiterait une compensation. Œil pour œil, dent pour dent. Nous serions enfermés dans une mécanique infernale.

Donc, ce qui en nous est capable d’avoir confiance, ou d’aimer… ne peut pas être le produit de ce qui était avant. Nous avons un corps qui est le développement de toute une évolution, mais ce qui en nous qui est capable d’avoir confiance, ou d’aimer… ne peut pas être le produit de cette évolution. Cela ne peut pas être soumis à la chronologie du temps.

Quand on pense l’humain comme le seul fruit de la biologie et de l’éducation,.. du contexte…, on passe à côté de ce qui est capable de confiance inconditionnelle, de courage inconditionnel, d’amour inconditionnel. Il n’y a rien d’idéaliste à l’inconditionnalité. Cela signifie seulement que l’on est capable d’agir et non de réagir à ce qui se présente.

Une action, à la différence d’une réaction, est inconditionnelle, c’est à dire qu’elle ne se laisse pas déduire des circonstances. Elle est donc créative, créatrice…

L’humain, par essence a une double nature.

Vous avez entendu parler de Pascal ou peut-être même lu ses pensées et ce qu’il écrit au sujet de la nature humaine. Il la rapproche de l’ange et de la bête. Qui fait l’ange fait la bête… Et bien une partie de notre nature réagit de façon prévisible. C’est la partie qui est le produit de notre éducation et de notre biologie. C’est la partie que la médecine et la pédagogie d’aujourd’hui considèrent. Mais une autre partie est imprévisible et agit inconditionnellement.

C’est de cette partie-là dont j’aimerais vous parler maintenant. C’est la partie essentielle à ne pas oublier, si l’on espère devenir acteur dans sa vie.

***

Vous avez probablement regardé la vidéo transmise avec le mail qui vous invitait à vous connecter aujourd’hui (Le décor de notre vie). Dans cette vidéo j’évoque un acteur sur la scène d’un théâtre. La scène, on peut l’expliquer à partir des circonstances. On peut l’expliquer d’après le passé. Il y avait un budget à respecter, une infrastructure, etc. Et pour une part, l’acteur qui n’a pas encore commencé à jouer, est dépendant des accessoires qu’il va trouver sur cette scène. Il sera plus ou moins comblé par les accessoires qu’on lui aura choisis. Et s’il n’est pas content avec eux, il ira voir l’accessoiriste pour essayer de les faire changer. Nous faisons pareil quand nous allons voir un psychologue par exemple, pour essayer de comprendre et de changer ce qui pèse dans notre passé. Mais temps que l’acteur discute avec l’accessoiriste, il ne commence pas à jouer. Il reste loin de ce qu’il pourrait inventer, créer, improviser sur la scène du théâtre avec ces accessoires-là.

Et puis un jour, il est possible que cet acteur, plutôt que de remettre en cause les accessoires qui ne lui vont pas, se lance, inconditionnellement. C’est-à-dire, en découvrant l’endroit à partir duquel il est possible de ne pas se laisser conditionner par le décor… ne pas se laisser conditionner par les aversions, les sympathies, les perceptions, les rôles sociaux, les traditions et les habitudes, la peur de ne pas connaitre son texte.

Tout se passe comme si le décor de la vie n’agit plus depuis un passé conditionnant nos actes. L’acteur place ce décor dans son présent : il se lie à lui. Il improvise avec lui.

En découvrant en soi l’endroit à partir duquel cela est possible, on découvre par exemple la confiance pour se lancer. C’est parce que la confiance était encore à venir que nous avions jusque-là besoin de nous rassurer avec les bons accessoires qui conviennent.

Ce n’est pas parce que nous avons perdu ce en quoi nous avons mis nos espoirs que nous perdons confiance. C’est au contraire parce que nous avons à découvrir la confiance que nous mettons nos espoirs dans des choses qui nous rassurent.

Vous voyez, autant la scène peut s’explique d’après les circonstances, autant il est important de ne pas oublier que cette scène a été construite parce qu’un acteur allait venir jouer dedans. L’acteur est la cause dans l’avenir, de l’installation de cette scène. Il est la cause de la présence de ces accessoires. De même nos épreuves ont toutes une cause à venir : elles sont dues à ce que des ressources à venir demandent à naître au présent. Nos épreuves sont comme les contractions d’une naissance à soi-même.

Plutôt que d’expliquer nos épreuves d’après ce qui s’est mis en place, tournons le regard vers ce qui vient de l’avenir.

La suite n’a pas été retranscrite… Écoutez la vidéo 🙂