L’originalité de la démarche Saluto est de donner les moyens de percevoir l’origine des difficultés rencontrées, non dans des causes passées à résoudre, mais dans la nécessité de faire advenir des ressources permettant de jouer librement avec ce qui se présente. Caractériser, identifier ces ressources fondamentales encore à venir et permettre d’exercer à les rendre présentes, est au centre de son expertise.

VOULOIR AVOIR RAISON – une affaire de peur…

 

Vouloir avoir raison… ce sujet qui m’a été soufflé par une lectrice du blog Saluto (que je remercie), est d’une actualité nouvelle. Si la volonté d’avoir raison est sans doute vieille comme le monde, la polarisation des débats actuels lui donne une intensité toute particulière.

 Le sujet des mesures sanitaires, du virus et du vaccin a semé la zizanie dans tant de famille, qu’il est temps de se demander ce que cette propension à vouloir défendre un point de vue signifie. Qu’est-ce que cela a à nous apprendre sur nous-même ?

 Si un ami vous dit qu’il veut, ou qu’il ne veut pas se faire vacciner, dans un cas comme dans l’autre votre sang pourrait ne faire qu’un tour avant d’approuver ou de désapprouver son choix.

 Si c’est une désapprobation qui s’en vient, c’est que la décision de l’ami vous importe et qu’elle ne vous laisse pas tranquille.

Écoutez encore un peu en vous et vous trouverez que derrière cette désapprobation, il y a de la peur.

Alors il n’est pas étonnant qu’en cette période où les peurs sont exacerbées par les médias, beaucoup de gens veuillent que l’on sache qu’ils ont raison…

 

a- La peur de souffrir

Peut-être que cette décision de ne pas se faire vacciner vous fait peur car l’ami pourrait souffrir de la maladie. Souffrir de la maladie ou souffrir des effets secondaires du vaccin. Vous ne supporteriez pas de le voir souffrir.

Vous avez essayé de le raisonner et trouvé de nombreux arguments. Mais ne reste plus que la colère ou l’argument d’autorité. Vous voulez avoir raison de son aveuglement et vous êtes aveuglé vous-même à la peur de voir souffrir l’ami et vous le détestez pour cela.

Vous l’aimez et vous le détestez. Et c’est pour ça que vous voulez avoir raison : pour enfin retrouver la quiétude de ne plus avoir de sentiments négatifs.

Vouloir avoir raison, c’est ce que l’on fait quand on ne peut plus se tenir en soi d’une façon stable. C’est le dernier recours, la fin des haricots… Ça ne mène à rien.

Alors comment fait-on pour retrouver cette stabilité ?

Un article le décrit : Comment faire quand nous sommes déchirés par des sentiments opposés

 NB: Parfois la peur de souffrir se traduit par la peur de ne pas être compris, de ne pas être apprécié… L’exercice est le même.

 

 

b- La peur du chaos.

Peut-être que cette décision quant à la vaccination provoque un chaos ; un chaos dans le corps, avec toutes sortes de réactions, ou entre les gens qui deviendraient dangereux les uns pour les autres. Toutes sortes de théories circulent à ce sujet. Je n’ai pas ici à les commenter. Ce n’est pas le sujet. Le sujet est de comprendre que lorsque l’on veut avoir raison de l’ignorance de l’ami pour s’épargner la peur d’un chaos supplémentaire, on n’est pas présent à l’ami, mais à sa peur.

Et la peur nous place dans un monde polarisé. Il y a ce que l’on estime correct et ce que l’on n’estime pas correct.

Être présent, c’est intégrer les polarités.

Par exemple prendre un moment pour vivre : « Tout le monde est vacciné ». Restez avec ça et laisser vivre ce que cela déclenche chez vous. Ne raisonnez pas à ce sujet. Ressentez juste comment cela fait en vous, quand vous rendez cette proposition présente.

 Puis recommencez avec : « Personne n’est vacciné ». De nouveau, ne raisonnez pas à ce sujet. Ressentez juste comment cela fait en vous, quand vous rendez cette proposition présente.

 Dans un troisième temps, laissez résonner ces deux propositions ensemble. Ces deux expériences, souvenez-vous en ensemble, sans essayer, évidemment de les rendre compatibles. Elles ne le sont pas. Juste les garder ensemble comme on se souvient de deux notes de musique que l’on a entendu successivement et qui forme dans notre mémoire un intervalle.

 L’attention nécessaire pour le faire, donne une profondeur à partir de laquelle il est possible de rencontrer l’ami, sans vouloir le convaincre. On s’aperçoit que les convictions que l’on a, sont des biais cognitifs que l’on veut confirmer par ses lectures, refusant tout ce qui ne va pas dans leur sens. La profondeur exercée par cet exercice, permet de s’ouvrir à plus large que ce que l’on supportait et à rencontrer l’autre véritablement, plutôt que la peur que sa décision provoquait chez nous.

 

c- La peur que quelque chose fasse obstacle au projet que vous portez.

Peut-être que cette décision de ne pas se faire vacciner contrevient aux espoirs de voir tout le monde vacciner pour atteindre une immunité collective (que ce soit avéré ou pas qu’une vaccination de masse le permette). L’ami vous apparait alors comme un obstacle sur le chemin du mieux. Il est un ennemi des projets que vous portez et qui ne peuvent se réaliser à cause de lui. Bref, la peur de l’obstacle et de la mort de votre projet.

 Peut-être qu’à l’inverse vous désapprouvez cette décision de se faire vacciner car la vaccination fait peut-être, à grande échelle, le jeu de nouveaux variants et que, là aussi, l’ami vous apparait alors comme un obstacle sur le chemin du mieux. Il est un ennemi des projets que vous portez et qui finalement ne pourront se réaliser à cause de lui.

 Vous voulez le convaincre de faire ce qu’il faut pour que vous n’ayez plus peur. En fait cet ami et son choix sont bien loin de l’essentiel. L’essentiel, lorsque l’on avance avec un projet, c’est de ne pas oublier le projet. En général on l’oublie en focalisant sur l’obstacle. On a l’impression que la lutte contre ce qui fait obstacle est plus important que le projet lui-même, comme si le projet devenait la destruction de l’obstacle.

En réalité, ce qui fait obstacle, comme lors d’une ascension en montagne, n’est que l’occasion de repenser aux prochains pas. Si un rocher se dresse sur le chemin que j’arpente, je n’ai pas à me projeter derrière le rocher et vouloir coûte que coûte le dynamiter pour passer. Il est possible de faire un détour, qui n’en est pas un finalement, puisque le sommet que je vise est déjà dans les choix que je fais lorsque j’avance. 

Alors n’oublions pas que cette crise est une occasion offerte pour reformuler le projet en fonction des circonstances actuelles, sans attendre que l’ami se vaccine ou que tout redevienne comme avant.

Tant que l’on veut avoir raison et convaincre l’ami, on oublie de se poser une question des plus importantes :  qu’est-ce qui, dans mon projet empêché, est le plus important et ne peut être empêcher ? Par exemple, qu’est-ce que je peux faire, tandis que mon activité est arrêtée, été qui pourrait être utile pour la suite ? Cette question, même si elle ne change peut-être pas tout de suite la situation extérieure, va rendre possible et concrètes des choses qui dormaient jusque-là.

 

d- La peur du néant.

Peut-être que cette décision de ne pas se faire vacciner vous fait peur car l’ami est quelqu’un d’important pour vous et vous avez peur qu’il ne meure de l’épidémie.

À l’inverse, s’il veut se faire vacciner, vous avez peut-être peur car l’ami pourrait mourir des effets secondaires du vaccin.

En fait l’ami que vous voulez convaincre joue pour vous un rôle dans votre vie. Vous le savez : elle n’aurait pas le même goût s’il n’était plus là. Il est pour vous comme un soleil dans l’existence.

En somme, vous voulez le convaincre de faire ce qu’il faut pour que ce soleil ne s’éteigne pas.

Finalement, c’est le manque de confiance en la vie qui nous pousse à vouloir convaincre l’ami.

Peut-être est-ce l’occasion de découvrir comment vous ouvrir à la vie sans faire jouer ce rôle à cet ami. Cela permettrait à rencontrer l’ami pour lui-même et non comme l’objet précieux de votre vie à vous. Cela n’empêche pas que vous ayez vos convictions, mais en prenant garde de ne pas faire jouer ce rôle à l’ami, vous pourrez le rencontrer autrement.

Comment faire ?

Je vous laisse consulter l’article suivant : l’exercice qui le permet y est décrit.

La confiance de Mgr Myriel.

 

 

Bien à vous

Guillaume Lemonde

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