Que faire pour être attentif ?

Voyez cette petite vidéo. Comme vous allez voir, pour être attentif, il y a surtout une chose à ne pas faire !

 

 

 

TRANSCRIPTION DE LA VIDÉO

 

Un oncle que j’aimais beaucoup me racontait une histoire.

Il me l’a racontée souvent quand j’étais enfant et j’aimais beaucoup cette histoire. J’aimerais la partager avec vous. Alors, je ne la raconte pas aussi bien que lui, mais j’aimerais la partager parce que c’est une histoire qui illustre tellement bien notre manque présence. C’est l’histoire d’un automobiliste qui vient d’avoir une panne, son pneu a crevé, il est là au bord de la route, il est deux heures du matin et il sait qu’un garage se trouve un peu plus loin sur le chemin. Alors, il se met en route vers le garage.

Puis en chemin, là marchant, dans la nuit, il s’imagine les choses. Il pense au garage et puis il se dit :

– Sans doute que le garagiste habite pas très loin de son garage, je vais trouver l’appartement, peut-être même que c’est au-dessus. Tout sera noir parce qu’il est tellement tard, il doit être en train de dormir, je vais l’appeler : Ohé ! Il y a quelqu’un ? Puis je vais l’appeler encore parce qu’il dort tellement profond… Et puis l’appelant et l’appelant toujours, il va se réveiller, il va ouvrir la fenêtre, il va être énervé ! Et puis je le vois bien d’ici : qu’est-ce que vous me voulez, vous avez vu l’heure qu’il est ? Je le vois bien s’énerver comme ça. Ils sont tellement malhonnêtes les gens, tellement malpolis. Je le vois bien…

Sur ces entrefaites, l’automobiliste arrive dans le village, voit le garage, trouve l’appartement au-dessus du garage et crie :

– si vous le prenez comme ça, dormez encore, je me débrouillerai tout seul.

 

 

Nous sommes très peu présents.

Nous nous imaginons des choses et réagissons avec ces choses que nous avons imaginées. C’est Montaigne, je crois, qui disait, j’ai eu beaucoup de problèmes, mais la plupart ne sont jamais arrivés. C’est ça, on s’imagine des trucs, on en fait des problèmes, mais ils ne sont pas présents. Au présent, on y est tellement peu à toujours chercher le pourquoi des choses et le comment ça va faire, on bascule comme ça… Mais pour être présent, il faudrait une chose fondamentale. Ce serait déjà arrêter de penser. Arrêter ce petit vélo automatique qui associe pensées après pensées toutes sortes de cascades, trouver le calme à l’intérieur.

Cette présence qui permet de trouver le calme permettrait de trouver, en même temps, un lien avec ce qui nous entoure, parce que ce qui nous entoure est au présent. Nous, nous ne sommes pas au présent à nous balader tout le temps. Notre corps est au présent, ce qui nous entoure est au présent, tout l’espace est au présent. Nous deviendrions attentifs sont nous pouvions lâcher ce mental. Simone Weil, je crois dans l’Enracinement, raconte que l’attention, la force d’attention est une force de non pensée. Quelqu’un d’attentif est quelqu’un qui s’arrête de penser.

Quand on est inattentif, c’est qu’on pense trop vite. On n’a pas bien lu l’énoncé. On ne l’a pas bien lu parce qu’on est allé trop vite à la fin, sans le lire correctement. On a suivi des enchaînements logiques trop rapidement, sans regarder ce qu’il en est. Quelqu’un d’inattentif subit une pensée qui pense en lui pour lui. Quelqu’un d’attentif ouvre un espace de non-penser et devient ouvert à ce qui l’entoure.

 

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