L’origine de nos épreuves, ne se trouve pas dans des causes passées à résoudre, mais dans des compétences encore à venir. La confiance en la vie est l’une d’elles.

 

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Transcription:

 

  • Nous regardons la plupart du temps, quand nous traversons une difficulté, les causes de nos difficultés au mauvais endroit.

Cela me fait penser à cette personne qui me dit : « je ne dors plus la nuit parce que je me fais beaucoup de soucis pour l’association à laquelle je me donne complètement depuis des années. Je me fais des soucis pour l’association parce que je vois bien que si nous continuons comme ça, nous allons droit dans le mur. Nous allons mettre la clé sous la porte. Cela fait 20 ans que j’y travaille et je vois que d’année en année, là depuis quelque temps, les choses se détériorent. »

Cette femme qui me raconte ça et qui ne va pas bien, cherche les causes dans le passé. C’est-à-dire qu’elle essaie de voir ce qui, avant, a entraîné cette situation actuelle. Elle a très bien identifié qu’il y a eu un souci dans le comité précédent avec des décisions qui n’auraient pas dû être prises. Elle a très bien noté qu’il y a un désengagement de l’ensemble de l’association qui n’est pas capable, dit-elle, de remettre les décisions du précédent comité à l’endroit.

Je reprends ses mots. Elle a très bien compris également que les buts de l’association ne sont plus clairement partagés par les membres. Bref, elle voit tout cela et elle me dit : « mais si l’association s’arrête, ma vie n’a plus de sens. »

  • Comment est-ce qu’on aide une personne comme cela ?

Quand on a bien identifié toutes les causes qui ont conduit à cette situation-là et quand on comprend que toutes les causes qui ont conduit à cette situation-là ne sont que les causes du décor, c’est-à-dire que ce sont les causes, les raisons pour lesquelles le décor s’est mis en place comme cela aujourd’hui. ― Comment fait-on pour l’aider ? Il se trouve que dans ce décor, c’est elle qui me parle.

Elle me parle de son décor. Son décor, c’est une association qui s’éteint. ― Mais elle dans son décor, quel rôle a-t-elle à jouer ? ― Est-ce qu’elle va continuer d’essayer de bricoler à ce décor pour qu’il soit mieux, parce que c’est ce qu’elle est en train de faire ? Elle voit que le décor ne va pas, il va de moins en moins bien et elle essayait de bricoler à ce décor. Elle veut arranger cela, arranger ceci, arranger ce que le comité aurait défait, arranger la participation des membres. Elle travaille.

C’est comme une actrice qui travaillerait à son décor avant de commencer à jouer. ― Mais à quel moment va-t-elle jouer son rôle ? ― Quel est ce rôle ?

Je vais prendre le sujet dans l’autre sens maintenant : je ne parle plus de cette femme, je parle d’une autre personne.

  • Imaginons une personne qui ne puisse pas éprouver au plus intime, que la vie est bonne.

Cette personne n’a pas confiance en la vie. Imaginez une personne comme ça. Elle n’a pas confiance que chaque instant apporte un cadeau, que chaque instant est nouveau, que chaque instant avec les cadeaux qu’il donne, est une surprise nouvelle. Imaginons ça.

Cette personne se retrouvera dans un décor dans lequel tout est toujours pareil. Il y a une routine qui s’installe. Il n’y a pas de perspective. C’est donc un décor gris dans lequel tout recommence. On appelle cela la routine métro-boulot-dodo, l’ennui absolu. Cette personne là-dedans que va-t-elle faire pour ne pas subir un décor routinier ? Elle va bricoler à son décor.

― Elle va bricoler comment ? Quand on est dans un truc qui est toujours pareil, on va essayer de mettre quelque chose dans ce toujours pareil qui fasse du bien. Donc, elle va se lier à une activité qui toujours de nouveau revient et fait du bien. Au moins, ce sera ça de pris. Donc peut-être que tous les dimanches, elle va voir des copines ; ou tous les dimanches, elle va à l’église ; ou tous les mercredis, elle garde son petit fils et que cela lui fait du bien. Elle peut faire tout un tas de choses. On se réjouit comme cela du prochain week-end, des prochaines vacances. Il y a des choses qui sont là et qui reviennent et qui font du bien. Elle va s’accrocher à une valeur, c’est-à-dire à une activité.

Cela peut être une activité, cela peut être un partage, cela peut être une lecture qui donne de la valeur à sa vie. Sans cette chose-là, sa vie n’aurait pas de valeur. Mais pour conserver cette valeur qui pourrait bien disparaître, et ce serait tragique, il va falloir en être digne, donc se donner à cette chose complètement.

Alors si c’est tous les dimanches qu’elle va à la messe, elle va surtout y aller tous les dimanches parce que si elle n’y va pas une fois, elle va se sentir un peu coupable. Et quand on se saisit d’un truc qui donne de la valeur à notre vie, ce truc va inévitablement aller de pair avec un perfectionnisme et de la culpabilité.

 

  • Maintenant que se passe-t-il si ce truc qui donne de la valeur à notre vie, disparaît ?

Elle allait tous les mercredis jouer à la belote avec des copines puis le club de belote se ferme. C’est tragique. Il n’y a plus rien. Ou alors, elle avait investi du sens de sa vie son chien. Son chien, c’était tout pour elle et le chien meurt. Elle va se sentir au passage coupable peut-être de l’avoir mal soigné ou mal nourri.

Avec le club de belote, elle va se sentir coupable peut-être de n’avoir pas participé les dernières fois, si bien que les autres n’ont plus envie de continuer et ont arrêté le club. Vous voyez. On peut se sentir coupable à tout moment dès lors que l’on se saisit d’un objet qui donne du sens à notre vie.

N’ayant plus rien, elle va soit chercher autre chose qui va donner du sens à sa vie, soit elle se retrouve dans un grand vide, dans une solitude énorme. ― Pourquoi dans une solitude énorme ? Parce qu’elle a rendez-vous avec elle-même. Elle va se retrouver complètement seule parce qu’elle a rendez-vous avec elle-même et ce rendez-vous, c’est de commencer à jouer plutôt que de bidouiller le décor pour que cela aille mieux. Son décor, c’était de la routine. Il y avait des choses qu’elle avait mises en place pour que cette routine soit acceptable.

Il n’y a plus ça. Elle ne peut plus s’occuper que d’une chose, c’est de son rôle, de ce qu’elle a à jouer. Et ce qu’elle a à jouer, c’est de découvrir que la vie est bonne et quoiqu’il arrive la vie est bonne. Et la vie est bonne, cela ne veut pas dire que cela se passera bien pour ce qu’elle désire. Cela veut dire que ce qui se passera se passera et que ce sera en ordre comme cela. C’est cela la confiance en la vie.

Ce n’est pas de se dire : « Ouais, j’ai confiance ! Cela ira comme je l’espère. » Non, ce n’est pas de la confiance. C’est de la projection. Mais, c’est de vivre profondément que ce qui arrive est complètement en accord avec ce qui doit être. Il n’y a ni bien ni mal quand on a confiance en la vie. Les choses sont et c’est OK comme cela.

Alors, reprenons la dame du début. La dame avec l’association qui peut fermer. Imaginez une personne qui est complètement confiante en la vie, qui sentirait que de toute façon les choses sont bonnes comme elles sont. Elle pourrait passer à autre chose. Elle pourrait tout simplement passer à autre chose. Cela fait 20 ans qu’elle travaille dans cette association. Elle pourrait tout d’un coup se dire : « Ouais ! Tiens, la possibilité m’est donnée de faire autre chose. Peut-être même que j’ai l’idée d’une autre association autrement qui me plairait bien ou je ne sais quoi, peu importe quoi. »

Mais ce passage-là nécessite un bout, la confiance. Et la confiance ne peut être découverte qu’à travers ce moment de solitude, lui-même arrivant à travers la disparition de ce qui donnait du sens.

 

  • Il y a un exercice qui pourrait aider cette dame.

Là, je vais le donner d’une façon abrupte, mais en vrai il peut sortir directement de la conversation. Quand cette personne va me dire peut-être ― cette chose-là, cette association, c’est toute ma vie ― et que l’on sait, que l’on a compris, que l’on a entendu que cette association, c’est toute la valeur de ma vie, donc c’est quelque chose qui est destiné à s’éteindre parce que je suis en train d’expérimenter la confiance en la vie.

On pourrait dire à cette dame ― prenez un petit moment et puis ressentez ce que vous venez de dire : cette association, c’est toute ma vie. Rentrez pleinement là-dedans. Alors, elle va prendre un petit moment pour rentrer pleinement là-dedans. Puis un moment, elle va dire très probablement parce que les choses sont en polarité en permanence : « c’est toute ma vie, mais cela va s’arrêter. » Restez juste un instant à c’est toute ma vie et ressentez juste ça. On la remet dedans. Elle le ressent. Je sens ça, elle dit, mais cela va s’arrêter.

Alors, prenez un temps pour ressentir : cette association n’existe pas ; cette association existe, c’est toute ma vie. Maintenant, cette association n’existe pas. Alors, la dame reprend un petit moment pour faire cela. On la fait basculer entre deux étapes opposées, deux étapes qui ne sont pas au présent quand on y réfléchit bien. Cette association c’est toute ma vie ― c’est au passé. C’est depuis le passé qu’elle a installé cela. C’est une valeur qu’elle a prise. Cette association n’existe pas ― c’est dans plus tard. Elle est entre passé et futur. Puis, elle va bien sentir les deux côtés et cela ne fait pas du tout pareil.

Et au bout d’un moment et je t’assure que quand on est dans cette situation, on le vit très facilement, tu lui dis : maintenant, souvenez-vous des deux expériences en même temps : cette association existe ; cette association n’existe pas, en même temps. C’est étrange. Donc passé, futur en même temps. Dans cet intervalle, on est au présent. Et au présent, l’acteur commence à jouer son rôle. Et le rôle, là, s’appelle : « la confiance en la vie. » C’est ce qu’on découvre en faisant cet exercice.

Cela apaise. On est comme dans un apaisement. On devient observateur de quelque chose et plutôt que d’être pris dans une lutte à vouloir re-bidouiller le décor, on découvre quelque chose qui s’ouvre et que la vie finalement peut être bonne. C’est à expérimenter, il faut le faire. Là, je le dis comme cela. Cela paraît un peu abrupt, mais c’est réellement l’expérience qui se fait : la vie est bonne. Les choses sont en ordre. Les choses sont en ordre comme ça.

 

Donc, il y a vraiment deux façons de voir une situation.

 

La façon depuis le décor qui est de regarder pourquoi on en est venu là, mais ce n’est pas ce qui est vraiment important si on veut aider quelqu’un. Ce qui est important, c’est de voir que ce quelqu’un en particulier, c’est un acteur dans un décor ― et que cet acteur quel que soit le décor a un rôle à jouer ― et que ce rôle dans ce cas, c’est la confiance en la vie et qu’il existe des exercices pour expérimenter ça, mais que le rôle peut s’appeler autrement.

Il pourrait s’appeler par exemple : persévérance, ou courage, dans d’autres circonstances. Il pourrait s’appeler profondeur intérieure par rapport aux organes des sens. Il pourrait s’appeler stabilité dans les sentiments qui me chamboulent. Il y a plusieurs façons de devenir acteur de sa vie.

Et la chose qui est intéressante dans la Saluto, c’est de pouvoir écouter quelqu’un et d’entendre ce qui appartient au décor et ce qui appartient au rôle qui est à jouer et de trouver l’exercice ou de trouver la manière de faire vivre à cette personne ce qui est important vraiment, de façon à ce que toute la situation se dégonfle.

Alors, cette personne a fait cet exercice. Elle l’a fait assidûment tous les jours, matin et soir, et elle est revenue pour me dire que certes l’association ne va pas mieux, mais qu’elle est libre par rapport à cela. Donc, elle peut prendre des décisions beaucoup plus simplement. Elle a découvert des choses incroyables et c’est un énorme pas parce que cela fait des années et des années qu’elle prenait cette association pour la valeur de sa vie. Donc, il y a eu un deuil à faire, mais ce deuil était en même temps annoncé par cette quête, la quête de la confiance en la vie.