L’attention véritable

« L’attention consiste à suspendre sa pensée, à la laisser disponible, vide et pénétrable à l’objet, à maintenir en soi-même à proximité de la pensée, mais à un niveau inférieur et sans contact avec elle, les diverses connaissances acquises qu’on est forcé d’utiliser. » 

À propos de l’attention dans le travail scolaire, Ed. du Seuil, coll. « Livre de vie », 1977, 256 pp. P92-93

« Il y a quelque chose dans notre âme qui répugne à la véritable attention beaucoup plus violemment que la chair ne répugne à la fatigue. Ce quelque chose est beaucoup plus proche du mal que la chair. C’est pourquoi, toutes les fois qu’on fait vraiment attention, on détruit du mal en soi. »

Ed. du Seuil, coll. « Livre de vie », 1977, 256 pp. P92

 

 

 

Mes notes autour de cette lecture :

 Ce que Simone Weil appelle ici un mal (que l’on détruit en soi lorsque l’on fait vraiment attention), est probablement l’activité mentale qui d’une façon autonome produit toutes sortes de pensées nous entrainant avec elles. Vous trouverez quelque chose à ce sujet en suivant ce lien.

 C’est un mal car il agit à notre place. Il se substitue à notre attention, lorsqu’elle n’est pas exercée. Mais c’est un mal nécessaire qui nous permet de fonctionner dans les moments où nous ne sommes pas présents.

Aussi, est-ce un bien, qui est à sa place du point de vue de notre non présence, mais qui ne l’est pas du point de vue de la présence.

Le mal est un bien qui n’est pas à sa place.

L’attention ne détruit pas un mal en soi. Elle le remet à sa place.

 

Guillaume Lemonde

 

 

Note biographique http://evene.lefigaro.fr/celebre/biographie/simone-weil-469.php

Née à Paris, Simone Weil étudie au lycée Henri IV avec le philosophe Alain. Suivant le modèle de son frère, brillant mathématicien, elle entre à l’École normale supérieure et passe son agrégation de philosophie en 1931. Elle enseigne ensuite au Puy, à Roanne et à Saint-Etienne, où elle se rapproche de la classe ouvrière. Elle écrit ses premiers essais en confrontant sa conception du marxisme avec la réalité du travail qu’elle expérimente ensuite dans les usines Alsthom et Renault. Toujours en quête d’absolu, Simone Weil rejoint le Front républicain espagnol en 1936 et connaît sa première révélation mystique à l’abbaye de Solesmes, deux ans plus tard. Dès lors, elle veut comprendre la volonté de Dieu et l’articuler intellectuellement avec ses propres expériences religieuses. Elle donne dans ‘Pensées sans ordre concernant l’amour de Dieu’ une interprétation mystique de la religion chrétienne, pleine de son désir de sacrifice. En 1942, forcée de se réfugier aux États-Unis, Simone Weil refuse de quitter ses compatriotes et revient aider les Forces françaises libres en Angleterre. Atteinte de tuberculose, elle s’éteint à 34 ans dans un sanatorium anglais.

 

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