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C’est dans l’esprit du temps. Se libérer des émotions négatives est le truc à faire quand on veut réussir sa vie ! Introduisez « Se libérer des émotions négatives » dans un moteur de recherche et des pages entières de conseils avisés vous seront proposées.

 

Vous trouverez le livre de Latifa Gallo qui décrit une méthode simple à utiliser : la technique “O.S.B.D.”.  O pour Observation, cette étape doit décrire objectivement et sans jugement la situation. S pour Sentiment, exprimer l’émotion éveillée en moi. B pour Besoin, identifier et formuler le besoin présent derrière le sentiment. Et D pour Demande, affirmer clairement sa demande d’une manière concrète, positive et négociable. Ainsi, Latifa Gallo nous propose de considérer l’émotion négative comme la résultante d’un besoin frustré que l’on formule comme une demande concrète, positive et négociable.

 

Vous trouverez la méthode des bonhommes allumettes mise au point par le thérapeute québécois Jacques Martel. Cette méthode consiste à couper symboliquement les liens d’attachements que nous avons établis avec des personnes ou des situations. En pratique, vous dessinez deux personnages sur une feuille. Vous les reliez ensuite par plusieurs traits placés à des endroits précis et, d’une paire de ciseau, vous les séparez. Et vous faites ce que vous voulez des deux morceaux de papier : vous les jetez à la poubelle, vous les passez au broyeur, vous les brûlez…

 

Bien d’autres procédés sont proposés lorsque l’on introduit la phrase « Se libérer des émotions négatives » dans un moteur de recherche. Mais si je prends aujourd’hui un moment pour écrire sur ce sujet, c’est parce que cette formulation m’interroge.

 

« Se libérer », tout d’abord et « Émotions négatives », ensuite.

 

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SE LIBÉRER DES ÉMOTIONS NÉGATIVES

En suivant ce lien, lire à ce sujet un article intitulé, ma liberté s’arrête-t-elle où commence celle des autres ?

 

Restons un instant avec la première partie de la proposition : « Se libérer ». Qu’entend-on par « se libérer » ?

 

Les méthodes proposées envisagent la liberté comme résultant de l’absence de contraintes. Quelque chose dérange et l’on voudrait que cette chose ne dérange plus. On voudrait la supprimer, la faire disparaitre, la renvoyer ailleurs. Couper les liens qui nous encombre avec la méthode des petits bonhommes allumettes de Jacques Martel. Pour Latifa Gallo, faire disparaitre les émotions négatives en affirmant clairement la demande permettant d’accéder à ce qui nous manque[1]. Pour le Dr Anne Ancelin Schützenberger et la psychogénéalogie, remettre aux aïeux les problèmes qui nous encombrent. Pour les psychiatres, prescrire un antidépresseur, ou un anxiolytique et libérer le patient des symptômes de la dépression ou de l’angoisse.

 

Mais en fait, la liberté comprise comme la disparition de ce qui dérange est une liberté illusoire.

Elle est illusoire car conditionnée par l’absence de contraintes. Elle est tout aussi illusoire que la stabilité intérieure que l’on acquerrait en éloignant ce qui nous déstabilise. Tout aussi factice que le courage que l’on découvre en supprimant ce qui nous fait peur, ou encore que la confiance que l’on éprouve en éloignant ce qui nous inquiète… Bref, c’est une liberté sous conditionnelle (comme on dirait au tribunal), toute relative à l’absence de contraintes.

 

Cette compréhension de la liberté passe à côté de l’humain.

En refusant ce qui est de nature à nous contraindre (ici, des émotions négatives), nous refusons la situation telle qu’elle se présente. Nous sommes en lutte avec ce qui est, et voudrions que ce soit autrement. Or, c’est précisément cette lutte qui nous contraint. Nous ne savons pas comment accueillir ce qui est sans nous sentir mal. Nous ne savons pas comment être dans cette situation et luttons contre elle du fait de cette difficulté. Nous sommes asservit par notre difficulté à être dans cette situation.

 

Finalement, c’est parce qu’il nous est difficile de nous mettre en lien avec la situation (ici, des émotions négatives) que nous ne sommes pas libres. Et tout faire pour éviter de vivre ces émotions négatives, nous asservit encore plus.

 

SE LIBÉRER DES ÉMOTIONS NÉGATIVES

Qu’est-ce qu’une émotion négative sinon une émotion à laquelle nous attachons une valeur négative. Nous avons une émotion et nous n’en voulons pas car nous la trouvons négative.

 

Les émotions ne sont pas négatives en soi. C’est nous qui refusons certaines d’entre-elles, incapables que nous sommes de les accepter. Notre manque de stabilité intérieure nous rend vulnérable à certaines d’entre-elles : elles sont comme une tempête pour un marin qui n’aurait pas le pied marin. Notre manque de confiance en la vie nous rend vulnérable à d’autres : elles sont comme une nuit dans laquelle nous ne saurions voir aucunes étoiles.

 

En fait les émotions négatives sont des émotions qui viennent de nos difficultés à être en lien avec ce qui arrive.

 

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NOUS N’AVONS PAS À NOUS LIBÉRER DES ÉMOTIONS NÉGATIVES, MAIS DE LA CROYANCE QU’IL FAUDRAIT S’EN LIBÉRER.

Nous n’avons pas à nous libérer des émotions négatives, mais de la croyance qu’il faudrait s’en libérer. Nous avons au contraire à intégrer les émotions négatives avec les autres. Car aussi longtemps que nous refusons une partie des émotions, c’est l’ensemble de nos émotions que nous refusons.

Vous trouverez un développement de ce que j’avance ici en lisant l’article SORTIR DU MONDE BINAIRE.

 

 

Nous avons à apprendre à nous tenir au milieu de ces émotions. Non pas de préférer certaines d’entre elles et de repousser les autres, mais de les accueillir toutes…

Comment fait-on ça ? Cela ne se décrète pas ! Cela ne se fait pas d’un claquement de doigt !

Cela s’exerce.

Il ne s’agira pas de compenser les émotions dites négatives avec des émotions dites positives, mais de se tenir entre elles-toutes.

Alors soyons concrets ! Je vous propose de consulter les deux exemples d’exercices qui se trouvent dans les articles suivants :

 

Comment faire quand nous sommes déchirés par des sentiments opposés ?

Un moyen d’exercer la confiance en la vie

 

Et je me tiens à votre disposition pour répondre à vos commentaires en bas de page.

Si cet article vous fait sens, vous pouvez le partager avec vos amis.

Merci.

 

Guillaume Lemonde

 

 

 

 

 

[1] Notes pour les participants à la formation Saluto :

Le livre de Latifa Gallo s’adresse à la Terre du passé dans la première ligne : calmer les émotions avec un travail d’observation et d’analyse : « O.S.B.D. ». Ce livre parlera particulièrement à ceux qui cherchent une stabilité dans les sentiments.

Les bonhommes allumette de Jacques Martel s’adresse à l’Air du passé dans la 4ème ligne : renforcer à travers une expérience, la séparation d’avec ce qui pour nous n’a pas de valeur. Cette méthode parlera particulièrement à ceux qui cherchent à découvrir la confiance en la vie.