SALUTO- LES FONDAMENTAUX

Nous avons pour habitude de chercher les raisons de nos problèmes aux mauvais endroits : nous essayons de comprendre ce qui a causé la situation actuelle, trouvons toutes sortes de raisons, mais oublions l’essentiel. L’essentiel est que, à travers cette épreuve et quelques soient les raisons que nous identifions, une nouvelle aptitude est en train de s’approcher de nous.

C’est parce qu’une aptitude particulière nous manque, que la situation actuelle est une épreuve. La raison de l’épreuve est à découvrir dans une aptitude encore à venir. Une image illustre bien cela : tant que le marin n’a pas découvert la stabilité nécessaire pour marcher dans le gros temps, il vivra chaque houle comme une tempête. Il aura beau lutter contre la tempête, comprendre pourquoi la tempête s’est levée et apprendre à prévoir la prochaine, il n’aura pour autant pas trouver cette stabilité. Alors comment percevoir les aptitudes qui nous manquent encore et qui sont nécessaires pour traverser les épreuves ? Comment les caractériser ? Telles sont les questions qui sont abordées par la démarche Saluto.

Nous sommes naturellement insérés dans le temps chronologique : nous associons à chaque évènement des causes le précédant et prévoyons des conséquences. Plus nous sommes sages, plus nous identifions d’autres causes en amont et voyons au loin les conséquences possibles. Plus nous sommes puissants, plus nous pouvons interférer dans cet enchainement pour l’infléchir dans une direction souhaitée. Des degrés divers de puissance et de sagesse forment notre compétence professionnelle, notre savoir-faire. On peut être très sage et peu puissant, savoir et percevoir beaucoup de choses mais se sentir incapable de faire bouger quoique ce soit quand il le faudrait. On peut être très puissant mais peu sage et faire de grands dégâts que l’on regrette ensuite. Mais quoi qu’il en soit, du fait même qu’elles sont insérées dans le temps chronologique, notre sagesse et notre puissance sont vouées à rencontrer des obstacles : il y aura toujours en amont une cause que l’on n’aura pas vue et qui nous rattrapera au point que la situation qui posait problème se représentera. Il y aura toujours en aval une conséquence liée à cette cause première et que l’on n’aura pas prévue et qui confluera avec celles que l’on voulait combattre. Nous pouvons atténuer, renforcer, accélérer ou ralentir un instant le cours des évènements, mais fondamentalement, de notre action, elle-même déterminée par un enchainement de causes et d’effets, ne peut surgir quoique ce soit d’autre que ce que ces causes qui nous dépassent auront déterminé.

Si nous voulons rendre possible du nouveau, de l’inédit, de l’inespéré, bref, si nous voulons rendre possible un réel changement, nous avons à opposer à ce que nous dictent notre sagesse et notre puissance, une présence capable d’y renoncer :

Nous avons à suspendre un instant les automatismes qui nous conduisent à chercher dans ce que l’on sait déjà, de quoi comprendre ce qui se présente. Cela nous permettra de percevoir la situation autrement que d’après les expériences passées…

De même, nous avons à arrêter de compter sur les effets que nos actes peuvent avoir. Cela nous permettra d’agir maintenant pour la situation et non pour la projection d’un effet désiré. Nous avons donc à nous tenir devant la peur de ne pas savoir, la peur de ne pas pouvoir et à renoncer de chercher de quoi la calmer. Et cela ne va pas tout seul.

Un retournement s’opère alors :

La pensée, plutôt que de s’exercer à chercher en notre bagage intérieur des raisons et des solutions, s’ouvre au monde en caractérisant ce qu’offrent les perceptions. C’est ainsi que la connaissance de soi, la sagesse, s’ouvrent à l’altérité, au monde et à plus grand que soi. On découvre dans ce que la rencontre a d’unique, un lien avec ce qui est universel. Et c’est ainsi que l’on peut se lier à la personne que l’on rencontre. L’attention que l’on porte, lors des cours de Saluto, à reconnaitre les motifs universels qui appartiennent à l’avenir et ceux qui appartiennent au passé, dans ce que dit quelqu’un que l’on rencontre, va dans ce sens.

– De son côté, la volonté, plutôt que de se projeter dans le monde, se recentre au présent dans l’exercice de la stabilité, de la profondeur, du courage et de la confiance. Les exercices proposés lors des cours de Saluto, vont dans ce sens.