Voici un petit article pour illustrer d’une image deux façons polaires de considérer notre hérédité, notre famille et les aspects transgénérationnels. Il permet de mettre en rapport la démarche psychogénéalogique et la Salutogénéalogie :

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Du haut des montagnes, des ruisseaux se forment.

Ils bondissent en cascades, se rencontrent en torrents, grossissent pour devenir rivières et s’apaisent jusqu’aux fleuves, qui débouchent sur les mers. Une multitude de cours d’eau se fondent et s’immobilisent dans les masses océanes.

Lorsque nous songeons à la vie qui coule d’une génération à l’autre, nous percevons deux affluents parentaux, qui nous transmettent la vie alimentée par quatre fleuves grands-parentaux, eux-mêmes nourris par huit rivières. Seize ruisseaux, trente-deux torrents etc…

C’est ainsi que l’être humain se conçoit aujourd’hui comme la combinaison fortuite des caractéristiques génétiques de ses ancêtres. Il en possèderait le meilleur et le pire.

Ces caractéristiques sont aujourd’hui étudiées par la biologie moléculaire, qui les isole en processus élémentaires et fait correspondre, à chaque processus, un facteur héréditaire ou gène. L’eau dans laquelle nous baignons contient toutes les alluvions charriées par tous les cours d’eau se trouvant en amont. Cela dévale du haut des montagnes.

Peut-être découvrons-nous que ces eaux contiennent trop de calcaire et nous nous dirons qu’il conviendrait d’empêcher les rivières venant du Jura de déverser leurs ondes dans les nôtres. Nous voudrons faire barrage pour nous en libérer.

C’est ainsi que certains chercheurs étudient jusqu’au génome pour nous libérer de ces contraintes biologiques. D’autres s’intéressent à découvrir en quoi nous sommes le fruit d’un milieu relationnel, et tentent de comprendre les mécanismes de cette contrainte, pour là aussi, nous en libérer. « En travaillant mon passé familial, je peux m’en distancier » : tel est le propos de la psychogénéalogie.

Ainsi, le corps, du fait de l’hérédité génétique (ou innée), mais aussi le contexte, du fait de l’hérédité sociale (ou acquise), porteraient l’ensemble des nuisances que l’être humain peut vivre. Et depuis lors, la médecine fidèle à cette direction, s’évertue à débusquer et à supprimer ces nuisances.

Le problème n’est cependant pas l’alluvion qui nous encombre, mais notre incapacité à pouvoir en faire quoi que ce soit.

Nous sommes envahis par de vieilles affaires et ne savons comment nous positionner par rapport à elles. Supprimer le calcaire revient finalement à acidifier l’eau… Et ce n’est pas forcément beaucoup mieux.

Alors, imaginons que nous puissions apprendre à maîtriser cette influence trop forte, à mieux nous lier à elle, de façon à en tirer une nouvelle compétence. En fait, nous aurions la totale maîtrise de ces influences, si nous pouvions nous tenir nous- mêmes à la source. Inverser le mouvement.

En matière de cours d’eau, il existe un second courant auquel nous ne songeons peut-être que trop peu. Moins visible que le précédent, il est pourtant tout aussi puissant et essentiel : il prend naissance à la chaleur du soleil qui échauffe la surface de l’océan. L’eau s’évapore, s’élève jusqu’aux sommets les plus hauts et réalimente les sources.

C’est un courant inversé, qui porte la vie et sans qui toutes les sources se tariraient. Regarder comment cet invisible courant, grâce à la chaleur du soleil, va ressourcer les cours d’eau, constitue le sujet de la Salutogénéalogie.

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Ce sujet est développé dans les articles ci-dessous. Bonne lecture !