PROPAGANDE : la fabrique de l’obéissance.

S’éveiller à l’essentiel dans un monde bouleversé.

 

Si vous souhaitez une visioconférence sur ce sujet, laissez un commentaire en bas d’article.

À partir de douze personnes, je la mettrai en place courant juin 2021.

 

 

Chaque jour, à travers les journaux, la radio, la télévision, l’affichage publique et internet, nous sommes soumis à de la propagande.

Nous n’en avons évidemment pas conscience. Une propagande réussie sait se faire oublier. Mais de fait, par tous les moyens disponibles, de multiples messages nous sont adressés pour que nous soyons conduits à adopter les opinions et le comportement souhaité.

 

 

QUELQUES NOTIONS HISTORIQUES AU SUJET DE LA PROPAGANDE

 

 

–       La propagande politique moderne apparait au XIXe siècle

 

Avec l’industrialisation, se concentre dans les villes une importante main d’œuvre ouvrière que les leaders du mouvement socialiste cherchent à amener à une action collective. Pour ce faire, ils adoptent le vocabulaire de la religion nommant « doctrine » leur discours politique et appellent « propagande » les méthodes de sa diffusion au sein de la population ouvrière.

 

–       Dans ce contexte est théorisée une « psychologie des foules »

 

Dans l’ouvrage « Psychologie des foules » Gustave Le Bon esquisse les bases de la manipulation des masses[1].

Pour Le Bon, « L’âge où nous entrons sera véritablement l’ère des foules. […] Aujourd’hui ce sont les traditions politiques, les tendances individuelles des souverains, leurs rivalités qui ne comptent plus, et, au contraire, la voix des foules qui est devenue prépondérante. »

— Gustave Le Bon, Psychologie des foules, 1895.

 

 

–       Avec l’apparition du suffrage universel apparait la nécessité de convaincre.

 

L’arrivé des partis politiques et l’émergence des médias de masse redéfinissent les rapports entre gouvernants et gouvernés.

 

La propagande devient alors l’ensemble des méthodes destinées à diffuser une idée et à la faire accepter.

 

 

–       Edward Bernay, met en pratique la manipulation de foule.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, Edward Bernay, publiciste, considéré comme le père de la propagande moderne, est engagé par le président des États-Unis Woodrow Wilson pour faire basculer l’opinion américaine en faveur de l’entrée en guerre. La campagne de propagande est si intense qu’une hystérie antiallemande en résulte. Cela impressionne l’industrie américaine, qui découvre que l’on peut influencer l’opinion publique d’un pays entier et qu’il devient possible de transformer les citoyens en consommateur. Acheter ne doit plus relever du strict besoin mais du désir.

 

 

–       En 1919 Edward Bernay remplace le mot propagande par relations publiques

 

Il veut enlever à ce mot la connotation négative qu’il avait acquise. Il écrit en 1928 :

« La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. Nous sommes, pour une large part, gouvernés par des hommes dont nous ignorons tout, qui modèlent nos esprits, forgent nos goûts, nous soufflent nos idées. C’est là une conséquence logique de l’organisation de notre société démocratique. Cette forme de coopération du plus grand nombre est une nécessité pour que nous puissions vivre ensemble au sein d’une société au fonctionnement bien huilé. »

— Edward Bernes, Propaganda, 1928.

(Vous pouvez lire le livre de E. Bernay en suivant ce lien)

 

–       Dans une société basée sur le pouvoir décisionnel de la majorité, ceux qui peuvent générer une opinion majoritaire, ont le pouvoir.

 

 ***

MAIS COMMENT S’Y PRENDRE pour que la propagande soit efficace ?

 

Comment s’y prendre pour contraindre des gens, sans qu’ils ne s’aperçoivent qu’ils ne sont pas à l’origine de leurs opinions. Comment manipuler des gens au point qu’ils soient satisfaits de penser ce que l’on veut leur faire penser ?

 

Il faut évidemment pouvoir les endormir ; endormir leur attention, ne pas leur parler individuellement mais les noyer dans une masse anonyme et s’adresser à cette masse de gens comme à un être, une sorte d’âme groupe. La masse des gens a en effet des caractéristiques particulières qui la rende bien plus vulnérable à la suggestion que chaque individu pris isolément.

 

Lorsqu’on connait ces caractéristiques, on devient le maître.

 

 

***

 

LES CARACTÉRISTIQUES DE LA MASSE ANONYME

(psychologie des foules)

 

Gustave Le Bon montre dans Psychologie des foules que le comportement d’une masse de gens diffère de ceux d’individus isolés, en effet, une masse anonyme, une foule a des caractéristiques qui se déduisent de l’attention endormie des individus isolés.

 

 

Être attentif, c’est être présent à ce qui est.

 

Quand on est inattentif, on pense à autre chose, on n’est pas présent à ce qui est, mais à ce que l’on aimerait qui soit. On redoute ce qui pourrait arriver et l’on espère ce qui pourrait nous rassurer.

 

Ainsi, par nature, une foule redoute et espère.

 

C’est le propre des foules. Quand on manifeste par exemple, c’est que l’on redoute quelque chose et que l’on espère que ça change…

 

 

a-   C’est pourquoi, pour qu’une masse anonyme (et donc utilisable par la propagande) puisse se former, il faut d’abord faire redouter quelque chose. Faire peur !

 

Que les gens puissent redouter quelque chose et leur présenter ensuite ce que l’on veut leur faire adopter, comme ce qui permettra d’espérer une sortie de crise.

 

Par exemple, vous profitez d’une situation sanitaire difficile en la présentant comme encore plus catastrophique qu’elle n’est et vous aggravez la catastrophe en empêchant les médecins de soigner. Vous interdisez les médicaments qui pourraient être utilisés et renvoyez les patients à la maison avec du Paracétamol. Laissez les malades saturer les services de réanimation sans permettre aux cliniques de venir en aide. Déclarez : « Nous sommes en guerre » et faites peur par tous les moyens en désignant l’ennemi, ici un virus.

 

Ce faisant, vous paralysez en chaque individu la confiance en la vie. La confiance est cette faculté d’attention qui permet d’être disponible et ouvert à tout ce que la vie propose, même à la mort. Quand on est attentif à chaque instant, chaque instant apparait dans son unicité, dans sa particularité. Il n’y a pas deux moments identiques. La vie est alors surprenante, inédite, extraordinaire. Quand on est ouvert à tous les possibles, il n’y a pas de mauvais ou de bons moments en soi. Ils ne sont mauvais ou bons qu’en rapport à ce que l’on espère ou redoute. Quelqu’un de confiant est en paix. Il aime la vie qui est bonne en soi (même si des épreuves se présentent) et ne redoute pas la mort.

 

Ainsi, quand on fait peur aux gens et qu’on leur dit que le moment que l’on traverse est pire que tout, ils basculent facilement dans un monde où il n’y a plus de perspectives. Leur attention à l’extraordinaire de la vie est mise à l’épreuve. N’étant plus disposés à être ouverts à tous les possibles, n’ayant plus confiance, ils se retrouvent enfermés dans leur quotidien et ont besoin de quelque chose ou de quelqu’un qui leur redonne espoir. Ils ont incorporé une foule anxieuse, prête à accepter tout ce qui pourrait donner un espoir de s’en sortir. Par exemple un vaccin que l’on voit bientôt comme la seule issue possible.

 

À ce stade vous avez sapé la confiance. Vous avez votre foule et pouvez commencer à la travailler !

 

 

b-   Par définition, ce que vous voulez apporter est contraire à ce que veulent beaucoup de gens, sinon il n’y aurait pas besoin d’exercer sur eux une propagande.

 

Ainsi, ceux qui ne se sont encore incorporés dans la foule anonyme et n’adhèrent pas encore à votre produit ou à votre idée pour se rassurer, pourraient vous échapper. Leur confiance ébranlée par votre manœuvre les a rendus peureux, mais ils ont également peurs de la solution que vous voulez leur proposer…

 

Par exemple, dans un cas d’épidémie, ils ont peur du virus que vous avez présenté comme le mal absolu afin de vendre votre vaccin. Mais ils ont également peur des effets secondaires du vaccin. C’est dommage.

 Faire en sorte que le mal que représente à leurs yeux ce à quoi vous voulez qu’ils adhère leur apparaisse comme un moindre mal. (un moindre mal est encore un mal, mais une foule ne raisonne pas).

 

Dresser sur le chemin de cette foule anonyme des obstacles tels qu’elle sera bloquée dans ses projets. Et votre produit sera là pour la libérer.

 

Quand on est attentif, éveillé, présent, on chemine avec son projet. On le porte de pas en pas et chaque obstacle est l’occasion d’imaginer le prochain pas. Mais quand on ne parvient pas à rester présent au pas que l’on fait en ce moment, on se projette dans le résultat escompté et on bute contre toutes sortes d’obstacles que l’on avait pas vu venir. On a l’illusion qu’il faut les anéantir pour servir son projet. On a l’impression que ce sont eux qui empêchent le projet. On bute contre eux sans plus être attentif à trouver des voies alternatives.

Alors mettez en place toutes sortes d’obstacles, bloquer les mouvements de la foule, fermez lui les frontières, fermez les magasins, les entreprises, les salles de spectacles, les lieux de loisirs… La foule, cet être anonyme, va se débattre en vain et capituler dans l’attente que les choses reviennent en ordre.

 

Les gens éveillés n’attendent pas que les choses reviennent en ordre : ils revisitent leur projet à la lumière des circonstances actuelles et posent un pas dans une nouvelle direction. Ils restent au présent, attentifs et imaginent des solutions et des chemins nouveaux pour avancer avec ce qui leur est important.

 

Mais quand l’obstacle est trop grand et qu’il n’est même pas possible d’aller voir les gens qui pourrait donner courage ou assistance dans cette situation… il est facile de le perdre ce courage et de s’agglutiner à la foule anonyme qui espère qu’on lui donne enfin la clef qui lui permette de se libérer des obstacles présents.

Bref, à ce stade, vous avez sapé le courage d’avancer et les gens courent se faire vacciner pour pouvoir voyager et aller au restaurant.

 

 

c-   À ceux qui n’ont pas de projet à concrétiser, reste le réconfort des rencontres, des liens sociaux.

 

Quand on est présent à ceux que l’on aime, on découvre que cette présence est indépendante de la proximité. On est avec ceux que l’on aime même si l’on ne peut pas les voir (C’est quand on n’est pas présent que l’on peut dire « loin des yeux, loin du cœur »).

Mais quand on est assigné à résidence, que les frontières sont fermées et que les familles ne peuvent voir leur proches, sans savoir combien de temps cela va durer, alors on se projette dans la peur que cela dure longtemps. On se projette et on oublie d’être présent. L’attention est de nouveau mise à l’épreuve. Les conditions carcérales de la distanciation mise en place participent à faire plonger chacun dans une foule manipulable à souhait.

Les sentiments, au milieu desquels il n’est alors plus possible de se tenir en paix, se vivent de façon polarisée. On n’aime et on n’aime pas de façon tranchée. On adore ou on déteste. Ainsi ressent la foule. Il y a ceux que l’on aime et qui nous manquent et ceux que l’on n’aime pas parce qu’ils nous empêchent de voir ceux que l’on aime. Il y a les anti-vax et les pro-vax, les anti-masques et les pro-masques, les conspirationnistes et les moutons…

Cette polarisation est le fait de la foule anonyme manipulable. D’ailleurs la foule est polarisée elle aussi. Il y a la foule qui suit la propagande et la foule qui ne la suit pas encore mais qui à son insu fait le jeu de la propagande en tombant dans cette pensée binaire (qui n’est pas une pensée).

 À chaque fois que l’on demande à quelqu’un s’il est pour ou contre les vaccins ou telle personnalité, on s’adresse à ce qui chez lui est noyé dans une foule manipulable.

 

Et la foule, dans ses excès de sentiments polarisés, va exercer à la place de ceux qui tirent les ficelles de la propagande, une pression sur les réfractaires, de façon à ce que tout redevienne comme avant.

Bref, à ce stade vous avez sapé la stabilité intérieure. Les gens sont pris par leurs émotions. Ils jugent, deviennent susceptibles, émotifs. Ils se sentent seuls et ont besoin d’être protégés (de ceux qui ne se protègent pas, et par ceux qui veulent leur vendre leur produit pour que cesse ce calvaire).

 

d-   Cependant, certains vous échappent encore : ceux qui réussissent à analyser la situation.

 

Il va falloir endormir leur attention une fois encore, car les informations qui circulent pourraient trahir votre projet de manipulation de masse. Il est important que l’attention, que les gens peuvent diriger vers ces informations, soit mise à mal.

 

Quand on est attentif, on est présent aux informations que l’on reçoit et on peut donc les tenir toutes ensemble, même si elles sont paradoxales. On peut se tenir au cœur même d’un paradoxe sans choisir l’information que l’on préfère. On peut ainsi atteindre une certaine objectivité. Sinon, inattentif, on éjecte ce qui du paradoxe ne nous plait pas et on reste avec la pensée qui nous plait. On est subjectif. La foule est subjective. Elle ne pense pas. Elle juge. Ceux qui lui déplaisent sont appelés conspirationnistes. Un scientifique quant à lui n’a pas à avoir de préférences et de sentiments dans son travail de pensée. Il analyse les informations et les gardent toutes, même les plus paradoxales. Même celles qui ne lui plaisent pas.

 

Donnez des informations paradoxales et incohérentes à n’en plus finir, et vous mettrez à mal l’attention des gens. Vous les rendrez subjectifs et donc manipulables une fois encore.

 

Permettez les transports dans le RER parisien sans distanciation possible et interdisez aux gens de se baigner en Bretagne alors qu’ils sont seuls dans l’eau. Laissez certains commerces ouverts et fermez-en d’autres. Dites tout est son contraire, que tel médicament fonctionne bien et qu’il ne fonctionne pas. Invitez des experts sur les plateaux de télévision. Beaucoup sont caviardés de conflits d’intérêts (conflits d’intérêt en faveur de ceux qui exercent la propagande). Ils vous diront blanc quand les autres diront noir. Changez les normes épidémiologiques en cours de route. Comptez d’abord les malades, puis les cas de laboratoire. Dites que les cas sont malades et mélangez les courbes. Ne remettez pas le nombre de décès à zéro une fois par an comme cela se fait normalement pour toutes les autres épidémies.

 

Comme il n’est pas possible d’effacer toutes les vidéos de vos contradicteur sur YouTube, semer de l’ignorance en noyant le poisson dans une multitude de données. Financez des recherches biaisées dans le Lancet et basez-vous dessus, même si le Lancet récuse deux semaines après l’article en question. Et changez les données souvent : l’heure du couvre-feu, la couleur des zones, le nombre de convives acceptés à un mariage, qui doit être différent du nombre de gens prenant part à un enterrement, différent du nombre de participants à un cours…

Bref, à ce stade vous avez sapé la profondeur intérieure qui permet de percevoir la réalité du monde dans toute sa profondeur. Et voilà que les gens sont occupés avec des détails qui sont tous sur le même plan. Ils focalisent sur une multitude de faits et perdent la vue d’ensemble. Ils ont perdus leur esprit critique et n’osent pas penser certaines choses de peur que la foule se retourne contre eux en les traitant de complotistes.

 

 ***

 

C’EST À CELA QUE RESSEMBLE LA GUERRE FAITE À LA FACULTÉ D’ATTENTION

 

« Une guerre est une lutte armée, en vue de défendre un territoire, un droit ou de les conquérir, ou de faire triompher une idée »[2]. La guerre faite à la faculté d’attention vise à endormir les individus de façon à orienter le consentement des masses, en vue de faire triompher une idée.

La guerre faite à la faculté d’attention a pour objectif l’obéissance de la masse.

 

C’est une lutte armée par la propagande.

Elle nous appelle à être présent, à sortir de la foule anonyme où certains voudraient nous voir sombrer.

Les guerres du XXIème siècle sont et seront essentiellement des guerres de la pensée, menées par des moyens de propagande.

Exercer la confiance, le courage, la stabilité intérieure et la profondeur n’est plus une option. Il en va de notre humanité. De notre liberté.

Aucune crise ne viendra nous réveiller. Les crises s’épanouissent au contraire grâce à notre assoupissement.

Notre attention est requise et ne peut s’éveiller que par une décision individuelle. Chacun en a l’occasion, à chaque instant.

Il suffit pour cela de rencontrer et de reconnaitre la peur qui est prête à nous engloutir dans une foule manipulable à souhait et de décider de ne pas la fuir ou de la calmer.

Décider de contempler sans tomber dedans ni se reculer :

a- La peur de ne plus jamais retrouver le monde d’avant, qui n’est autre que la peur de la vie ;

b- La peur de ne plus pouvoir voyager, de ne pas pouvoir circuler, que les obstacles qui se dressent soient trop durs à franchir. La peur de la mort de son entreprise ;

c- La peur d’être seul, isolé, loin de ceux que l’on aime. La peur de souffrir ;

d- La peur de ne rien y comprendre, de ne rien maitriser. La peur du monde.

Exercer la présence dans ces quatre domaines est essentiel aujourd’hui. Notre époque est une opportunité pour le faire.

Ne pouvant exposer ces exercices dans le cadre de cet article déjà assez long, je vous laisse consulter le site Saluto.

Vous trouverez ce que vous chercher en suivant ce lien et je donne le soin à  Sénèque de conclure par cette phrase : 

La preuve du pire, c’est la foule.

Si vous souhaitez une visioconférence sur ce sujet afin d’aller plus avant avec ce sujet et d’aborder les exercices en question, laissez un commentaire en bas d’article. À partir de douze personnes, je la mettrai en place.

Bien à vous.

Guillaume Lemonde

 

 

 

 

[1] Les idées contenues dans Psychologie des foules jouèrent un rôle important au début du XXe siècle. Hitler (Goebbels), Mussolini, Staline et Mao, passent pour s’être inspirés de Gustave Le Bon, ainsi que des républicains, comme Wilson, Roosevelt, Clemenceau, Churchill, de Gaulle, etc.

[2] Centre national de ressource textuel et lexical.

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