Si vous découvrez la démarche Saluto, cet article au sujet des quatre vertus est pour vous :

Lorsque nous cherchons à comprendre pourquoi nous rencontrons tant de difficultés avec, par exemple, un enfant, ou un ami qui a changé d’attitude à notre égard, nous collectons des informations au sujet de cet enfant ou de cet ami et nous essayons de trouver les causes qui sont à l’origine de cette situation. Nous espérons ainsi y remédier, n’est-ce pas ?

En cherchant à comprendre ce qui se passe, nous explorons les causes qui, dans un passé plus ou moins lointain, sont celles sur lesquelles nous devrions pouvoir agir.

Les médecins, les thérapeutes, les pédagogues, les éducateurs et bien d’autres encore, procèdent ainsi.

 

Photo: Marie-Ange Mat

Or, j’ai montré (ici) que cette façon toute naturelle de faire, ne mène nulle part. Elle nous permet de comprendre le contexte, certes, mais ne nous permet pas de découvrir comment nous saisir de ce qu’il convient pour traverser ces difficultés.

En effet, si nous rencontrons une difficulté avec un enfant ou un ami, ce ne sont pas tant l’enfant ou l’ami qui sont responsables des difficultés que nous rencontrons, mais nous-mêmes, incapables que nous sommes d’agir avec ce que l’enfant et l’ami provoquent chez nous… Il nous manque une ressource. Nous restons déterminés par l’attitude de cet enfant ou de cet ami et ne savons plus comment faire pour ne pas nous laisser déterminer. Nous réagissons. Nous ne savons comment agir d’une façon cohérente.

Or s’il nous manque une ressource pour y parvenir, ce n’est pas en explorant le passé que nous la découvrirons.

La ressource qui nous manque se trouve pour nous, dans l’avenir (sinon, elle ne nous manquerait pas).

 

LA RECHERCHE DES CAUSES ET DE LEURS CONSÉQUENCES, NE PEUT DONC PAS NOUS RENSEIGNER

La recherche des causes et de leurs conséquences, ne peut donc nous renseigner qu’au sujet du contexte de notre épreuve, pas au sujet des ressources nécessaires pour la traverser.  Essayer de trouver les raisons ayant conduit à ces situations et agir sur ces raisons, ne peut nous mener que dans une voie sans issue.

En revanche, connaître les ressources possibles, les étudier, et surtout les expérimenter et les vivre, est éminemment important. Car, lorsque l’on a reconnu une ressource, on devient également apte à percevoir directement ce que son absence engendre.

Il n’est alors plus besoin d’essayer de comprendre pourquoi ceci ou cela se passe. On reconnait dans ce qui se passe, la ressource qui manque pour aller bien et agir de façon cohérente avec la situation.

 

 

C’EST CE QUE PROPOSE LA DÉMARCHE SALUTO : reconnaitre dans ce qui se passe, la ressource qui manque.

Avec la démarche Saluto, il ne s’agit pas de simplement comprendre et de réfléchir à notre vie ou à celle des autres (comprendre et réfléchir est très important mais si nous en restons là, nous demeurons avec les causes contextuelles), mais d’apprendre à cesser un instant de réfléchir (Eh oui… à ce sujet un article qui pourrait vous intéresser), pour reconnaitre la ressource avenir qui manque, dans une situation donnée.

Bien-sûr, il est essentiel de connaître (comprendre, réfléchir et exercer) ces ressources afin de les REconnaître par la suite…

C’est là tout l’intérêt des formations proposées.

CES RESSOURCES SONT AU NOMBRE DE QUATRE

Pourquoi quatre ? Cela tient à notre constitution (cf. Hippocrate, Paracelse, Steiner…).

Pour en savoir plus à ce sujet, je vous renvoie au livre : Les paysages de nos quêtes, ou au petit fascicule La Saluto pour commencer, que vous trouverez en vous inscrivant à la newsletter.

 

Mais pour faire simple, disons que ces quatre ressources sont en rapport avec les quatre aspects de notre constitution, qui peuvent nous mettre à l’épreuve :

Nous avons un corps matériel,

des processus vitaux qui le pénètrent selon leurs propres lois,

un monde intérieur sensible, et

une personnalité, qui vient de ce à quoi nous nous identifions.

 

En nous mettant à l’épreuve, ces quatre aspects sont également des opportunités d’apprentissage.

 

Photo: Carlos Blanco (Platon)

Platon évoque ces apprentissages dans le Ménon, lorsqu’il parle de vertus.

Il parle également des vertus dans La République, suivi par Aristote puis les stoïciens. Il distingue quatre vertus (la prudence, la tempérance, la force et la justice), qui seront plus tard qualifiées de cardinales.

Le mot « vertu » vient du latin « virtus » qui désigne « la force, la discipline ».

L’adjectif « cardinal » vient du latin « cardo » qui signifie « charnière, pivot ».

Ainsi, les vertus cardinales s’acquièrent à travers une discipline, donc à travers des exercices, qui permettent de faire « pivoter » une situation : autrement dit, elles offrent la possibilité d’un retournement de situation.

 

Ces quatre vertus sont à rapprocher de ce que la démarche Saluto qualifie de ressources à venir (la stabilité intérieure, la profondeur intérieure, le courage et la confiance).

Rendre ces ressources présentes, les exercer, les faire sienne, ne fait pas disparaitre les épreuves que nous avons à traverser, mais offre la présence nécessaire pour ne plus à avoir être altéré par elles.

 

 

QUELQUES MOTS AU SUJET DE CES QUATRE RESSOURCES

 

Lire également à ce sujet l’article : les quatre formes de censures

 

 

1- QUAND MANQUE LA CONFIANCE :

(À ce sujet, un article ici)

La confiance en la vie n’est pas cette autosuggestion que tout ira bien. La confiance se vit au présent : elle offre de pouvoir accueillir ce qui arrive comme cela arrive. La confiance ne classe pas les évènements en bons ou mauvais, elle les reçoit comme l’annonce d’un changement, d’un devenir, d’un avenir qui s’approche.

Quand manque la confiance : quand on ne peut accueillir ce qui est comme c’est, la vie fait peur. On se ferme à tout ce qui sort de l’ordinaire, à tout ce qui est nouveau et du coup, la vie semble se répéter sans cesse. Un ennui, une routine s’installent. Alors on s’accroche à des valeurs que l’on aimerait partager avec d’autres, des moments qui semblent nous donner l’impression que la vie mérite d’être vécue. Avant qu’il n’en reste que des cendres.

On va se trouver en conflit avec ceux qui ne partagent pas les mêmes valeurs. Mais il ne servira à pas grand-chose de juger les différences de valeur. Il faudra se souvenir que la cause de tout cela, est à chercher dans l’avenir : la nécessité de découvrir la confiance en la vie.

 

2- QUAND MANQUE LE COURAGE :

(À ce sujet, un article ici)

Le courage est ce qui nous permet d’avancer pas à pas, sans nous projeter plus loin que là où l’on se trouve. On se souvient que le projet que l’on porte, est déjà présent à chaque pas que l’on fait.

Quand manque le courage : quand on ne parvient pas à avancer pas à pas, on est projeté trop loin dans l’idée que l’on se fait du but. On oublie de regarder où l’on pose le pied. Du coup, on heurte des obstacles, on rencontre des gens qui nous empêchent d’avancer, des rivaux, des concurrents, des ennemis. On voudrait trouver le moyen des les vaincre une bonne fois pour toute, guidé par une bonne stratégie, plutôt que d’y revenir sans cesse.

On va se trouver en conflit avec ceux qui ne partagent pas le même combat. Mais il ne servira à pas grand-chose de jauger les rapports de force. Il faudra se souvenir que la cause de tout cela, est à chercher dans l’avenir : la nécessité de découvrir le courage d’avancer un pas après l’autre, pour le projet que l’on porte.

 

 

3- QUAND MANQUE LA PROFONDEUR INTÉRIEURE :

(À ce sujet, un article ici)

La profondeur intérieure est une ressource permettant de vivre qu’il y a entre chaque chose, entre chaque seconde, un intervalle ample et profond. Il y a du temps entre chaque seconde et de la place entre chaque détail que nous percevons.

Quand manque la profondeur intérieure : quand on ne parvient pas à vivre cette profondeur, tout semble être sur le même plan et nous envahit. On voudrait donner un ordre au monde, le plus efficacement possible, plutôt que d’être atteint par lui.

On va se trouver en conflit avec ceux qui ne partagent pas la même conception de l’ordre du monde et de la beauté sensée en découler. Mais il ne servira à pas grand-chose d’en débattre. Il faudra se souvenir que la cause de tout cela, est à chercher dans l’avenir : la nécessité de découvrir une profondeur intérieure permettant un calme dans le désordre.

 

 

4- QUAND MANQUE LA STABILITÉ INTÉRIEURE :

(À ce sujet, un article ici)

La stabilité intérieure est comme un axe intérieur qui se tient au milieu des paradoxes et des sentiments contradictoires. Elle nous permet de rester paisible dans la tempête sans pour autant que soit anesthésiés les sentiments. Bien au contraire, lorsqu’on est stable intérieurement, la vie des sentiments devient plus riche, car plus libre. Il n’est pas besoin de rationaliser ou d’écraser sous une couche de réflexions rassurantes ce que l’on ressent, puisque l’on est stable.

Quand manque la stabilité intérieure : quand manque cette stabilité, le monde intérieur nous chavire. On s’accroche alors à des idées, à des théories, à des pensées que l’on ré-élabore toujours pour qu’elles tiennent bien, avant que de tout envoyer péter.

On va se trouver en conflit avec ceux qui ne nous accordent pas leur sympathie. Mais il ne servira à pas grand-chose de les juger. Il faudra se souvenir que la cause de tout cela, est à chercher dans l’avenir : la nécessité de découvrir la stabilité qui nous manque encore dans les sentiments.

 

 

Voilà pour aujourd’hui.

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Bien à vous

Guillaume Lemonde