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L’originalité de la démarche Saluto est de donner les moyens de percevoir l’origine des difficultés rencontrées, non dans des causes passées à résoudre, mais dans la nécessité de faire advenir des ressources permettant de jouer librement avec ce qui se présente. Caractériser, identifier ces ressources fondamentales encore à venir et permettre d’exercer à les rendre présentes, est au centre de son expertise.

Récemment, un étudiant de quelque 24 ans me disait que bientôt ce serait la guerre de tous contre tous…

Je lui demandais ce qu’il voulait dire. Il me répondit :

– Regardez autour de vous ! Chacun y va de son combat. On ne peut plus parler de rien, sans que quelqu’un ne se sente blessé. Même l’humour est devenu insupportable. Il faut faire attention à tout ce qu’on dit. Il n’y a bientôt plus un sujet qui ne soit susceptible de heurter personne. Alors on s’autocensure. Mais à moins de ne rien dire, ni faire, je ne vois pas.

À la cantine, j’ai demandé du poulet. Un mec s’est approché et m’a traité de spéciste… Une fois, j’ai tenu la porte d’entrée à une fille. Elle m’a traitée de macho. Elle me disait qu’elle était assez grande pour ouvrir la porte toute seule. J’ai une copine qui porte une médaille de baptême. Elle a des remarques à la fac. Ce serait un signe ostentatoire et ça dérangerait ceux qui ont d’autres confessions… Ça va aller jusqu’où à votre avis ?

– Ça va aller jusqu’où ?

La guerre de tous contre tous. Chacun aura sa vérité, incapable de partager quoi que ce soit à quiconque. Il n’y aura plus de débat, que des affrontements. C’est comme si les gens collaient tellement à leur sujet, qu’ils se sentaient eux-mêmes remis en cause à la moindre occasion.

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CE SUJET EST CELUI DES VALEURS IDENTIFICATOIRES.

Nous avons cette fâcheuse tendance à devenir les représentants des valeurs qui nous sont chères. Certains vibrent pour un club de football et ne supportent pas qu’on en dise du mal. Ils s’habillent aux couleurs des supporters de l’équipe. D’autres sont membres d’un parti politique. Ça promet des débats houleux dans certaines familles. D’autres s’identifient à un pays, à une religion, à une origine ethnique, à un sexe, à un genre devrait-on dire aujourd’hui…

Mais il n’est pas de valeur qui soit universellement partagée. Aussi, dès que nous nous identifions à l’une d’elles, nous rencontrons des gens qui les remettent en cause du simple fait qu’ils sont différents de nous. Du simple fait, qu’ils ne sont pas nous… Nous nous sentons alors nous-mêmes remis en cause.

Avec la valeur qui est piétinée par certains, c’est nous-mêmes qui nous sentons piétinés.

L’altérité n’est acceptée que dans la mesure où elle est conforme aux valeurs que l’on porte et auxquelles on s’est identifié. Elle est acceptée à condition qu’elle ne soit pas autre que nos valeurs.

Bref, s’identifier à une valeur, c’est refuser l’altérité.

 

Voir à ce sujet : Comment sortir de la généralisation du racisme

LA DIFFICULTÉ D’ACCUEILLIR L’AUTRE DANS SA DIFFÉRENCE N’EST CEPENDANT PAS LA CONSÉQUENCE, MAIS LA CAUSE DE CETTE IDENTIFICATION.

Ce n’est pas parce qu’on s’identifie à une valeur, que l’on refuse ceux qui ne la partagent pas, mais c’est parce que l’on est incapable de s’ouvrir à ceux qui portent d’autres manières de penser, de ressentir et de vouloir, que l’on se retire dans le petit horizon étroit d’une valeur rassurante.

Par exemple, c’est l’incapacité à accueillir le féminin qui rend l’homme machiste, et non l’inverse. Le machisme n’est pas premier. Tout comme le féminisme non plus. C’est la difficulté de s’ouvrir à l’altérité sexuée qui conduit au machisme.

Pareil pour le racisme et tous les « ismes ».

Plus généralement, c’est la difficulté à s’ouvrir à l’autre qui conduit à se retrancher derrière une valeur identificatoire.

A contrario, on est soi-même, débarrassé du besoin de se qualifier à travers je ne sais quelle valeur, quand on s’ouvre à l’altérité dans ce qu’elle a d’unique, et non de pareil à ce que l’on connait.

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OR, S’OUVRIR AUX AUTRES ET AU MONDE, C’EST S’OUVRIR À DU NOUVEAU.

S’ouvrir aux autres et au monde, c’est s’ouvrir à du nouveau, puisque les autres et le monde sont en dehors de ce que l’on connait.

Ainsi, si l’on ne parvient pas à s’ouvrir, on reste avec le connu, avec le toujours pareil et donc avec une vie qui tourne en rond, qui n’a pas de sens, pas de perspective…

On a alors besoin de donner du sens à ce que l’on connait et l’on investit une valeur pour que cette valeur donne du sens à notre vie.

LES VALEURS AUXQUELLES ON S’IDENTIFIE SONT LÀ QUAND LA VIE N’A PAS DE SENS :

Si l’on devait renoncer à ces valeurs, on renoncerait par là-même à ce qui donne du sens à sa vie. On éprouverait combien il est difficile d’accueillir ce qui est comme c’est. On remarquerait que la vie nous fait peur, que l’avenir nous fait peur…

 

AINSI, LA GUERRE DE TOUS CONTRE TOUS, COMMENCE AVEC LE MANQUE DE CONFIANCE EN LA VIE.

Cette difficulté à accueillir tous les possibles, sans les classer comme bons ou mauvais événements, s’appelle « confiance ». La confiance en la vie, n’est pas la croyance en un avenir radieux, mais cette attention qui n’attend rien en particulier et qui permet de percevoir, quelles que soient les circonstances, que la vie est bonne. Quand on ne parvient pas à vivre cela comme une évidence, on se rabat sur un combat d’identité.

Être disponible à tous les possibles, vivre la vie comme bonne, quelles que soient les circonstances… Cette expérience irrationnelle (dont témoigne par exemple Jaques Lusseyran déporté à Buchenwald), libère de la nécessité de s’identifier à des valeurs. À ce sujet, lire : Visiter Buchenwald

À contrario, éprouver que la valeur de la vie puisse dépendre des circonstances, nous pousse à nous rabattre sur des valeurs dont on fait des combats pour la survie.

LA GUERRE DE TOUS CONTRE TOUS EST UN APPEL À DÉCOUVRIR CETTE CONFIANCE EN LA VIE.

Comment fait-on pour découvrir cette confiance ? Je vous laisse consulter l’article suivant :

 Un moyen d’exercer la confiance en la vie

Guillaume Lemonde