Voici une série de trois exercices.

Bien plus d’exercices sont exposés et pratiqués lors des formations, mais il me semble important de partager ici ces trois exercices-là.

 

LA LEÇON DE SILENCE

Je ferme les yeux et j’écoute ce qui m’entoure. Quand j’identifie un bruit, je note sa présence, mais ne reste pas focalisé sur lui. Des pensées vont se présenter. Je remarquerai qu’il est possible de renoncer à les suivre (voir exercice n°1) et de juste écouter. Je reconnais ce qui a fait le bruit que j’entends, mais je ne pense pas à ce sujet.

Je me souviendrai de ce bruit lorsqu’il sera passé et écouterai tout le reste en même temps que je me souviendrai de lui. Je ne passe pas d’un bruit à un autre, mais les écoute tous en même temps. Ce qui a été entendu a laissé sa trace comme une touche de couleur sur un tableau et le tableau se complète progressivement. Chaque bruit est important. Un bruit fort n’est pas plus important qu’un bruit faible. Un bruit continu ne prend pas plus de place qu’un bruit fugace.

Je fais alors l’expérience d’un espace intérieur qui s’élargit, s’approfondit et se calme. Et dans cet espace, au lieu d’une multitude de bruits, c’est un univers sonore qui se révèle et qui parle, quel que soit votre environnement plus ou moins urbain, de la beauté du monde.

Le silence est plein de la présence qui écoute, en lien avec tout ce qui est. La présence ne se projette pas ailleurs. Elle était prise par les filets du mental et à présent elle se découvre en relation avec le monde. Être en relation n’est alors pas un besoin, mais un choix possible. Je remarque que toutes les activités du quotidien, aussi intenses soient-elles, peuvent être empreintes de ce silence dans lequel nous sommes présents à nos choix, nos intentions. Le silence ne nous isole pas, il nous relie à la vie, au monde, aux autres, si simplement que notre mental ne peut même pas l’envisager.

Encore une chose essentielle est à dire : je vous invite à ne pas faire cet exercice pour obtenir un résultat, mais pour qu’il soit fait. Si vous chercher un résultat, vous vous projetez loin du présent, alors qu’il s’agit d’être présent à ce qui se passe. C’est de le faire qui est important, tout en renonçant à un bénéfice, qui viendra d’autant mieux qu’on y renonce.