L’EXERCICE D’ATTENTION AUX PENSÉES :

 

Prenez un moment et soyez attentifs aux pensées qui vous traversent.

Remarquez-vous que les pensées qui s’imposent ainsi, nous entrainent avec elles ? Elles se pensent en nous et forment un discours intérieur incessant. Cela va si loin que lorsque l’on écoute quelqu’un, ces pensées forment un bruit de fond qui nous empêche d’entendre réellement notre vis-à-vis. Ce que nous entendons, c’est essentiellement les pensées qui nous évoquent ce que nous entendons, les souvenirs qui leurs répondent, les analogies que nous y trouvons… Bref, cet univers mental nous occupe.

 

Lorsque l’on devient attentif à ces pensées qui se forment toutes seules, il est possible de découvrir que l’on peut également renoncer à les suivre. Si une pensée survient, c’est qu’elle nous a pris au dépourvu. Nous n’étions pas attentifs et la pensée nous entraine à sa suite. Prenons un instant pour être attentif aux pensées qui s’imposent, au point de pouvoir renoncer à les suivre, et même d’y renoncer avant même qu’elles nous entrainent.

 

Il ne s’agit pas de s’empêcher de penser et d’être en lutte avec la pensée, mais d’être attentif.

Attentif à les laisser passer. Les laisser passer non pas en s’endormant, mais en s’éveillant à cette possibilité de renoncer à les suivre.

 

Si une pensée déjà se présente et nous entraine, ce n’est pas grave : dès qu’on le remarque, l’exercice reprend :  on peut décider de la laisser courir.

 

Ce faisant, on remarque bientôt que, pendant un moment, plus aucune pensée ne vient.

 

Un calme intérieur se fait, un silence, une paix inhabituelle, née de l’attention.

 

Si vous y parvenez ne serait-ce que quelques secondes, alors recommencer dès que l’attention se relâche et qu’une nouvelle pensée s’impose.

C’est comme apprendre à marcher sur le câble du funambule. On tombe et on remonte dessus. Il n’est pas possible de rester indéfiniment sur le câble, mais il est possible de remonter toujours de nouveau. Ce faisant, il est également toujours plus simple de rester plus longtemps à cet endroit.

 

Il devient même possible de rester attentif tout en écoutant quelqu’un parler, par exemple.

 

On n’y arrive pas en une fois. C’est un exercice…

 

Une réelle attention ne serait-ce qu’une ou deux minutes à cet exercice répété tous les jours, vaut mieux qu’une unique tentative d’une heure…

Et encore une chose essentielle est à dire : je vous invite à ne pas faire cet exercice pour obtenir un résultat, mais pour qu’il soit fait. Si vous chercher un résultat, vous vous projetez loin du présent, alors qu’il s’agit d’être présent à ce qui se passe. C’est de le faire qui est important, tout en renonçant à un bénéfice, qui viendra d’autant mieux qu’on y renonce.

 

Ce même exercice a été expliqué d’une autre façon dans l’article : Les trois étapes de l’alchimie de la rencontre