« Ne demande pas que ce qui arrive, arrive comme tu veux. Mais veuille que les choses arrivent comme elles arrivent, et tu seras heureux ».

 

Manuel d’Épictète

 

 

Notes de lecture :

 

Il est bien compréhensible de souhaiter que ce qui arrive, arrive comme on le veut. Mais a-t-on conscience que, ce faisant, on se met au centre du monde qui ne s’est pourtant pas mis en place autour de nos désirs ?

 

Des choses que l’on ne désire pas arriveront quoi qu’il en soit et entreront en conflit avec ce que l’on porte.

 

Alors comment concilier les désirs que l’on porte avec la vie et ses nécessités ?

Vouloir que les choses arrivent comme elles arrivent ?

Que fait-on des projets qui nous sont importants ? Doit-on les laisser de côté et accueillir ce qui vient comme ça vient ?

 

La pensée d’Épictète implique-t-elle de renoncer à ce que l’on désire ? Conduit-elle à une certaine passivité et l’abandon des projets importants pour nous ?

 

Si l’on devait renoncer à ce que l’on désire afin de désirer que les choses arrivent comme elles arrivent, si l’on devait renoncer à désirer, on serait coupé du monde : sans désir il n’y a à terme aucune satisfaction, or, c’est par la satisfaction que le monde se donne à nos sens pour qu’on le connaisse.

 

En fait, vouloir que les choses arrivent comme elles arrivent ne peut pas exclure que les choses que l’on désire arrivent.

 

Ce paradoxe en apparence insoluble se résout pourtant lorsque l’on parvient à être présent à ce qui nous entoure :

On avance avec le projet que l’on porte jusqu’à l’obstacle que la vie semble mettre sur notre chemin. Plutôt que de lutter contre l’obstacle, on s’ouvre à lui : on prend conscience qu’il n’est un obstacle que pour les projections que nous nous sommes faites. Nous voulions être arrivé à notre but plus vite que la vie ne le permettait… Nous voulions concrétiser notre projet ailleurs que la vie ne le permettait ? Nous pensions y parvenir d’une manière que la vie pourtant semble remettre en question.

Mais l’obstacle ne remet jamais en question ce que l’on veut vraiment. L’essence du projet n’est pas atteinte par lui. Seule la façon de se représenter le résultat et le chemin sont mis à l’épreuve.

 

L’obstacle permet juste de repréciser le prochain pas. Les obstacles sont ce qui permet d’avancer. En se frottant à eux, les projections que l’on se faisait au sujet de notre projet tombent. Et bientôt, plutôt que d’aller vers le projet que l’on porte, en essayant de forcer un chemin à travers l’adversité, c’est le projet que l’on voit s’approcher de nous à mesure que l’on ouvre la voie d’obstacle en obstacle.

Veuille que les obstacles arrivent comme ils arrivent.

Ils sont les bornes d’un chemin que l’on découvre à mesure de leur rencontre. Le projet est premier. Il est celui qui éclaire le chemin depuis l’avenir. Nous ne faisons que rendre possible sa venue, aidés par les obstacles qui nous remettent sur le chemin lorsqu’on avait perdu de vue l’essentiel.

 

 

 

 

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