« ECOUTEZ-VOUS LES UNS LES AUTRES »

 

L’originalité de la démarche Saluto est de donner les moyens de percevoir l’origine des difficultés rencontrées, non dans des causes passées à résoudre, mais dans la nécessité de faire advenir des ressources permettant de jouer librement avec ce qui se présente. Caractériser, identifier ces ressources fondamentales encore à venir et permettre d’exercer à les rendre présentes, est au centre de son expertise.

 

 

 

 

Depuis plus d’un an, des événements touchant comme rarement la quasi-entièreté de la population mondiale nous occupent, nous tracassent, nous terrifient peut-être. Pour certains, ce sont des craintes, des peurs ou des révoltes, parfois même tout ça en même temps. Ce sont des espoirs auxquels on cherche à croire, des moyens que l’on se donne pour y croire et qui focalisent toute notre attention.

 

Récemment, les événements d’Afghanistan m’ont fait réaliser que les informations, pour la première fois depuis longtemps, parlaient d’autre chose.

 

C’est dans ce contexte, que j’aimerais qualifier de pathologique puisqu’unilatéral, que nous nous rencontrons, amis, parents, collègues, tous au diapason de cette unilatéralité. Et chacun de réagir avec ses peurs, ses espoirs, ses révoltes, ses ras-le-bol. Même vous, en train de me lire, vous dites peut-être, « ne pourrait-on pas changer de disque ? parler d’autre chose ? » Et c’est là qu’est justement le sujet de ce que je voudrais partager avec vous :

 

COMMENT NOUS ÉCOUTONS-NOUS ?

 

Parvenons-nous à nous rencontrer sans que l’impatience, l’ennui ou la colère nous prennent ?

 

Qui écoutons-nous lorsque nous écoutons ? Écoutons-nous ce qui confirme ou infirme ce que nous pensons ? Écoutons-nous les pensées qui se pensent toute seules en écho à ce que l’on entend ? Écoutons-nous nos peurs nous dicter arguments et contre arguments pour convaincre l’autre de penser autrement ? Nos avis, nos jugements, nos convictions, ou l’autre en train d’essayer de nous dire quelque chose ?

 

Derrière chaque avis, derrière chaque affirmation, même derrière chaque bêtise énoncée, il y a un être qui parle et qui essaie de se révéler, ne serait-ce qu’en se protégeant derrière une conviction ou un jugement.

 

 

MAIS COMMENT ENTENDRIONS-NOUS CET ÊTRE QUI NOUS PARLE SI NOUS SATURONS L’ESPACE DE CE QUE NOUS PORTONS EN NOUS ?

 

Alors, bien-sûr, on n’a peut-être pas envie d’écouter cet autre qui nous parle. On n’a peut-être juste envie d’en rester à ce qui nous fait réagir. On a peut-être juste envie de le voir confirmer ce que l’on pense à son sujet. D’ailleurs, il est probable que cet être ne nous parle lui-même que pour justifier ce qu’il croit, sans même essayer de nous écouter. Ce n’est pas une raison…

 

Nous sommes dans une conversation, seul responsable de ce que nous pouvons offrir de façon à ce que la rencontre se donne. On ne peut pas attendre que l’autre soit bien disposé. On peut juste essayer de ne pas saturer l’espace avec ce que l’on porte : faire silence. Ne pas chasser les pensées qui nous viennent, mais renoncer à les suivre.

 

ESSAYEZ POUR VOUS, QUAND VOUS ÊTES SEULS.

 

Laissez venir les pensées qui viennent de toute façon toute seule et remarquez qu’il est possible de renoncer à les suivre. D’autres viendront et il sera de nouveau possible de renoncer à les suivre. De renoncement en renoncement, en se tenant dans ce renoncement, on peut découvrir qu’il se fait un silence au-dedans. Un silence attentif, ouvert, réceptif.

Cela ne se fait pas en un jour et n’est jamais acquis. Cela s’exerce. Chaque jour.

Et puis un jour on essaie de le faire tout en écoutant la personne qui est en train de nous parler. Renoncer à suivre les arguments qui nous viennent, les jugements qui nous prennent.

 

Laisser de la place à l’autre, essayer de le comprendre, véritablement. Et constater peut-être que cette personne soudain s’ouvrira bien mieux que si nous étions enfermés dans nos jugements et idées préconçues.

 

Depuis plus d’un an, nous vivons des distanciations sociales et des jugements de toute sorte quant aux opinions des gens au sujet des médicaments, des vaccins, des passeports…

 

Cet espace que l’on peut offrir à celui qui se tient devant nous avec des idées qui ne nous plaisent pas, c’est un espace qui guérit l’unilatéralité pathologique dans laquelle ces derniers événements nous placent.

 

Je vous souhaite un bel exercice.