CORONAVIRUS – L’humanité semble se scinder en deux.

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Un article dédié à Judith von Halle.

 

Septembre 2020 – D’un côté, il y a ceux qui suivent scrupuleusement les décisions des autorités. Ils appliquent ce qu’ils entendent à la télévision : il faut protéger les autres en portant un masque et en respectant les mesures de distanciation. Une deuxième vague serait possible et la raison voudrait qu’il faille être prêts pour la recevoir.

 

D’un autre côté, il y a ceux qui refusent ces mesures bio-sanitaires. Ils les qualifient de totalitaires, à un moment où l’épidémie a perdu sa virulence et où le nombre de morts ne cesse de décroître, ayant atteint à bien des endroits son plancher. Les nouveaux cas sont essentiellement des malades sans gravité, voire même des personnes asymptomatiques dépistées en masse et dont le nombre suit mécaniquement le nombre des tests effectués.

 

Les premiers disent que ce sont les mesures qui ont été prises qui ont permis de voir le nombre de morts diminuer. Les seconds affirment qu’il n’en est rien.

 

 

TOUT LE MONDE Y VA DE SON AVIS

 

Tout le monde y va de son avis. Dans les deux camps, on trouve de solides arguments, fréquemment mélangés à de petits intérêts égoïstes : le besoin d’avoir raison et de faire valoir son opinion, pour calmer les frustrations, les peurs et les énervements que l’on peut ressentir.  

Et plus les frustrations, les peurs et les énervements sont forts, plus les arguments sont tranchés et les esprits incapables d’accepter le débat contradictoire. Les discutions prennent l’allure réflexe de joutes stériles.

Bref, l’humanité semble se scinder en deux camps. Le camp des « Pour » et celui des « Contre ».

 

Cette scission n’est pas nouvelle en soi. Il y a toujours eu, pour tout sujet, des « Pour » et des « Contre ».

 

Pendant la dernière guerre mondiale, par exemple, certains se reconnaissaient comme bons citoyens respectueux des lois et du gouvernement, désignant les autres de terroristes ; tandis que ceux-ci se nommaient résistants, désignant les premiers de collaborateurs.

 

Aujourd’hui les « bio-responsables » montrent du doigt les égoïstes qui ne pensent pas à protéger leur grand-mère, tandis que ceux-ci se disent lucides, qualifiant les autres de moutons formatés par les journaux télévisés.

Quoi qu’il en soit, tout se focalise sur les mesures gouvernementales, la distanciation sociale, les masques. Les propos sont appuyés par des arguments plus ou moins étayés. On défend des théories où se mélangent la 5G et les nanoparticules qu’il y aurait dans un vaccin à venir dont personne ne connait la composition.

Que ces propos émanant de ces deux camps soient fondés ou à côté de la réalité, n’importe pas ici. Ce qui importe, c’est que pendant ce temps…

 

 

 

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PENDANT CE TEMPS, L’ESSENTIEL EST COMPLÈTEMENT PERDU DE VUE

 

Pendant ce temps, l’essentiel est complètement perdu de vue. L’attention et les forces de millions de gens, qu’ils soient occupés à faire respecter les mesures ou à les combattre, se retrouvent distraites de l’essentiel.

 

Est-ce que ceux qui aujourd’hui réclament le port généralisé du masque pour être protégés de la contagion, voient que le virus n’est rien à côté de la peur virulente à laquelle nous sommes contagieusement soumis ?

 

Nous avons peur du monde qui nous entoure, peur de l’autre, peur de la maladie, peur de la mort, peur de la vie. Le virus n’est que l’empreinte dans le monde microscopique de ces peurs-là. Il n’est que le détail cristallisant toutes les angoisses. Il n’est pas premier. Lutter contre le virus et haïr ceux qui ne le prennent pas au sérieux, c’est se voiler (masquer) la face.

 

On se voile la face de ne pas avoir encore découvert cet espace en soi, à partir duquel il est possible de se tenir devant la peur et la haine sans les fuir ni être pris par elles.

 

Imaginez que nous le puissions. Nous aurions dans cette situation les idées claires et des mesures adaptées.

 

Est-ce que ceux qui aujourd’hui réclament d’avoir la liberté de respirer un air frais, sans masque devant le nez, voient que ce qui manque d’air, bien plus que nos organismes, ce sont nos pensées, saturées de la peur de ce que le gouvernement et les grands financiers pourraient encore inventer, et de la haine que l’on retourne contre eux ?

 

Le coronavirus et tout ce qui se dit à son sujet, les mesures prises et le reste, ne sont qu’un torchon rouge agité devant le nez de chacun, bien pire que le masque en papier bleu réglementaire.

 

On proteste d’autant plus fort que l’on n’a pas encore découvert cet espace en soi à partir duquel il est possible de se tenir devant la peur et la haine sans les fuir ni être pris par elles.

 

Imaginez que nous le puissions. Nous aurions dans cette situation les idées claires et des mesures adaptées.

 

 

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LA PEUR ET LA HAINE QUI S’EMPARENT DE NOUS, ABUSENT NOS INTENTIONS

Elles ne s’emparent pas seulement de nous à travers nos recherches de sécurité et de confort, mais aussi dans nos luttes contre ces mesures de sécurité, lorsque l’essentiel est perdu de vue.

 

L’humanité qui semble se scinder en deux camps, n’est pas scindée, quand on la rencontre intérieurement. Elle est unie dans une grande manœuvre de diversion. Et cette grande manœuvre n’est là que pour offrir à tous, le cadre nécessaire à un éveil.

 

Elle est un peu comme la 7ème trompette de l’Apocalypse (pour ceux qui connaissent la référence), un moment où le « Je suis » est appelé à s’éveiller.

 

Cette grande manœuvre de diversion n’est ni bonne ni mauvaise en soi. Elle est offerte à ce qui en nous aspire à trouver l’espace à partir duquel il est possible de renoncer à calmer la peur et à assouvir la haine – de façon à ne pas rester leur marionnette.

 

Renoncer à calmer la peur et à assouvir la haine, c’est devenir attentif à laisser glisser les pensées qui s’imposent à nous, sans les combattre, ni les suivre. Les laisser couler et faire silence. Les laisser couler comme l’eau sur les feuilles du nénuphar.

 

Ce silence intérieur est tout sauf désengagé. Il ne se place pas en dehors du monde. Bien au contraire, libre des pensées qui s’imposent et se pensent toute seules en nous, il devient libre de rencontrer la situation qui se propose telle qu’elle est et non telle que l’on craint ou que l’on voudrait qu’elle soit.

 

 

 

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LE COMBAT À MENER N’EST PAS FORCEMENT LÀ OÙ L’ON CROIT

 

Le virus, les mesures sanitaires, les “mauvais citoyens” qui ne portent pas le masque et la lutte contre le gouvernement qui devient totalitaire, ne constituent que le décor de nos apprentissages.

Oui, des choses devront être faite dans ce décor, mais avant ça, il s’agit de s’éveiller à l’essentiel – de ne pas rester sous le joug de nos peurs et de nos haines, qui font de nous ce qu’elles veulent.

Cela demande un combat, mais un combat au-dedans. Un combat qui est toutefois très particulier, car c’est un combat sans lutte.

Il ne s’agit pas de lutter contre la peur ou la haine. Lutter contre elles reviendrait à rester déterminé par elles. Il s’agit simplement de prendre le temps, toujours de nouveau, jusqu’à ce que cela devienne une seconde nature, de laisser passer les pensées qui nous viennent automatiquement et qui sans cesse nous habitent, sans rester accrochés à elles et les suivre.

 

Car les pensées qui nous habitent et pensent en nous toute seules, sont tissées de peurs et de haines. Elles sont là pour calmer la peur de ne pas savoir, de ne pas comprendre, de ne pas pouvoir organiser le monde environnant comme on le voudrait, la peur de la maladie, de la mort, de la vie, etc.

 

Alors il est essentiel d’expérimenter cet instant où l’on renonce à suivre une pensée qui vient de se présenter et remarquer qu’une autre pensée surgit juste après, parce que l’on s’était un peu endormi… C’est alors que l’on peut renoncer encore. Et de renoncement en renoncement, on s’éveille au présent des pensées et au présent du monde.

 

Bien à vous

 

Guillaume Lemonde

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