COMMENT SAVOIR QUEL EST LE BON PROJET ?

 

Bonjour ! Suite à l’article « UNE CHOSE À FAIRE ABSOLUMENT QUAND VOTRE PROJET EST EMPÊCHÉ », une question m’a été posée : COMMENT SAVOIR QUEL EST LE BON PROJET ?

 

Cette question, très en amont du sujet qui m’occupait, survient avant même que l’on se soit mis en chemin et l’obstacle qui nous empêche d’avancer n’est ici rien d’autre que le doute.

Alors pour répondre à cette question, je vous propose de parler un peu des obstacles en général et du doute en particulier.

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1- Les obstacles

Imaginez qu’en montagne un torrent nous barre la voie. Comme nous avions projeté d’arriver avant une certaine heure, nous nous sentons retardés par le torrent. Le torrent est un obstacle. En fait, nous sommes retardé uniquement parce que nous avions prévu d’arriver avant une certaine heure. C’est assez évident, mais franchement fondamental à comprendre : nous nous étions projetés au sommet sans tenir compte des imprévus du chemin. Nous avons pris les idées que nous nous faisions au sujet du parcours, pour une réalité, et nous sommes éveillés à la réalité grâce au torrent.

 

Si nous parvenions à rester en lien avec le réel, c’est à dire avec ce qui se présente maintenant, nous pourrions inventer le chemin à mesure de ce que nous rencontrons. Ce serait tout différent. Le projet d’atteindre le sommet resterait une réalité présente dans chacun de nos pas. La façon de le réaliser évoluerait selon les circonstances du trajet. Peut-être nous faudrait-il longer le torrent à la recherche d’un passage praticable, mais ce ne serait pas un retard dans la réalisation de notre projet. Ce ne serait qu’une péripétie de cette réalisation.

 

Un enseignement de cette histoire est que les obstacles proviennent de projections intempestives, qui parasitent notre intention.

 

Ces projections intempestives sont de trois natures :

  • Il y a celles qui concernent le temps.

Par exemple, on imagine réaliser un projet en un certain temps ou poursuivre son développement durant un certain temps. Cette idée de délai est une projection pure. Elle ne tient pas compte de la nature du chemin que nous ne connaissons pas encore.

 

  • Il y a celles qui concernent l’espace.

Par exemple, on imagine que notre projet doit se concrétiser à un certain endroit. Il serait bon de découvrir que la possibilité de lieux est plus vaste que ça. On ne peut pas savoir à l’avance à quel endroit l’intention que l’on porte trouvera sa concrétisation.

 

  • Il y a celles qui concernent la manière de procéder ou de parvenir à ses fins. Par exemple, on imagine les moyens en aides, en argent et autres, qui seraient nécessaires pour commencer.

 

La seule chose dans notre projet, qui ne soit pas une projection intempestive, c’est la nature de celui-ci. Qu’est ce que je veux faire ? Qu’est-ce qui m’anime ? À quoi est-ce que je veux me donner ? Quelle tâche dans le monde voudrais-je servir ?

 

À vrai dire, lorsqu’on fait attention à ne pas suivre nos projections intempestives, on remarque un certain détachement personnel : la nature de notre projet dépasse forcément notre intérêt personnel. Nous sommes à son service. Ce n’est pas lui qui est au nôtre.

 

Ainsi, plus nous mettons notre projet à notre service, plus nous nous projetons dans le temps, l’espace et la manière. Plus nous rencontrerons d’obstacle.

 

À l’inverse, si nous nous mettons au service d’une tâche plus grande, c’est à dire par exemple, au service des autres, plus le chemin sera facile.

 

À mesure des rencontres que nous ferons, la nature du projet deviendra concrète.

Le lieu, le moment et la manière s’approchent de nous plus que nous n’allons vers eux.

 

Ainsi, quand on se demande COMMENT SAVOIR QUEL EST LE BON PROJET, il est essentiel :

 

  • de ne pas perdre son temps à réfléchir aux moyens, aux délais et aux lieux où d’éventuels projets pourraient se concrétiser ! On ne les connaît pas à l’avance.

 

  • de ce demander ce que l’on peut concrètement apporter au monde et aux autres avec les moyens que l’on a actuellement.

 

2- Le doute

 

Comme la nature du projet se concrétise à mesure de notre avancée sur le chemin, il y a des cas extrêmes où nous n’avons aucune idée du projet avant le premier pas. Nous sommes comme un randonneur qui serait arrivé en montagne et qui ne saurait pas où aller se promener. Il voudrait bien savoir avant de se lancer, ce qui l’attend sur les différents sommets. Mais comme il ne saura où l’auront mené ses pas que lorsque il sera arrivé quelque part, le seul pas qui compte, c’est celui qu’il pourra choisir de faire maintenant. En fonction de quoi ?

 

Le doute, cet obstacle intérieur qui nous bloque aussi surement qu’un torrent en travers du chemin, provient de ce choix que l’on ne fait pas. Le choix de s’en tenir à ce qui est maintenant et de faire un pas dans une certaine direction. Celle qui nous parle le mieux maintenant. Même si l’on n’a aucune idée de ce qui suivra…

 

Imaginons que ce qui vous tient à cœur ce soit la permaculture. Le doute vous susurrera peut-être : il y a probablement un projet qui serait mieux que celui-là… Alors écoutez le doute sérieusement et répondez lui tout de suite en répondant à cette question : existe-t-il un autre projet qui vous tienne actuellement à cœur ?

 – Oui, par exemple, l’écologie et les ressources durables.

Ok ! alors listez toutes les possibilités de projets. Et regardez ce que vous pouvez actuellement apporter aux gens grâce à toutes ces idées. Ce point est capital : c’est ce que vous pouvez vous-mêmes commencer qui est important, pas ce que vous aimeriez bien avec l’aide des autres, plus de moyens ou que sais-je encore ! Les autres viennent après. Ils viennent quand le chemin est concrètement engagé. Ils viennent d’eux-mêmes.

 

Pour la permaculture, vous n’avez pas de terrain ? Soit ! Qu’est ce qui vous intéresse d’offrir aux autres avec la permaculture ? Est-ce de les nourrir ? Est-ce de les informer au sujet de la permaculture ? Vous devez définir ça précisément.

 

Mettons que ce soit de les éveiller à cette façon de cultiver la terre. Quels moyens avez-vous aujourd’hui à disposition, même si vous n’avez pas de terrain ?

Vous avez par exemple la possibilité d’organiser régulièrement des soirées de sensibilisation dans un café, la possibilité d’ouvrir un blog d’information, de sensibilisation, d’échange, et la possibilité d’écrire un ouvrage, etc.

Et tout ça en même temps, pourquoi pas…

 

Pour les énergies renouvelables, vous ne voyiez pas du tout quoi faire ? Ou alors la même chose que pour la permaculture ? Des soirées, un blog, un ouvrage… Autre chose ?

 

Si aucune de ces idées que vous avez listées ne vous fait vibrer plus qu’une autre, essayez d’en suivre plusieurs très concrètement. Pour certains sujets ce sera facile, pour d’autres vous ne saurez pas comment vous y prendre… Faites ce que vous pouvez avec ce que vous avez comme possibilités.

Vous constaterez bientôt que votre énergie ira dans une direction et que les autres idées resteront en second plan.

 

Vous ne voyez pas où ça va vous mener ?

 

Les projets que l’on se donne ont ceci de particulier qu’ils se concrétisent à mesure de la marche. Ils viennent à nous plus que nous n’allons vers eux. Des chemins s’ouvrent là où on ne les attendait pas.

 

Même si le choix de départ semble engager toute la suite, c’est une illusion (c’est ce que j’ai appelé une projection intempestive, liée à la durée). Vous n’avez aucune idée des rencontres que vous allez faire en chemin et qui vous aideront à préciser, voir redéfinir de fond en comble le choix de départ. À un moment, après un effort soutenu à suivre la direction initiale, vous allez peut-être découvrir ce qui est en fait le plus important. Cette découverte aura la force de l’engagement que vous aurez développée pour la première idée. Donc, commencez quelque chose ! Arrêtez de rêver à comment ce pourrait être si vous aviez les fonds, les aides, le lieu et le temps !

 

Rien ne pourra remplacer la nécessité de vous lancer concrètement dans une certaine direction.

 

Voilà comment je répondrais à la question qui m’a été posée. Cette réponse est évidemment un avis qui n’engage que moi. Je vous demande de la confronter à votre expérience. Voyez si elle vous parle.

 

Bien à vous

G Lemonde

 

 

 

Par ailleurs, je vous invite

à lire : Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études, d’Olivier Roland. Je suis en train de le découvrir. Il contient des éléments de réponses sur le même sujet.

et à visiter le site : saluto.fr

 

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