H. Goering lors du procès de Nuremberg – COMMENT LA PEUR CONTRÔLE LES FOULES

 

Après le suicide d’Hitler et l’effondrement de l’Allemagne Nazie, les alliés se saisirent de plusieurs dignitaires du régime. Ils furent traduits devant une cour de justice qui tint ses assises à Nuremberg. Certains furent pendus, d’autres condamnés à des peines de prison allant jusqu’à la perpétuité (comme Rudolf Hess, qui mourut à la prison de Spandau, dont il fut le dernier pensionnaire).

Le maréchal Hermann Goering, numéro deux du parti, sachant qu’il n’échapperait pas à la peine capitale, préféra se suicider dans sa cellule en avalant une capsule de cyanure. Voici une des déclarations qu’il fit lors du procès :

« Bien sûr, la majorité des gens ne veut pas la guerre. En fin du compte ce sont les leaders d’un pays qui déterminent la politique de celui-ci. C’est simplement une affaire du choix des moyens pour entraîner le peuple dans telle ou telle direction, qu’il s’agisse d’une démocratie, d’un régime fasciste, parlementaire ou communiste.

 

Quel que soit ce que les gens disent, le peuple peut toujours être amené à adhérer aux choix et aux paris pris par leurs leaders. C’est facile. Tout ce qu’il faut dire à ces gens, c’est qu’ils sont attaqués, en qualifiant les pacifistes de manque de patriotisme, en les accusant d’exposer la patrie à un danger. Ça marche de la même façon dans tous les pays du monde. »

 

 

FAIRE CROIRE AUX GENS QU’ILS SONT ATTAQUÉS.

 

Faire croire aux gens qu’ils sont attaqués, c’est réveiller chez eux la peur.

 

Un jour un ami me disait que la peur est salutaire, car elle nous permet d’être sur nos gardes et de devenir prudent. En fait, la prudence ne nait pas de la peur, mais de l’attention que l’on porte à ce qui est. La peur remplace la prudence lorsque l’on n’est pas attentif à ce qui est. Elle nous pilote lorsque l’on ne peut pas être présent. Elle nous montre ce qui pourrait se passer.

 

Plutôt que de rester avec ce qui est, libre de décider du prochain pas, elle nous projette dans “un après” non réel. Possible, mais non réel car imaginé. Elle nous occupe avec des pensées qui ne sont pas réelles. On se représente ce qui ne s’est pas encore produit et l’on fait tout pour que cette représentation disparaisse. On fuit, on s’agite, on réfléchit, on s’organise, on se rassemble, on se calfeutre…

 

On met en place toutes sortes de mesures, des ressources, qui visent à calmer cette peur. Ces mesures peuvent être parfois très élaborées, intellectuellement différenciées, mais elles n’en restent pas moins pilotées par la peur. Elles lui répondent mécaniquement, alors que l’on est paralysé dans sa volonté.

 

Paralysé dans sa volonté, signifie que l’on est en difficulté à rester au présent, c’est à dire attentif.

C’est au présent que s’exerce la volonté. Or, on est projeté trop loin dans toutes sortes d’images effrayantes. Alors on rameute du monde pour agiter les consciences et parler de ce que l’on craint.

 

Ce n’est pas la peur qui paralyse la volonté, c’est la volonté paralysée qui laisse sa place à la peur.

 

 

C’EST PARCE QUE L’ON EST PARALYSÉ DANS LA VOLONTÉ – PARCE QUE L’ON N’EST PAS PRÉSENT À CE QUI EST – QUE LA PEUR PEUT S’EMPARER DE NOUS.

 

Observez les pensées qui vous traversent. Combien ont à faire avec ce qui est ? Combien ne sont que des projections de ce que vous imaginez qui sera ou des souvenirs de ce qui était ?

 

Il est difficile d’en rester à ce qui est et de laisser les pensées parasites passer sans les suivre. Bien des pensées se pensent en nous toutes seules. Elles nous contraignent mécaniquement. Aussi vrai qu’il est difficile de chercher à répondre à une question qui nous occupe, ou, dans certaines circonstances, à renoncer à avoir raison, ou à obtenir un dédommagement, il est difficile de laisser passer ces pensées et de rester là, au présent, attentif. Quand on s’y exerce, on découvre un espace de liberté absolu.

 

Souvent, nous ne sommes pas libres. Et c’est exactement notre absence de liberté intérieure qui nous soumet à la peur et nous fait rechercher la sécurité.

(Certains se rassurent avec les mesures sécuritaires prises par l’État. Ils sont manipulables du fait de leur peur. D’autres cherchent à se rassurer qu’ils ne seront pas contrôlés par leur État, car ils ont peur de l’être. Dans les deux cas une recherche de sécurité qui répond à une peur plus ou moins consciente.)

 

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LA RECHERCHE DE SÉCURITÉ EST L’OMBRE PORTÉE DE LA LIBERTÉ QUI NOUS MANQUE.

 

Le Maréchal Goering avait bien compris que les foules sont manipulables par la peur : la sécurité que l’on promet, alors que l’on annonce un danger, séduit les gens du fait de leur absence de liberté intérieure.

Introduisez un ennemi dans le décor et l’on va s’imaginer – car non présent à ce qui est – toutes sortes d’horreurs réclamant au plus vite de la sécurité.

Si l’ennemi est difficile à identifier, la peur sera plus grande et le combat sans fin. Les mesures de contrôle à prendre seront innombrables et acceptées par une population désireuse d’être protégée.

Ainsi, pour le IIIème Reich, les juifs étaient un ennemi idéal, car mélangés au reste de la population. Tout le monde pouvait soupçonner tout le monde. Tout le monde devait être contrôlé.

Lorsque, après le 11 septembre 2001, le président américain déclare la guerre au terrorisme, il présente lui aussi à la population, un ennemi idéal : un ennemi par nature vague, sans contour défini, et donc à jamais invincible. En effet, on peut déclarer la guerre à un pays, pas à une activité terroriste. De même, on peut signer un armistice avec un pays, pas avec le terrorisme. Et comme l’ennemi n’est pas clairement défini, là aussi, tout le monde peut soupçonner tout le monde. Le contrôle de l’État peut devenir énorme.

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Un autre président, en parlant d’un virus devenu récemment célèbre, a déclaré : « nous sommes en guerre ». En guerre contre un virus cette fois-ci ! L’ennemi idéal, car absolument invisible et par nature impossible à éradiquer.

 

Cet ennemi-là est d’ailleurs un ennemi de première catégorie : il réveille toutes les peurs possibles, comme nous allons le voir tout de suite

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LES PEURS SONT LÉGIONS

 

Les peurs sont les ombres portées de notre présence au monde.

Spatialement et temporellement :

 

  • Spatialement, présence au monde intérieur et au monde extérieur.
  • Temporellement, présence à la fin et au commencement du chemin.

 

– Être présent au monde intérieur.

 Le monde intérieur a ceci de particulier qu’il s’ouvre et se ferme au monde extérieur. En sympathie nous nous ouvrons. Nous éprouvons alors des sentiments dits positifs. En antipathie, nous nous fermons. Nous éprouvons alors des sentiments dits négatifs.

Nous oscillons entre ces deux extrêmes et préférons naturellement les sentiments dits positifs, repoussant une large partie de ce que nous pouvons éprouver. Bref, nous ne sommes pas présents à ce qui est, mais à ce que nous voudrions qui soit.

Lorsque l’on est présent au monde intérieur, on peut se tenir entre sympathie et antipathie, sans être bouleversé, chamboulé, retourné, déçu…

Sinon, on a peur de souffrir, jusque dans sa chair parfois. On peut même avoir peur de tomber malade. La peur de la maladie (directement réveillée par le virus dont on parle beaucoup actuellement) est en fait un appel à trouver un équilibre dans la vie des sentiments.

 

Je vous propose d’en lire plus à ce sujet en suivant ce lien.

 

 

– Être présent au monde extérieur.

 

Le monde extérieur a ceci de particulier qu’il nous apparait d’abord à travers nos perceptions. Cette expérience première est chaotique. Elle nous pousse à y mettre de l’ordre (reconnaitre la chose perçue, hiérarchiser les choses perçues, les mettre en rapport, etc.) de façon à ne pas être assailli par ce qui nous entoure.

Certains agencements du monde nous vont mieux que d’autres et nous repoussons ce qui nous encombre. Nous repoussons ainsi le monde extérieur dès qu’il n’est pas agencé selon nos critères. Bref, nous ne sommes pas présents à ce qui est, mais à ce que nous voudrions qui soit.

Lorsque nous sommes présents au monde extérieur, nous pouvons tenir tous les éléments perçus sans en préférer aucun. Tout est à sa place et nous découvrons ainsi la profondeur qui les relie. L’ordre du monde lui-même devient perceptible.

Sinon, la peur d’être dérangé par des détails intempestifs, ou même d’être débordé par des aspects du monde non maîtrisables, nous prend. Nous nous agitons pour tout organiser, ranger, nettoyer, désinfecter… Nous ne prenons plus le temps de percevoir.

Le virus, invisible, est à cet endroit un magnifique sujet de peur. La distanciation sociale et les masques viennent calmer cette incapacité de trouver en soi la profondeur nécessaire pour rencontrer le monde environnant.

En fait, la peur d’être contaminé par un virus est un appel à devenir présent à ce que l’on perçoit du monde autour de soi. Prendre le temps là où on croit ne pas en avoir.

 

Je vous propose d’en lire plus à ce sujet en suivant ce lien.

 

 

– Être présent à la fin des choses.

Être présent à la fin des choses, c’est rendre présent, dans chaque pas que l’on pose, la fin du chemin. Par exemple, lors d’un projet, c’est porter le projet comme déjà accompli à chaque étape, sans se projeter dans un résultat. Le « comment on fera », « avec qui on le fera », « où on le fera », ne sont pas d’abord important. « Le quoi » est capital. Rester avec ce « quoi » et avancer avec les événements que la vie propose.

Il y a des détours qui n’en sont pas, lorsque l’on avance ainsi. Chaque événement est juste l’occasion de repréciser le « quoi » et de décider du prochain pas.

Si l’on oublie cette présence-là, on se projette en ligne droite dans un but et on rencontre entre ce but espéré et l’endroit où l’on se trouve, des obstacles.

On rencontre des adversaires, des défaites, des échecs. Quand on se projette dans un but le monde est peuplé d’ennemis.

Le virus dont on parle aujourd’hui devient un ennemi si l’on oublie d’avancer avec ce qui est, et que l’on se voit plus loin que l’on est vraiment. Du coup, toute personne potentiellement malade devient elle aussi un ennemi de la société, bloquée dans ses projets par des mesures sanitaires elle-même motivées par la peur…

C’est ainsi que s’instaure le contrôle social – une dictature bio-sanitaire. Ceux qui ne respectent pas les protocoles sanitaires sont montrés du doigt et punis, tels les ennemis d’une société en souffrance du fait du virus.

 

Cette peur est en fait un appel à l’humilité et au courage d’avancer pas à pas dans la vie et les projets que l’on porte.

 

Je vous propose d’en lire plus à ce sujet en suivant ce lien.

 

 

Être présent au commencement des choses.

Être présent au commencement des choses, c’est accueillir à chaque instant ce qui est nouveau. Car chaque instant est nouveau lorsqu’on est présent.

Si l’on oublie cette présence-là, chaque instant semble se répéter et l’on a peur que recommence ce que l’on a vécu. Peur d’une deuxième vague épidémique, par exemple.

Cette peur de la deuxième vague est un appel à la confiance. Laquelle confiance n’est pas l’espoir que tout ira bien, mais la disposition intérieure à accueillir ce qui est. Cet accueil est tel qu’il est sans condition. Il n’y a rien à redouter de la vie. La vie est bonne dans cette présence-là, même la mort. Et pourtant, aucun défaitisme ou fatalisme là-dedans. Le fatalisme est une attente passive de quelque chose de précis. La confiance est une non-attente absolument active.

La non-confiance renforce le contrôle social que chacun fini par exercer sur chacun.

 

 

Je vous propose d’en lire plus à ce sujet en suivant ce lien.

 

 

POUR CONCLURE

 

Ainsi, la peur d’être malade ou que les autres le soient, la peur d’être contaminé ou de contaminer les autres, la peur d’être empêché dans ses projets et peut-être même de tout perdre, et la peur que ça recommence, sont des leviers avec lesquels il est facile de conduire les foules à accepter des mesures de contrôle présentées comme sécuritaires. Mais ce sont également autant d’appel à s’exercer à être présent au monde – au monde intérieur et aux sentiments qui nous habitent, au monde extérieur et aux perceptions que nous en avons, au commencement des choses et à leur fin.

 

 

Bien à vous

Guillaume Lemonde

 

 

 

 

 

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