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UN HOMME VIENT D’ÊTRE ASSASSINÉ.

IL AVAIT LA PEAU NOIRE. IL ÉTAIT AFRO-AMÉRICAIN.

Je fais référence à la mort de Monsieur George Floyd survenue le 25 mai 2020 à Minneapolis. Ce meurtre soulève aujourd’hui des foules en colère à travers le monde. Nombreux sont ceux qui se mobilisent, espérant probablement que s’opère, dans la population, un changement de conscience.

Ils dénoncent les violences racistes de la police. Certains vont même jusqu’à dénoncer le capitalisme, qui trouverait ses fondements historiques dans l’esclavage. Des poings se lèvent. Des gens s’agenouillent, en souvenir du geste de Colin Kaepernick. En 2016, ce footballeur américain avait refusé de se lever pendant que retentissait l’hymne américain. Il voulait ainsi protester contre le traitement des Afro-Américains et des minorités aux États-Unis.[1]

Pendant ce temps, le policier qui a plaqué au sol Monsieur Floyd, le tuant par étouffement, a été inculpé et sera jugé, ainsi que ses trois collègues complices d’assassinat. La justice est en marche.

IL Y A AINSI DEUX VOIES POUR APPROCHER CE DRAME.

Et c’est cela que je voudrais partager avec vous aujourd’hui :

  • l’une est celle de la justice. Elle traite d’un cas particulier (la mort d’un homme en particulier), en se référant à la loi, qui doit être la même pour tous, donc d’application générale. C’est pourquoi la justice est parfois représentée avec les yeux bandés : elle n’a pas à se soucier de la couleur de la peau ou de l’origine ou du sexe du prévenu ou de la victime.
  • l’autre voie est celle qu’empruntent bon nombre de manifestants lorsqu’ils considèrent le cas général du racisme en aspirant à des mesures particulières qui devraient être prises pour la protection des noirs.

Ces deux approches sont diamétralement opposées : considérer le cas particulier et le traiter avec une loi générale, ou considérer un problème général et le traiter avec des mesures particulières.

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CECI ÉTANT DIT, QU’EST-CE QUE LE RACISME ?

On pourrait écrire des bibliothèques sur le sujet et loin de moi l’idée de rédiger ici une thèse. Il m’apparait seulement essentiel de m’en tenir aux fondamentaux :

le raciste défend les valeurs auxquelles il s’identifie de par son appartenance à une « race[2] ».

Il pense que ceux qui appartiennent à la « race » à laquelle il s’identifie, ont des droits particuliers.

Pour le raciste, il y a donc des gens de sa « race » et des gens qui n’en sont pas.

Ainsi, le racisme procède par généralisation.

– Si l’on justifie ce que l’on fait, ce que l’on ressent ou ce que l’on pense, en se référant à sa couleur de peau, sous-entendant que toute personne de la même couleur de peau agirait de la même façon, on développe une pensée raciste.

– Si l’on pense que les blancs (en général) devraient demander pardon aux noirs (en général), c’est que l’on associe chaque individu blanc à ce que des blancs ont fait. Par cette généralisation, on exprime une pensée raciste. (Récemment, une étudiante publiait un article dans lequel elle exprimait sa honte d’être blanche… Cette honte est de nature raciste).

– Si l’on s’insurge de voir des policiers blancs venir aux manifestations commémorant le décès de Monsieur Floyd, c’est parce qu’on associe ces policiers à ce qu’on fait leurs collègues blancs. On développe de nouveau une pensée raciste, et corporatiste de surcroit.

– Si l’on affirme que les policiers blancs américains sont racistes, on généralise et on est en train d’être le raciste que l’on croit combattre. Certains policiers américains sont assurément racistes. Peut-être sont-ils même très nombreux. Je l’ignore. Mais il est important de remarquer en soi cette propension à généraliser.

Le racisme est une généralisation. Il est aveugle à ce qui fait que chacun d’entre nous est unique. Il ne voit que des aspects généraux.

 

Il ne voit pas l’être mais le costume.

(Vous trouverez dans l’article : le décor de notre vie, un éclairage sur ce sujet).

MAINTENANT, QU’EST-CE QUE LE DROIT, si ce n’est un ensemble de règles générales que nous nous sommes donnés pour mettre tout le monde d’accord ?

Ces règles ne devraient pas varier en fonction des costumes, c’est-à-dire en fonction des catégories ethniques ou d’autres catégories. Si une loi devait discriminer (même positivement) certaines catégories ethniques, elle s’appliquerait à une catégorie de personnes (généralisation) et non à chaque citoyen en particulier. Ce serait une loi raciste. Elle favoriserait le racisme.

(De même il existe des lois sexistes. Ce sont celles qui discriminent même positivement les gens selon leur sexe).

La généralisation de la loi à tous, sans distinction (la justice a les yeux bandés), permet de mettre tout le monde sur un pied d’égalité devant elle. Elle permet donc le respect de l’unicité de chacun.

La loi est-elle juste ? Est-elle appliquée sans tenir compte du costume ? Telle est la question à se poser, et non de réclamer des lois particulières pour protéger certaines catégories.

Tel était le rêve de Martin Luther King, qui prononça en 1963 son célèbre discours :

 

(…) Je fais le rêve qu’un jour cette nation se lèvera et vivra le vrai sens de sa foi : Nous tenons ces vérités comme allant de soi, que les hommes naissent égaux. (…)

Quand les architectes de notre république écrivirent les textes magnifiques de la Constitution et de la Déclaration d’Indépendance, ils signèrent un billet à ordre que chaque Américain allait retrouver dans son héritage. C’était la promesse que chacunoui, les noirs tout autant que les blancs – serait assuré de son droit inaliénable à la vie, à la liberté et à la quête du bonheur. 

Martin Luther King, par ce discours, a essayé d’éviter aux manifestants de l’époque, de se perdre dans des revendications orientées par une appartenance à un groupe.

Il voulait que chaque cas particulier soit traité avec des lois générales, valables pour tout le monde (universelles) et tout faire pour qu’elles soient appliquées, et non que les problèmes généraux d’un groupe soient résolus par des mesures particulières pour ce groupe.

Martin Luther King n’était justement pas raciste…

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LA LUTTE CONTRE LE RACISME,

Comme Martin Luther King, nous avons à faire attention à ce que le droit soit appliqué de la même façon pour chacun, indépendamment de critères généraux comme l’origine sociale, l’orientation sexuelle, la couleur de la peau. (et ne surtout pas d’exiger de nouvelles lois particulières pour protéger une certaine catégorie de la population).

Pour cela, nous avons à commencer par être attentifs aux pensées qui nous traversent et qui nous conduisent à généraliser les événements en associant des faits que nous reconnaissons comme semblables.

En effet, notre pensée fait des ponts entre des éléments semblables et trouve des analogies (un biais cognitif connu). C’est la nature même de la pensée que de se procéder ainsi et de généraliser. Par exemple, quand on dit qu’une chose qui est arrivée est de même nature qu’une autre, on associe ce qui semble pareil. En fait, ces deux situations ne peuvent pas avoir été identiques. Elles se ressemblent seulement beaucoup. Elles portent le même costume.

Le racisme se nourrit de cette tendance naturelle à l’analogie.

Il disparait au contraire lorsque que l’on porte son attention à ce qui est unique.

Chaque instant est unique.

Si on estime avoir vécu deux fois la même chose, on peut choisir de mettre toute son attention à découvrir en quoi ces deux moments étaient particuliers et malgré tout ce que l’on croit, uniques.

On ne peut pas se baigner deux fois dans le même fleuve disait Héraclite.

De même, chaque rencontre est unique. Et pour la même raison, chaque drame, chaque meurtre est unique.

Chaque drame est un fait unique car chaque être est unique.

Même si nous sommes tentés de comptabiliser l’énorme liste de drames semblables, ils ne sont semblables que sur des critères extérieurs à l’être: ils ne sont semblables que du fait de la couleur de la peau des victimes.

Le raciste, en généralisant, ne voit pas l’être, mais la masse des gens, des costumes, des faits. Il voit la quantité, pas la particularité de chacun.

Identifier les gens à ce qu’ils ont de pareil entre eux, c’est les déposséder de leur humanité (on ne voit que le costume). [Toi tu es un blanc et les blancs sont comme ceci, pensent comme ceci et vivent comme ceci… Toi tu es un noir et les noirs sont comme cela, pensent comme cela et vivent comme cela… Toi, tu es un jeune et les jeunes sont comme ceci… Toi tu es un vieux, et les vieux sont comme cela… Toi tu es une femme et les femmes sont comme ceci… Toi tu es un homme et les hommes sont comme cela…]  C’est également le biais des catégorisations statistiques…

À l’inverse, voir ce que chacun a d’unique, c’est rendre son humanité à chacun.

Nelson Mandela l’exprime magistralement dans son livre, un long chemin vers la liberté (1996) lorsqu’il écrit : L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité. Quand j’ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission : libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur.

 

Guillaume Lemonde

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[1] Cet agenouillement rappelle également celui du policier qui a plaqué au sol Monsieur Floyd, le tuant par étouffement. Cela rend le geste ambigu. Lorsque les policiers le reproduisent on ne sait plus trop ce qu’il signifie…

[2] Extrait Wikipedia : La notion de « races » humaines, par analogie avec les races d’animaux d’élevage, fut employée pour établir des classifications internes à l’espèce humaine selon des critères morphologiques ou culturels1,2,3. Des études scientifiques, fondées depuis le milieu du XXe siècle sur la génétique, ont montré que le concept de « race » n’est pas pertinent pour caractériser les différents sous-groupes géographiques de l’espèce humaine car la diversité génétique est beaucoup plus importante entre les individus d’une même population qu’entre groupes différents4,5,6.

Note pour les participants à la formation Saluto : dans la loi particulière qui répond aux doléances d’un groupe, vous aurez reconnu le Feu du passé appuyé sur l’Air du passé de la troisième ligne. Cela n’a pas d’avenir: cela scinde l’humanité. Tandis qu’une loi générale qui répond à ce que chaque être à d’unique, c’est (en face de l’Air du passé) la Terre de l’avenir, rendue possible par l’Air de l’avenir ( en face du Feu du passé, un objectif commun, celui des devoirs que l’on se donne pour la société, et qui met tout le monde d’accord).