CHANCE OU MALCHANCE ?

 

Bonjour !

Ce sujet de la chance et de la malchance, ces fatalités qui nous arrivent passivement, mérite un petit article. Je le commence par une fable que vous connaissez peut-être:

 

Dans un village, un homme possédait un très beau cheval. Le cheval était si beau que le seigneur voulut le lui acheter, mais l’homme refusa. Un matin, il se rendit à l’étable et découvrit que son cheval n’était plus là.

Tu aurais dû le vendre, s’exclamèrent les villageois ! Maintenant, on te l’a volé ! Quelle malchance !

– Chance, malchance, qui peut le dire ? répondit le vieil homme.

Quelques temps plus tard, le cheval revint, avec tout une horde de chevaux sauvages. Il s’était échappé, avait séduit une jument et rentrait avec toute la horde.

– Quelle chance !, s’exclamèrent les villageois.

– Chance, malchance, qui peut le dire ? répondit le vieil homme.

Son fils entreprit de dresser les chevaux sauvages. Mais lors du dressage, il se cassa une jambe.

– Quelle malchance ! s’exclamèrent les villageois.

– Chance, malchance, qui peut le dire ? répondit le vieil homme.

C’est alors que l’armée du seigneur arriva dans le village pour enrôler de force tous les jeunes gens disponibles. Tous, sauf le fils du vieil homme, car s’était cassé la jambe.

– Quelle chance tu as. Nos enfants sont partis à la guerre. Ils vont peut-être se faire tuer !

– Chance, malchance, qui peut le dire ? répondit le vieil homme.

(Fable est issue de la sagesse taoïste).

 

***

 

Habituellement, nous imaginons que ce qui viendra plus tard n’est que le développement de ce qu’il y avait avant. L’idée même que l’avenir puisse s’approcher de nous (c’est ce que signifie le verbe advenir), ne nous est pas forcément familière.

Il nous est plus simple de nous projeter dans un futur imaginé d’après ce que nous connaissons. Accueillir l’avenir, c’est une autre paire de manches.

 

Au lieu de l’avenir, nous ne percevons que des hasards qui s’accordent plus ou moins bien avec notre quotidien. Quand le hasard s’accorde bien, nous appelons ça de la chance. Quand le hasard s’accorde mal, nous appelons ça de la malchance.

Seulement, il est évident que si un changement doit survenir dans une vie, il remettra forcément le passé en question. Il n’y a pas de changement sans remise en question de ce qui est déjà là. L’avenir ne cesse de remettre en question ce qui est connu.

 

Ainsi, ce que nous prenons pour de la malchance n’est rien d’autre que la marque d’un changement qui s’annonce. Je sais l’énormité de ce que cela peut signifier dans certaines circonstances tragiques.

Pourtant, lorsqu’un malheur est survenu, sommes-nous capables de devenir témoin de ce malheur, et de l’accueillir comme le point d’appui autour duquel tout un univers peut basculer vers l’essentiel ?

Ce n’est évidemment pas facile. Nous n’avons pas forcément la confiance et la disponibilité pour cela.

Être ouvert à ce qui se présente, nécessite une ressource dont nous n’avons souvent pas conscience. C’est une ressource qui n’est déterminée par rien de ce que nous connaissons. Elle ne se déduit de rien de ce que nous savons faire.

Cette ressource, c’est de la confiance en la vie, une confiance inconditionnelle. Comment l’exerce-t-on ? Comment parvient-on à la faire sienne ?

La démarche Saluto, qui donne les moyens de percevoir l’origine des épreuves que nous traversons, non pas dans des causes passées à résoudre, mais dans des ressources encore à venir, apporte des éléments de réponses.

Bien à vous !

 GL

Cet article vous a plu ? N’hésitez pas à laisser vos remarques et questions dans un commentaire ci-dessous ! Je me ferai un plaisir d’essayer d’apporter un élément de réponse.