L’originalité de la démarche Saluto est de donner les moyens de percevoir l’origine des difficultés rencontrées, non dans des causes passées à résoudre, mais dans la nécessité de faire advenir des ressources permettant de jouer librement avec ce qui se présente. Caractériser, identifier ces ressources fondamentales encore à venir et permettre d’exercer à les rendre présentes, est au centre de son expertise.

La part de nous-mêmes qui s’éveille, n’est pas issue de la nature.

Elle n’est ni un produit de l’évolution, ni du contexte qu’elle connaît. Du point de vue de cette présence, nous ne sommes rien de ce que la nature nous a donné.

 

Nous ne sommes pas notre corps.

Ce qui arrive à notre corps peut nous inquiéter, mais cela n’arrive pas au cœur le plus essentiel de notre être. Et même si certains s’imaginent avec horreur comment ce corps se décomposera après la mort, cette décomposition ne concerne rien de plus que le corps dont nous sommes dépouillés.

La nature physique du monde est pour nous ce que le sable du désert est pour la source qu’il cache. La source coule à travers lui, mais n’est pas produite par lui.

Quel que soit la densité du sable, nous sommes entre les grains de sable.

 

Nous ne sommes pas ce que nos aïeux semblent avoir instillé dans notre biologie de génération en génération.

L’hérédité et les possibles traumatismes transgénérationnels ne sont pas le code-source de notre essence. L’ADN ne définit pas notre être. Notre éducation non plus d’ailleurs. Tout ce qui coule ainsi de génération en génération, peut nous inquiéter, mais ce n’est que le terreau dans lequel nous prenons racines. Et nous découvrons qu’il est possible de récolter de beaux fruits, même sur des sols hostiles.

Quel que soit le sol, nous sommes la gratitude du jardinier qui recueille ce que la terre lui donne.

 

Nous ne sommes pas non plus les sentiments qui naturellement nous habitent et qui nous mettent parfois à terre

Nous avons peur de souffrir. Mais nous découvrons un jour que les mouvements des sentiments n’ont pas à être les nôtres. Ils sont bien plus comme le vent pour le voilier : aucun vent n’est mauvais pour celui qui sait où il va.

Quelle que soit la tempête, nous sommes la stabilité du voilier dans la tempête, la quille dans les flots, et le mât qui se dresse dans le vent.

 

Nous ne sommes pas ce à quoi nous nous identifions.

Cette conscience plus ou moins forte que nous avons de nous-mêmes, est en réalité pour nous ce que le feu représente pour l’air qui le nourrit. Que la flamme soit petite ou grande, l’air est partout vigoureux.

Quel que soit le feu, nous sommes l’air qui se donne à lui et dans lequel il croît et s’éteint.

 

Guillaume Lemonde