HÉRACLITE : “ON NE PEUT PAS SE BAIGNER DEUX FOIS DANS LE MÊME FLEUVE”

HÉRACLITE : “ON NE PEUT PAS SE BAIGNER DEUX FOIS DANS LE MÊME FLEUVE”

« ON NE PEUT PAS SE BAIGNER DEUX FOIS DANS LE MÊME FLEUVE »

Cette phrase est d’Héraclite, philosophe grec né à Éphèse à la fin du VIe siècle av. J.-C.

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LES AÏEUX DU POINT DU VUE DE LA SALUTOGÉNÉALOGIE

LES AÏEUX DU POINT DU VUE DE LA SALUTOGÉNÉALOGIE

 

 

TRANSCRIPTION DE LA VIDÉO

 

Nous allons nous intéresser aux aïeux de notre famille, mais d’une façon très particulière. Il ne s’agit pas de rencontrer ces personnages comme des gens qui nous auraient légué toutes sortes de fardeaux dont il faudrait se débarrasser, mais de découvrir comment ils pourraient devenir pour nous des ressources.

 

La façon que nous aurons de les rencontrer sera évidemment déterminante. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de les avoir connus, ni même de savoir quoi que ce soit à leur sujet.

 

Quand on rencontre quelqu’un à travers ce que l’on connaît, on rencontre avec la tête, avec la pensée, avec l’analyse et cela nous fait adopter une position de retrait, propre à l’analyse, propre à la pensée… On ne rencontre pas vraiment.

 

Lorsque l’on rencontre quelqu’un il y a un moment où l’on est dans la même sphère, dans une union. Et cette proximité nous fait vivre des sentiments plus ou moins agréables.

 

On remarque à travers cette proximité ce qui nous empêche intérieurement de nous unir véritablement. Et ce qui nous empêche de nous unir est de même nature que ce qui nous empêche de nous unir à tout ce que la vie nous offre de cadeaux.

 

Ainsi en nous rapprochant de certaines figures de notre famille, nous découvrons un lien qui libère, un lien qui nous libère de nous-mêmes. C’est le cadeau qu’ils nous font, et ce cadeau est à la mesure de l’amour que nous pouvons leur offrir.

Les aïeux du point de vue de la Salutogénéalogie

 

ici un lien vers le chapitre Salutogénéalogie du site

L’HISTOIRE DU SANGLIER ET DU VIEUX FUSIL

L’HISTOIRE DU SANGLIER ET DU VIEUX FUSIL

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Voici l’histoire du sanglier et du vieux fusil. Elle permet de réfléchir à la tendance que nous avons facilement de rêver la réalité plutôt que de nous éveiller à l’essentiel. Je vous laisse découvrir ce sanglier et ce vieux fusil et me réjouis de lire vos commentaires ci-dessous.

 

 

TRANSCRIPTION DE LA VIDÉO:

 

Bonjour!  J’aimerais partager avec vous une petite expérience faite il n’y a pas si longtemps. C’était lors d’un congrès médical. Il y avait une dizaine de personnes qui s’était retrouvé pendant la pause pour échanger et un de nos collègues s’est mis à raconter un rêve qu’il avait fait.

 

  • Dans ce rêve, il était dans une forêt et puis une bête sauvage apparaît devant lui, un sanglier.

 

Un gros sanglier tout noir avec des yeux tout jaunes, enfin un truc horrible. Et puis ce sanglier faisait mine de le charger.

Forcément, le collègue nous raconte qu’il a couru dans l’autre sens. Mais de l’autre côté il y avait un autre sanglier féroce, à gauche, à droite de tous les côtés venaient des bêtes sauvages. Il était encerclé. Et tu n’avais rien pour te défendre ? lui demande un collègue qui était là. Si j’avais un vieux fusil. Le vieux fusil rouillé de mon grand-père et une seule cartouche.

 

  • Vous imaginez, une dizaine de médecins qui écoutent cette affaire ?

Ces médecins connaissent très bien les théories psychiatriques de Dolto, de Abraham et d’autres, sur les relations générationnelles, le trans-générationnel, qui connaissent aussi les constellations familiales, qui connaissent toutes sortes de théories sur la famille et qui entendent ça. Forcément les questions viennent très vite. Pourquoi est-ce qu’il s’agit d’un fusil ? Pourquoi un fusil ? Pourquoi une seule cartouche. Pourquoi le grand-père ?

 

Tu t’en es tiré comment ? demande un collègue.

– Oh ça a été très facile !

– Avec toutes ces bêtes féroces autour de toi, une arme qui ne marche peut-être pas, une seule cartouche ? Très facile ? Comment tu as fait ?

 

  • Il nous a laissé un petit peu en suspens…

Et puis après un petit instant et un grand sourire, il nous a dit :

– C’est très facile, je me suis réveillé !

Je me suis réveillé ! C’est génial, non ?

Bien-sur ça a été un flop pour bien des collègues qui attendaient des détails supplémentaires pour pouvoir étayer leurs thèses et comprendre pourquoi le grand-père, pourquoi un fusil, pourquoi une seule cartouche, mais en même temps c’est génial ! C’est un changement de plan radical.

 

  • Je me suis réveillé !

J’étais dans une situation dans laquelle tout un drame s’est construit. Je peux analyser tout ce drame depuis le passé et des pronostics les plus funestes pouvaient se faire. Je pouvais me projeter dans un futur terrible. C’est bien pour ça que c’est un cauchemar. Et tout ça, tout d’un coup n’existe plus ! Je suis là, je me suis réveillé, je suis devenu présent. Il n’y a plus à se projeter dans des choses terribles.

 

Il y a plus à analyser le pourquoi du comment. Je suis là présent et tout va bien. Se réveiller, c’est être présent, être présent, c’est se réveiller. Il est vrai que la plupart du temps, le matin lorsque nous nous réveillons, nous pensons déjà à tout ce que nous avons à faire et nous pensons à tout ce qu’il y a eu avant et qui implique que nous ayons encore d’autres choses à faire après. Nous ne sommes pour ainsi dire jamais au présent, toujours à penser à avant et après… Mais ici et maintenant, tout de suite, là où on pourrait se réveiller, à quel moment y sommes-nous ?

 

  • Voilà, c’est ça que je voulais partager avec vous

Souvent, nous vivons des difficultés et nous allons explorer les causes de ces difficultés, parfois à l’aide de thérapies, et on se demande : est-ce que peut-être dans ma petite enfance ou peut-être dans la famille ou peut-être dans la génétique ou je ne sais quoi, il y aurait la cause de tout ça ? La cause de tout ça, c’est qu’on n’est pas présent !

 

La cause de tous les cauchemars que je traverse, c’est que je ne suis pas réveillé, c’est que je ne suis pas capable d’être centré ici et maintenant. Je ne suis pas capable de me dire… non pas de me dire… de vivre le fait qu’ici et maintenant c’est le seul moment où je peux agir et que tout ce que j’imagine des suites et des conséquences, fait partie d’un cauchemar, mais n’est pas réel.

 

Quand on a peur en fait, on se projette ailleurs qu’au présent. Quand on doute on n’est pas dans le présent non plus. Se réveiller, c’est être présent. Je voulais vous rendre attentifs à ça parce qu’en fait, nous sommes tellement peu présents que nous sommes très peu attentifs à ce fait. Donc, je voulais vous raconter ça et je vous en souhaite une bonne réception.

 

En vous souhaitant une bonne journée et un bon moment présent, là, tout de suite, qui forcément ne peut être que bon puisqu’il est présent. À bientôt.

 

 

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L’EFFET LARSEN PSYCHIQUE

L’EFFET LARSEN PSYCHIQUE

J’ai mis longtemps à réaliser que les souvenirs ne sont que des reflets. Ils ne sont que des échos de ce que nous vivons aujourd’hui.

Lorsque Proust savoure une madeleine, ses souvenirs répondent à la madeleine. Ils ne disent rien de ce qui est à l’origine de la saveur de cette madeleine. Bien au contraire, c’est la saveur de la madeleine qui est à l’origine de ces souvenirs et qui les réveille !

En affirmant qu’à travers les souvenirs que nous avons de notre vie, de notre histoire ou encore de celle de notre famille, nous pourrions trouver les raisons de nos névroses, nous pervertissons la nature des souvenirs. Nous mettons une cause là où il n’y a qu’une conséquence et nous nous enfermons dans une analyse à l’envers.

Si nous souffrons de trop manger, nous pouvons nous souvenir qu’un aïeul avait souffert de privations. Mais cela n’explique rien ! Si nous manquons d’argent, nous pouvons évoquer  un ancêtre qui a fait faillite. Cela n’explique rien non plus! Si nous donnons du crédit à ces liens de causalité à l’envers, nous mettons en place, entre maintenant et les souvenirs qui nous viennent, une boucle fermée. Nous provoquons un Larsen psychique.

Le Larsen, c’est ce sifflement désagréable qui se produit quand on dirige le micro vers le haut-parleur. Il capte un son qui a déjà été émis. Il capte, en quelque sorte, un son passé. Un Larsen, c’est le bruit que fait le passé quand on lui donne l’importance qu’il ne devrait pas avoir.

Alors nous essayons d’éloigner, voire de supprimer le haut-parleur. Nous essayons de supprimer les influences néfastes des ancêtres.

Pourtant, comment sort-on d’un Larsen ? Non pas en supprimant le haut-parleur, mais en dirigeant le micro ailleurs que vers le haut-parleur ;

en cessant de faire du haut-parleur la source du son ;

en cessant de rendre nos aïeux responsables de ce que nous vivons ; en devenant enfin présents.

Et alors, ça n’importe plus d’imaginer que les malheurs d’un aïeul ait pu préparer les miens. Ce qui importe, c’est de ne pas oublier que c’est moi qui tiens le micro !

Je suis à la source de mes souvenirs. Si je me souviens des mésaventures de cet aïeul, c’est que j’ai tout en moi pour le comprendre, tout en moi pour me lier à lui. Et c’est cela qui importe.

Merci pour vos commentaires. Ils enrichiront le sujet.

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