RENDRE L’AVENIR POSSIBLE – FORMATION DE SALUTO-PÉDAGOGIE à Chatou (F)

RENDRE L’AVENIR POSSIBLE – FORMATION DE SALUTO-PÉDAGOGIE à Chatou (F)

Lorsqu’en tant que professeur ou éducateur, nous rencontrons une difficulté dans notre tâche, il nous est bien naturel d’en rechercher la cause dans les événements qui ont précédé le problème.

Nous n’avons pas assez de temps ? C’est parce qu’il y a trop de choses à faire !

Nous avons perdu notre calme ? C’est parce que la classe était agitée !

Nous nous sommes emportés contre un élève ? C’est parce qu’il s’est opposé à notre intention pédagogique !

Nous ne voyons plus de sens à ce que nous faisons ? C’est parce que rien ne change autour de nous !

Il est tout à fait logique de parler ainsi. Mais cette logique ne contient pas en elle-même la clé pour que les situations problématiques évoluent. Lorsque nous rendons le contexte responsable de nos manques, nous parlons du point de vue de celui qui subit ce contexte. L’essence de la démarche en saluto-pédagogie consiste à inverser cette logique.

C’est parce qu’il nous manque la capacité de prendre du temps que nous nous trouvons avec trop de choses à faire.

C’est parce que nous ne sommes pas calmes à l’intérieur que la classe est agitée.

C’est parce qu’il nous manque l’endurance nécessaire à tout acte pédagogique que nous nous emportons contre le premier obstacle sur notre chemin.

C’est parce que nous n’arrivons pas à percevoir ce qui est nouveau que nous ne trouvons plus de sens.

A partir de cette autre logique, c’est à présent celui qui peut agir qui parle. Nous devenons responsables du contexte, car celui-ci n’existe que parce qu’il nous faut nous éveiller à une faculté que nous n’avons pas encore.

Percevoir cette faculté qui nous fait défaut, et l’exercer, est au centre de la démarche en saluto-pédagogie. Nous constatons alors que, sans avoir encore rien fait pour changer l’autre, la situation n’est déjà plus la même.

Plus d’informations en suivant ce lien

En suivant ce lien, un article intitulé Savoir être et éducation.

Prochainement : Atelier en Saluto-pédagogie

Prochainement : Atelier en Saluto-pédagogie

DU FAIT DU “CONFINEMENT / COVID-19”, CET ATELIER N’AURA PAS LIEU À LA DATE INDIQUÉE. IL EST REPORTÉ À UNE DATE ULTÉRIEURE. MERCI POUR VOTRE COMPRÉHENSION.

Journée découverte : « La démarche en saluto-pédagogie »

le samedi 18 avril 2020 à Chatou.

Dans la perspective d’une nouvelle formation en 4 week-ends à l’institut Rudolf Steiner à compter de septembre 2020.

renseignements (en suivant ce lien)

Présentation de l’atelier – par Romain Wargnier

Lorsqu’en tant que professeur ou éducateur, nous rencontrons une difficulté dans notre tâche, il nous est bien naturel d’en rechercher la cause dans les événements qui ont précédé le problème.

Nous n’avons pas assez de temps ? C’est parce qu’il y a trop de choses à faire ! Nous avons perdu notre calme ? c’est parce que la classe était agitée !
Nous nous sommes emportés contre un élève ? C’est parce qu’il s’est opposé à notre intention pédagogique !

Il est tout à fait logique de parler ainsi. Mais cette logique ne contient pas en elle- même la clé pour que les situations problématiques changent. Lorsque nous rendons le contexte responsable de nos manques, nous parlons du point de vue de celui qui subit le contexte. L’essence de la démarche en saluto-pédagogie consiste à inverser cette logique.

C’est parce qu’il nous manque la capacité de prendre du temps que nous nous trouvons avec trop de choses à faire.
C’est parce que nous ne sommes pas calmes à l’intérieur que la classe est agitée. C’est parce qu’il nous manque l’endurance nécessaire à tout acte pédagogique que nous nous emportons contre le premier obstacle sur notre chemin.

A partir de cette autre logique, c’est à présent celui qui peut agir qui parle. Nous devenons responsables du contexte, car celui-ci n’existe que parce qu’il nous faut nous éveiller à une faculté que nous n’avons pas encore.

Percevoir cette faculté qui nous fait défaut, et l’exercer, est au centre de la démarche en saluto-pédagogie. Nous constatons alors que, sans avoir encore rien fait pour changer l’autre, la situation n’est déjà plus la même.

Au cours de cette journée, la démarche en saluto-pédagogie sera présentée et exercée à partir des quatre ressources fondamentales de l’enseignant, par son fondateur le Dr Guillaume Lemonde. Les personnes intéressées pourront par la suite s’inscrire à la formation qui s’ouvrira pour l’année scolaire 2020-2021.

Plus d’informations en suivant ce lien

En suivant ce lien, un article intitulé Savoir être et éducation.

MASSAGE ÉCOLE  (Massage in Schools Program).

MASSAGE ÉCOLE (Massage in Schools Program).

Il y a peu, lors d’une visite au Québec, une amie me parlait du programme Massage école. Elle enseigne dans l’école Waldorf de Waterville et me racontait avec enthousiasme les belles expériences qu’elle rencontre depuis qu’elle a mis en place cette pratique pour ses élèves.

Si je vous en parle ici, sur le site Saluto, c’est parce que le programme Massage école illustre parfaitement deux des quatre ressources fondamentales que le pédagogue peut solliciter pour l’enfant.

Je développerai ce point dans la seconde partie de cet article.

LE PROGRAMME MASSAGE ÉCOLE

 Le MISP (Massage in Schools Program), a été instauré en 1999, par Mia Elmsäter (suédoise) et Sylvie Hétu (québécoise), issues du monde de l’éducation. Il s’agit d’un programme de massage entre enfants. Il s’adresse aux enfants de 4 à 12 ans. Il existe également un programme spécifique et simplifié pour des enfants plus jeunes.

 

 

Mis tout d’abord en application dans les écoles du Royaume-Uni, le programme Massage école a obtenu un franc succès.

Aujourd’hui, il est pratiqué dans plus de 1300 écoles à travers le monde.

Des instructeurs sont formés dans une vingtaine de pays, dont le Canada, la Suède, la France, la Belgique, le Portugal, l’Irlande, la Suisse, le Japon, l’Argentine, la Nouvelle-Zélande, Singapour…

Je vous invite à consulter le site de l’association en suivant ce lien.

Mon amie m’expliquait que le protocole ou la “Routine” est composé de 15 gestes simples

dont l’apprentissage se fait progressivement, généralement en 5 séances de 30 minutes, à raison d’une fois par semaine. Chaque geste est associé à une image pour que l’enfant puisse facilement le mémoriser.

En fonction de l’espace disponible, les enfants sont assis à califourchon sur leur chaise ou par terre, ils restent habillés et travaillent en binômes.

Les gestes se font sur les vêtements et sur le dos, la tête, les épaules, les bras et les mains.

Les enfants se demandent la permission avant de commencer et se remercient après le massage.

L’enseignant ne masse pas les enfants, seuls les enfants se massent entre eux : l’adulte montre les mouvements et guide les enfants.

L’enseignant est invité à refaire faire les mouvements à ses élèves pendant la semaine (idéalement tous les jours toujours à la même heure) afin de bien mémoriser les gestes appris au cours des séances.

Lorsque la “Routine” est maitrisée, elle s’effectue en une dizaine de minutes.

J’ai repris ces précisions du site de Claire Tromas auquel vous accèderez en suivant ce lien.

 

LA PRATIQUE RÉGULIÈRE DE CE PROGRAMME DE 15 MN, A DES EFFETS TRÈS BÉNÉFIQUES SUR LES ÉLÈVES.

 

*D’après des études réalisées en Suède et au Royaume-Uni

  • Elle exerce un effet calmant et diminue le taux de stress
  • Elle amène un meilleur fonctionnement du système nerveux autonome
  • Elle améliore la concentration et la mémorisation
  • Elle favorise l’empathie
  • Elle encourage la communication et le partage
  • Elle insiste au respect de soi et d’autrui
  • Elle apporte détente
  • Elle permet une meilleure gestion émotionnelle (en diminuant l’agressivité)
  • Elle renforce l’estime de soi

 

 

 

LE PROGRAMME MASSAGE ÉCOLE À LA LUMIÈRE DE LA SALUTO

1-    Le petit enfant

Lorsque l’enfant vient au monde, son corps n’est évidemment pas achevé. Les tissus conjonctifs, les os, le système glandulaire, l’immunité et bien d’autres choses sont encore en cours de maturation. Les neurologues nous disent même que c’est seulement vers 6 ans et demi[1] que cette maturation structurelle du corps se termine, avec l’achèvement des voies extra-pyramidales. Il reste, vers 6 ans et demi, encore beaucoup à acquérir, mais en ce qui concerne la structure, tout est là.

 

Ce fait nous indique en tout cas que pour le jeune enfant, jusqu’à 6 ans et demi, le corps est structurellement, encore dans l’avenir. La formule est probablement étrange. Pourtant, ce qui donnera un jour une assise, une stabilité, une inertie, une protection à l’espace intérieur, n’est pas encore complètement présent. Le jeune enfant, tout ouvert à la périphérie, est sensible et influençable. Son espace intérieur n’est pas encore centré.

 

Bien des enfants ayant dépassé les 6 ou 7 ans, bien des adultes, ont gardé de cette première période de l’enfance un peu de la structure de leur corps physique dans l’avenir. Ils leur manque le lest et la stabilité qu’il pourrait leur offrir. Ils restent sensibles, rencontrent des difficultés à ne pas se laisser entrainer par des sentiments trop ouverts, se laissent chavirer facilement. Comme ils ne sont pas stables, ils cherchent cette stabilité comme ils le peuvent. Ils montent dans la tête pour rationaliser et essayer de calmer les sentiments qui les ballottent. Tout comme le marin accroché au bastingage voudrait que la tempête cesse, ils voudraient que les sentiments ne les atteignent plus.

C’est ainsi que par manque de stabilité intérieure, on peut devenir froid, rationnel, distant, réfléchi et analytique. On peut devenir également agressif, si les pensées auxquelles on s’agrippe sont remises en question.

 

Alors imaginez ce que cela peut faire d’être touché et de sentir les limites d’un corps trop peu habité.

Sentir les limites du corps physique et rendre présente cette expérience. Cela offre un chemin pour découvrir une réelle stabilité intérieure. Le contact physique est essentiel dans la petite enfance. Les câlins, les massages, ouvrent une porte pour accueillir plus facilement ce qui de l’avenir se prépare : une stabilité intérieure qui ne passe pas par la tête.

Plutôt que d’être bloqués par la tête, les sentiments vont pouvoir devenir larges et différenciés, sans que nous n’encourions le risque d’être chavirés ni blessés par eux.

Les enfants ont besoin de ce contact. Je connais un petit garçon très intelligent qui reprend son souffle après une journée d’école, grâce à un contact enveloppant et tranquille. Sans cela, il perd pied et se fâche de fatigue…

Avec ce qui précède, on comprend aisément que le programme massage école (d’après les études réalisées en Suède et au Royaume-Uni) :

  • permette une meilleure gestion émotionnelle (en diminuant l’agressivité),
  • favorise l’empathie,
  • encourage la communication et le partage.

 

2-    L’écolier

Le corps est structurellement achevé autour de 6 ans et demi. Ce qui présidait à son organisation, les processus vitaux qui étaient actifs pour faire apparaitre un germe dentaire ou structurer un foie, un rein, un poumon, sont désormais disponibles pour autre chose. Ces forces structurantes dans le corps deviennent forces structurantes en dehors du corps : elles deviennent les représentations que nous avons à disposition. À mesure que notre corps se structure, le nombre des représentations que nous avons à disposition pour penser le monde, s’accroit.

De quoi sont faites nos représentations, de quelle substance sont-elles tissées ? Elles sont faites de ce qui autrefois structurait un foie, un rein, un poumon… (R. Steiner).

Ainsi, à 6 ou 7 ans, une bonne part de la vitalité corporelle a cessé d’agir dans le corps. C’est pourquoi le corps est plus minéral, moins vital. L’espace intérieur a acquis des limites, mais en se minéralisant, ce même espace a encore une profondeur à trouver.

Faute de profondeur, on perçoit plein de petits détails sans hiérarchisation. Et l’on veut mettre de l’ordre dans ce désordre. On fait des listes – qui, de dinosaures, qui, de voitures. On collectionne des vignettes de footballeurs, de Pokémon, selon les modes… On devient un petit encyclopédiste.

Bien des adultes ont gardé de cette période de l’enfance une difficulté à s’approfondir et ne perçoivent, au lieu de la profondeur des phénomènes, qu’une foule de détails dérangeant. Ils se comportent comme le visiteur d’un musée qui ne pourrait prendre du recul devant une œuvre magnifique et s’en approcherait pour regarder à la loupe les traits du pinceau. Il en trouverait certains réussis et d’autres moins bons. Il voudrait remédier à cela. Plutôt que de percevoir l’ordre du monde, il voudrait imposer le sien, passant à côté de ce que ses sens lui offriraient de percevoir.

En l’absence de profondeur, on ne peut assimiler. On est comme un puits ensablé. On range, on ordonne, on classe vite tout ce qui nous entoure, pour ne pas se laisser envahir. On devient efficace pour fonctionner encore plus rapidement, on s’agite, on stresse devant le moindre petit désordre.

Alors imaginez ce que cela peut faire de vivre des moments où l’on a le temps d’avoir le temps. Des moments où l’on a le temps de prendre soin de quelque chose ou de quelqu’un. Cela donne le temps à l’eau de remonter dans le puits ensablé par trop d’informations. Le temps d’assimiler… Cela apporte, ainsi que le programme Massage école :

 

  • un effet calmant (diminue le taux de stress),
  • un meilleur fonctionnement du système nerveux autonome (directement corrélé aux processus vitaux)
  • une amélioration de la concentration et de la mémorisation,
  • de la détente.

***

Si vous êtes enseignant, je vous invite à vous intéresser au programme Massage école. C’est un trésor.

Voilà pour aujourd’hui. Si cet article vous a plu, vous pouvez le partager avec vos amis. Vos commentaires seront bienvenus en bas de page.

Bien à vous,

G Lemonde

[1] Ces voies neurologiques sont celles qui permettent à l’enfant de « faire les petites marionnettes » sans bouger les coudes.

SAVOIR-ÊTRE ET ÉDUCATION

SAVOIR-ÊTRE ET ÉDUCATION

En matière d’enseignement, il est un paramètre qui ne devrait pas être oublié. Un paramètre dont il est souvent question, mais qui, sans méthode, ne peut être intégré. Un paramètre que l’on croit pouvoir acquérir par l’étude et la pratique de techniques – ce qui nous fait prendre des postures parfois ridicules et souvent inadaptées à ce que demande la situation. Cette chose, c’est le savoir-être.

Le savoir-être de l’enseignant, du pédagogue, de l’éducateur, du parent.

Souvent, on prend le savoir-être pour une sorte de savoir comportemental, une capacité de produire des actions et des réactions adaptées à l’environnement. On voudrait en faire un savoir-faire relationnel, une connaissance que l’on pourrait apprendre et appliquer. D’ailleurs, les recherches en éducation relatives au savoir-être se donnent aujourd’hui pour objectif de trouver tous les moyens pédagogiques permettant aux apprenants d’acquérir au mieux la maîtrise d’actions et de réactions adaptées à leur environnement.

Cependant le savoir-être, ce n’est pas ça. Ce n’est pas, en ce qui concerne l’éducation, un moyen pédagogique permettant aux apprenants de mieux acquérir ce qu’ils ont à acquérir…

Et ce, pour deux raisons.

La première raison, est que le savoir-être n’est pas un moyen.

LE SAVOIR-ÊTRE N’EST PAS UN MOYEN

Un moyen est utilisé en vue d’un but. Il doit être efficace pour permettre de parvenir à ce que l’on escompte produire. Un marteau est un moyen. Une scie est un moyen. Un moyen, c’est l’outil que l’on saisit pour accomplir quelque chose. Les moyens permettent de Faire quelque chose. Avec le verbe Faire on décrit une action qui se déroule dans le temps. On est dans la chronologie d’un processus qui répond à une cause et vise une conséquence.

Or, Être (du latin esse, racine du mot essence) ne se projette pas vers un but. Être n’est pas dans la perspective d’un résultat. Être est au présent. Être est une fin.

Ainsi, les moyens que l’on se donne, pour remplir au mieux un mandat pédagogique, comme par exemple le discours autocentré, qui consiste à parler en Je, le contrôle comportemental, les techniques de contrôle émotionnel, sont de l’ordre du savoir-faire, pas du savoir-être. Ils sont, avec la didactique, des moyens, des outils, des techniques éducatives.

***

Il y a une seconde raison pour laquelle le savoir-être n’est pas, en ce qui concerne l’éducation, un moyen pédagogique permettant aux apprenants de mieux acquérir ce qu’ils ont à acquérir :

En effet, il est important de distinguer le savoir-faire d’un enseignant, dont l’objet le faire – c’est à dire l’enseignement et avec l’enseignement, l’élève, l’apprenant… Et le savoir-être d’un enseignant, qui concerne l’être qui en a la maîtrise – c’est à dire l’enseignant lui-même…

LE SAVOIR-ÊTRE D’UN ENSEIGNANT CONCERNE NON PAS L’APPRENANT MAIS L’ENSEIGNANT LUI-MÊME…

Lorsqu’un enfant a dû mal à apprendre et pose problème à l’enseignant, avant même d’aller chercher des techniques, des méthodes, des conseils, bref, du savoir-faire, n’oublions pas que celui qui a des problèmes avec cet enfant, c’est l’enseignant. Peut-être est-il contrarié, ou même en colère. Il voudrait que l’élève apprenne mieux ou se comporte mieux. Il dira que c’est pour le bien de l’élève. Évidemment. Mais c’est évidemment aussi afin de ne plus avoir de problème avec lui…

On imagine bien que

si l’enseignant était stable intérieurement,

il parviendrait à rester tranquille lorsque l’élève lui répond mal ou ne se montre pas preneur de ce qu’il propose. Il parviendrait à se tenir dans cette tempête. Il ne se laisserait pas déterminé par elle et ne se crisperait pas sur les méthodes pédagogiques qu’il connait.   À ce sujet, un article qui pourrait vous intéresser.

Si l’enseignant était tranquille intérieurement

il aurait la profondeur nécessaire permettant de vivre que tout n’est pas sur le même plan et qu’on a le temps d’accomplir ce qui doit l’être, il parviendrait à être serein au milieu d’un amas d’informations à traiter et de perceptions envahissantes. Il ne se laisserait pas déterminer par ce qu’il doit gérer. Il n’aurait pas à accélérer le mouvement pour avoir le temps de tout faire et pourrait prendre soin de ses élèves et de sa classe plutôt que de juste s’en occuper. Prendre soin demande du temps…

Si l’enseignant avait la persévérance du pas à pas,

Il ne se projetterait pas dans un résultat escompté et parviendrait à avancer avec ce qui se présente. Il ne verrait pas des obstacles là où ne se trouvent en réalité que les péripéties d’un parcours. Il parviendrait à être devant cet obstacle. Il ne se laisserait pas déterminer par lui et n’escaladerait pas en symétrie jusqu’à la punition.

Si l’enseignant était confiant,

Il parviendrait à être avec les événements que la vie propose. Il ne se laisserait pas déterminer par eux et n’aurait pas à les classer en bons ou mauvais selon ses valeurs. Il pourrait accueillir ceux qui ne partagent pas ses valeurs.

Le savoir-être va de paire avec ces quatre ressources fondamentales : la stabilité intérieure, la profondeur intérieure, l’engagement persévérant et la confiance.

Lire à ce sujet La Saluto et les quatre vertus platoniciennes.

Ces ressources peuvent être exercées (voir Formations Saluto), mais non comme moyen pour parvenir à ses fins, mais comme un apprentissage offrant de réellement rencontrer l’élève et non de le réduire à ce que l’on attend de lui.

La difficulté à être présent avec ces ressources, est bien humaine et équitablement partagée entre nous tous. Elle ne peut être résolues par des postures, des outils, des contrôles mentaux et émotionnels.

Utiliser un moyen pédagogique pour changer les choses (savoir-faire), sans vivre ces ressources, c’est vouloir que les choses soient autrement qu’elles ne sont. C’est donc renier l’être qui se saisit de soi-même en s’ouvrant à ce qui est.

En réduisant le savoir-être à un savoir-faire, on passe à côté de l’être qui se saisit de soi-même, mais aussi de celui de l’enfant que l’on ne peut accueillir.

 

C’est pourquoi un savoir-faire pédagogique sans savoir-être nie l’être de l’enfant. Il permet de s’occuper de lui, de l’instruire, mais pas de l’élever, de l’éduquer.

 

Lire à ce sujet La Saluto et les quatre vertus platoniciennes.

 

CERTAINS ENSEIGNANTS, D’UNE FAÇON NATURELLE, ONT CE SAVOIR-ÊTRE.

Certains enseignants, d’une façon naturelle, ont ce savoir-être. Ce sont les pédagogues-nés, ceux que l’on montre en exemple et qui éduquent (educare, de ex et ducare), c’est-à-dire qui conduisent les enfants hors de leur condition naturelle, qui les élèvent à devenir eux-mêmes, à être. On se souvient de Pestalozzi[1]. Il élevait les enfants.

D’autres, avec beaucoup de bonne volonté, instruisent. Ils essaient de remplir de savoir les enfants qu’ils ont devant eux. (Instruire, du latin in, qui signifie dedans et struere, qui a la signification de disposer, d’assembler, de ranger, au sens de disposer de façon homogène, c’est mettre des choses dedans, remplir de savoir. Cela requière du savoir-faire, c’est-à-dire des méthodes pédagogiques, de la discipline.)

Il y a, à cet endroit deux gestes. D’un côté, s’évertuer à vouloir remplir cette jeune personne avec toutes sortes de connaissances, de préceptes. C’est ce que permet un bon savoir-faire pédagogique.

D’un autre côté, élever l’enfant hors des limites de sa condition naturelle, en le percevant à chaque instant dans le plein rayonnement de qui il est.

Les deux vont de pair. Mais assurément le premier sans le second, est un malheur.

***

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Bien à vous

Photos libres de droits:

Ardoise : congerdesign

Cahier : mozlase__

l’école : Nuffer

[1] Johann Heinrich Pestalozzi, né le 12 janvier 1746 à Zurich et mort à Brugg le 17 février 1827. Il était un pédagogue éducateur et penseur suisse, pionnier de la pédagogie moderne. Il est connu pour avoir cherché à appliquer les principes de l’Émile de Rousseau, ensemble de théories novatrices sur l’éducation et la pédagogie publié en 1762.

Pestalozzi influença le philosophe Fichte, qui voulut intégrer la pédagogie à la philosophie transcendantale de la liberté.

LA SALUTO ET LES QUATRE VERTUS PLATONICIENNES

LA SALUTO ET LES QUATRE VERTUS PLATONICIENNES

Si vous découvrez la démarche Saluto, cet article au sujet des quatre vertus est pour vous :

Lorsque nous cherchons à comprendre pourquoi nous rencontrons tant de difficultés avec, par exemple, un enfant, ou un ami qui a changé d’attitude à notre égard, nous collectons des informations au sujet de cet enfant ou de cet ami et nous essayons de trouver les causes qui sont à l’origine de cette situation. Nous espérons ainsi y remédier, n’est-ce pas ?

En cherchant à comprendre ce qui se passe, nous explorons les causes qui, dans un passé plus ou moins lointain, sont celles sur lesquelles nous devrions pouvoir agir.

Les médecins, les thérapeutes, les pédagogues, les éducateurs et bien d’autres encore, procèdent ainsi.

 

Photo: Marie-Ange Mat

Or, j’ai montré (ici) que cette façon toute naturelle de faire, ne mène nulle part. Elle nous permet de comprendre le contexte, certes, mais ne nous permet pas de découvrir comment nous saisir de ce qu’il convient pour traverser ces difficultés.

En effet, si nous rencontrons une difficulté avec un enfant ou un ami, ce ne sont pas tant l’enfant ou l’ami qui sont responsables des difficultés que nous rencontrons, mais nous-mêmes, incapables que nous sommes d’agir avec ce que l’enfant et l’ami provoquent chez nous… Il nous manque une ressource. Nous restons déterminés par l’attitude de cet enfant ou de cet ami et ne savons plus comment faire pour ne pas nous laisser déterminer. Nous réagissons. Nous ne savons comment agir d’une façon cohérente.

Or s’il nous manque une ressource pour y parvenir, ce n’est pas en explorant le passé que nous la découvrirons.

La ressource qui nous manque se trouve pour nous, dans l’avenir (sinon, elle ne nous manquerait pas).

 

LA RECHERCHE DES CAUSES ET DE LEURS CONSÉQUENCES, NE PEUT DONC PAS NOUS RENSEIGNER

La recherche des causes et de leurs conséquences, ne peut donc nous renseigner qu’au sujet du contexte de notre épreuve, pas au sujet des ressources nécessaires pour la traverser.  Essayer de trouver les raisons ayant conduit à ces situations et agir sur ces raisons, ne peut nous mener que dans une voie sans issue.

En revanche, connaître les ressources possibles, les étudier, et surtout les expérimenter et les vivre, est éminemment important. Car, lorsque l’on a reconnu une ressource, on devient également apte à percevoir directement ce que son absence engendre.

Il n’est alors plus besoin d’essayer de comprendre pourquoi ceci ou cela se passe. On reconnait dans ce qui se passe, la ressource qui manque pour aller bien et agir de façon cohérente avec la situation.

 

 

C’EST CE QUE PROPOSE LA DÉMARCHE SALUTO : reconnaitre dans ce qui se passe, la ressource qui manque.

Avec la démarche Saluto, il ne s’agit pas de simplement comprendre et de réfléchir à notre vie ou à celle des autres (comprendre et réfléchir est très important mais si nous en restons là, nous demeurons avec les causes contextuelles), mais d’apprendre à cesser un instant de réfléchir (Eh oui… à ce sujet un article qui pourrait vous intéresser), pour reconnaitre la ressource avenir qui manque, dans une situation donnée.

Bien-sûr, il est essentiel de connaître (comprendre, réfléchir et exercer) ces ressources afin de les REconnaître par la suite…

C’est là tout l’intérêt des formations proposées.

CES RESSOURCES SONT AU NOMBRE DE QUATRE

Pourquoi quatre ? Cela tient à notre constitution (cf. Hippocrate, Paracelse, Steiner…).

Pour en savoir plus à ce sujet, je vous renvoie au livre : Les paysages de nos quêtes, ou au petit fascicule La Saluto pour commencer, que vous trouverez en vous inscrivant à la newsletter.

 

Mais pour faire simple, disons que ces quatre ressources sont en rapport avec les quatre aspects de notre constitution, qui peuvent nous mettre à l’épreuve :

Nous avons un corps matériel,

des processus vitaux qui le pénètrent selon leurs propres lois,

un monde intérieur sensible, et

une personnalité, qui vient de ce à quoi nous nous identifions.

 

En nous mettant à l’épreuve, ces quatre aspects sont également des opportunités d’apprentissage.

 

Photo: Carlos Blanco (Platon)

Platon évoque ces apprentissages dans le Ménon, lorsqu’il parle de vertus.

Il parle également des vertus dans La République, suivi par Aristote puis les stoïciens. Il distingue quatre vertus (la prudence, la tempérance, la force et la justice), qui seront plus tard qualifiées de cardinales.

Le mot « vertu » vient du latin « virtus » qui désigne « la force, la discipline ».

L’adjectif « cardinal » vient du latin « cardo » qui signifie « charnière, pivot ».

Ainsi, les vertus cardinales s’acquièrent à travers une discipline, donc à travers des exercices, qui permettent de faire « pivoter » une situation : autrement dit, elles offrent la possibilité d’un retournement de situation.

 

Ces quatre vertus sont à rapprocher de ce que la démarche Saluto qualifie de ressources à venir (la stabilité intérieure, la profondeur intérieure, le courage et la confiance).

Rendre ces ressources présentes, les exercer, les faire sienne, ne fait pas disparaitre les épreuves que nous avons à traverser, mais offre la présence nécessaire pour ne plus à avoir être altéré par elles.

 

 

QUELQUES MOTS AU SUJET DE CES QUATRE RESSOURCES

 

Lire également à ce sujet l’article : les quatre formes de censures

 

 

1- QUAND MANQUE LA CONFIANCE :

(À ce sujet, un article ici)

La confiance en la vie n’est pas cette autosuggestion que tout ira bien. La confiance se vit au présent : elle offre de pouvoir accueillir ce qui arrive comme cela arrive. La confiance ne classe pas les évènements en bons ou mauvais, elle les reçoit comme l’annonce d’un changement, d’un devenir, d’un avenir qui s’approche.

Quand manque la confiance : quand on ne peut accueillir ce qui est comme c’est, la vie fait peur. On se ferme à tout ce qui sort de l’ordinaire, à tout ce qui est nouveau et du coup, la vie semble se répéter sans cesse. Un ennui, une routine s’installent. Alors on s’accroche à des valeurs que l’on aimerait partager avec d’autres, des moments qui semblent nous donner l’impression que la vie mérite d’être vécue. Avant qu’il n’en reste que des cendres.

On va se trouver en conflit avec ceux qui ne partagent pas les mêmes valeurs. Mais il ne servira à pas grand-chose de juger les différences de valeur. Il faudra se souvenir que la cause de tout cela, est à chercher dans l’avenir : la nécessité de découvrir la confiance en la vie.

 

2- QUAND MANQUE LE COURAGE :

(À ce sujet, un article ici)

Le courage est ce qui nous permet d’avancer pas à pas, sans nous projeter plus loin que là où l’on se trouve. On se souvient que le projet que l’on porte, est déjà présent à chaque pas que l’on fait.

Quand manque le courage : quand on ne parvient pas à avancer pas à pas, on est projeté trop loin dans l’idée que l’on se fait du but. On oublie de regarder où l’on pose le pied. Du coup, on heurte des obstacles, on rencontre des gens qui nous empêchent d’avancer, des rivaux, des concurrents, des ennemis. On voudrait trouver le moyen des les vaincre une bonne fois pour toute, guidé par une bonne stratégie, plutôt que d’y revenir sans cesse.

On va se trouver en conflit avec ceux qui ne partagent pas le même combat. Mais il ne servira à pas grand-chose de jauger les rapports de force. Il faudra se souvenir que la cause de tout cela, est à chercher dans l’avenir : la nécessité de découvrir le courage d’avancer un pas après l’autre, pour le projet que l’on porte.

 

 

3- QUAND MANQUE LA PROFONDEUR INTÉRIEURE :

(À ce sujet, un article ici)

La profondeur intérieure est une ressource permettant de vivre qu’il y a entre chaque chose, entre chaque seconde, un intervalle ample et profond. Il y a du temps entre chaque seconde et de la place entre chaque détail que nous percevons.

Quand manque la profondeur intérieure : quand on ne parvient pas à vivre cette profondeur, tout semble être sur le même plan et nous envahit. On voudrait donner un ordre au monde, le plus efficacement possible, plutôt que d’être atteint par lui.

On va se trouver en conflit avec ceux qui ne partagent pas la même conception de l’ordre du monde et de la beauté sensée en découler. Mais il ne servira à pas grand-chose d’en débattre. Il faudra se souvenir que la cause de tout cela, est à chercher dans l’avenir : la nécessité de découvrir une profondeur intérieure permettant un calme dans le désordre.

 

 

4- QUAND MANQUE LA STABILITÉ INTÉRIEURE :

(À ce sujet, un article ici)

La stabilité intérieure est comme un axe intérieur qui se tient au milieu des paradoxes et des sentiments contradictoires. Elle nous permet de rester paisible dans la tempête sans pour autant que soit anesthésiés les sentiments. Bien au contraire, lorsqu’on est stable intérieurement, la vie des sentiments devient plus riche, car plus libre. Il n’est pas besoin de rationaliser ou d’écraser sous une couche de réflexions rassurantes ce que l’on ressent, puisque l’on est stable.

Quand manque la stabilité intérieure : quand manque cette stabilité, le monde intérieur nous chavire. On s’accroche alors à des idées, à des théories, à des pensées que l’on ré-élabore toujours pour qu’elles tiennent bien, avant que de tout envoyer péter.

On va se trouver en conflit avec ceux qui ne nous accordent pas leur sympathie. Mais il ne servira à pas grand-chose de les juger. Il faudra se souvenir que la cause de tout cela, est à chercher dans l’avenir : la nécessité de découvrir la stabilité qui nous manque encore dans les sentiments.

 

 

Voilà pour aujourd’hui.

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Bien à vous

Guillaume Lemonde

 

ROMAIN PARLE DE LA FORMATION DE BASE EN SALUTO

ROMAIN PARLE DE LA FORMATION DE BASE EN SALUTO

Voici le témoignage de Romain au sujet de la Saluto. Romain est enseignant, co-responsable d’une école de formation d’enseignants (institut Rudolf Steiner de Chatou) et accompagnant biographique. Je vous invite à visiter son site en suivant ce lien.

 

Romain a participé à la formation de base pour la démarche Saluto qui s’est tenue à Lyon entre le deuxième semestre 2018 et le premier semestre 2019 (quatrième promotion). Il va poursuivre cette formation en intégrant la deuxième année. Il a gentiment accepté cette interview pour s’exprimer au sujet de la Saluto. Je le remercie pour ce témoignage.