JEAN DE LA FONTAINE : “on rencontre sa destinée par des chemins qu’on prend pour l’éviter”

JEAN DE LA FONTAINE : “on rencontre sa destinée par des chemins qu’on prend pour l’éviter”

Bonjour,

ON RENCONTRE SA DESTINÉE

SOUVENT PAR DES CHEMINS QU’ON PREND POUR L’ÉVITER.

 

Ces vers sont tirés de L’Horoscope,

la seizième fable du livre VIII de Jean de La Fontaine,

édité pour la première fois en 1678.

 

On rencontre sa destinée

Souvent par des chemins qu’on prend pour l’éviter.

 

Dans ce poème, La Fontaine commence par donner deux exemples pour illustrer cette phrase.

 

Le premier exemple concerne un enfant dont le père avait consulté un oracle. L’oracle avait annoncé que pour le salut de l’enfant, il fallait l’éloigner des lions, jusqu’à 20 ans. Ce que fit le père. Il interdit à l’enfant de sortir de la maison. L’enfant grandit, devint un jeune homme. Et un jour, le jeune homme, âgé de 20 ans, aperçoit un lion sur une tapisserie. Plein de colère de ne pouvoir sortir de chez lui à cause d’un tel animal, il le frappe du poing. Il rencontre un clou sous la tapisserie. La plaie s’infecte et il meurt. Il meurt par la faute d’un lion dont on voulait l’éloigner.

 

L’autre histoire, que raconte La Fontaine dans cette fable, est celle d’Eschyle, le Grec. Un oracle lui ayant annoncé qu’il mourrait de la chute d’une maison, Eschyle s’enfuit à la campagne pour y dormir à la belle étoile. Un aigle transportant une tortue dans ses serres et cherchant un rocher pour fendre la carapace de sa proie, considère la tête d’Eschyle, la prend pour un rocher, lâche la tortue. Eschyle meurt. Eschyle meurt de la chute d’une maison qu’il cherchait à éviter.

 

Si La Fontaine nous raconte ces histoires, ce n’est pas pour appuyer la phrase qu’il place en ouverture de sa fable, à savoir que l’on rencontre sa destinée souvent par des chemins qu’on prend pour l’éviter, mais pour défaire cette idée et conclure que ce que l’on a ici, ce sont des corrélations fortuites et non la réalisation de prophéties. Ce sont des hasards, relevés là où mille autres situations tombent à côté d’une corrélations troublantes comme celles-ci.

 

LA FABLE S’EN PREND AUX PROPHÉTIES.

 

Les prophéties n’existent pas, dit Jean de La Fontaine en ce grand siècle de Louis XIV. Je n’irai pas débattre de cela avec le poète. Ce ne sera pas le sujet. Mais s’il se tenait devant moi, si la possibilité de le rencontrer se donnait, je  lui raconterais l’histoire de cette personne qui avait peur des guêpes :

 

Un jour de grand soleil immobile à midi,

alors que sous les arbres les ombres tapies

se réduisent soudain à trois fois pas grand-chose,

une guêpe attirée par un drap recouvert

de raisins, de pâtés, de pain, de camembert,

choisit pour atterrir – légère comme la rose,

mais rayée comme un tigre – la main d’un convive.

Celui-ci, apeuré, semble pris de folie,

Souffrant de la morsure avant qu’elle n’arrive !

Elle va te piquer, préviennent ses amis.

Arrête-toi ! Écoute-nous ! Reste de marbre !

En vain !  Il continue, il s’agite et se bouge,

effrayé, à tel point que l’insecte voit rouge.

Dans la chair, il lui plante vivement son sabre.

Je le savais, se plaint la victime éplorée.

Je savais bien que la guêpe allait me piquer !

 

Ainsi, cette personne avait peur des guêpes. À force de s’agiter elle avait rencontré sa destinée par le chemin qu’elle voulait prendre pour lui échapper. Même si Jean de La Fontaine ne tient pas les prophéties astrologiques pour sérieuses, il est un prophète de malheur qu’il pourra reconnaitre : c’est la peur. La peur qui nous montre ce qui pourrait arriver, nous pousse à tout faire pour que ça n’arrive pas, et nous conduit à mettre en place exactement ce qui rendra la prophétie réelle.

 

La peur est à la base de prophéties auto-réalisatrices.

 

 –  Si le convive du piquenique n’avait pas eu peur d’être piquée par la guêpe, il n’aurait pas cherché à s’en débarrasser, ne se serait pas agité et n’aurait probablement pas été piqué.

 –  Si le jeune homme de la fable n’avait pas été enfermé par son père, de peur qu’il ne meure du fait d’un lion, il n’aurait pas frappé du poing contre la tapisserie, ne se serait pas blessé à un clou et ne serait pas mort.

 –  Eschyle n’aurait pas reçu de tortue sur la tête s’il n’avait pas eu peur de rester dans sa ville.

 

CERTAINS DIRONT QUE LA PEUR EST UNE ALLIÉE

 

Certains diront que la peur est une alliée, puisqu’elle nous prévient d’un danger. Sans peur, nous nous placerions inutilement dans des situations dangereuses. Nous irions caresser le lion du jardin des plantes ou ferions de la trottinette sur l’autoroute.

 

Mais en fait, la peur nous aide aussi longtemps que nous ne sommes pas présents à ce qui est. Elle nous épargne d’être attentif à ce qui est, en nous montrant ce qui pourrait être.

 

Si nous étions attentifs à ce qui est, nous serions en lien avec la réalité et n’irions pas caresser inutilement le lion du jardin des plantes. Ce serait la présence au lion qui nous inviterait à rester à distance et non la peur d’être mangé. En revanche, quand la peur nous montre ce qui pourrait arriver, elle nous projette dans un film irréel. Elle nous montre une irréalité que nous prenons pour argent comptant. Et l’on ne voit plus la guêpe qui s’est posée sur la main, mais la piqure qui n’est pourtant pas arrivée. On est projeté dans un futur certes possible mais irréel.

 

Les actes que nous poserons seront guidés par la peur. Ils ne seront pas fondés en eux-mêmes mais conditionnés par elle. Ce que nous mettrons alors en place pour calmer cette peur, tout en compensant habilement la présence qui nous manque, nous enfermeront dans pire encore. Ils nous enfermeront dans ce que l’on voulait éviter. Et c’est assez logique, quand on y songe : si la peur est à l’origine des actions que l’on pose, elle ne saurait être supprimée par ces mêmes actions.

 

En fait, la peur nous pousse à mettre en place les circonstances des prophéties qu’elle nous livre. Ce sont des prophéties auto-réalisatrices. Et l’on finit par rencontrer sa destinée par des chemins qu’on avait pris pour l’éviter.

 

 

Voyez plutôt :

 

1- Peur du monde intérieur :

 

C’est la peur des sentiments. Peur de s’ouvrir à quelqu’un et que cela fasse mal s’il nous laisse tomber. Alors on se méfie. On réfléchit pour savoir si l’on peut se livrer en confiance. On devient tellement analytique que l’on devient froid, rationnel, distant. À force d’avoir peur de s’ouvrir, on se ferme et la personne que l’on avait peur de voir partir s’en va.

 

2- Peur du monde extérieur :

 

On peut avoir peur d’être submergé par ce qui nous entoure. Il y a trop d’informations, trop à percevoir. Trop de petits détails. On se met à traquer tout ce qui pourrait nous envahir, pour tout remettre à sa place. Et c’est sans fin. On devient de plus en plus performant, de plus en plus exigent et plus on range, plus on organise, plus on perçoit de détails qui pourraient nous submerger.

 

3- Peur de la mort :

 

On peut avoir peur d’être terrassé par un obstacle, un rival, un ennemi. Alors on s’entoure d’alliés. Les alliés nous donnent du courage et l’on devient dépendant d’eux, au point qu’ils nous tiennent dans une position de faiblesse et pouuraient nous trahir et devenir des rivaux ou des ennemis.

 

4- Peur de la vie :

 

On peut avoir peur que les événements tournent mal. Peur de la vie, c’est aussi peur de demain. Alors on se rassure avec quelque chose qui redonne de l’espoir. Cette chose de valeur devient essentielle pour combattre la peur. Mais bientôt on va avoir peur que les événements tournent mal et que cette chose disparaisse.

 

 

Bref, il est possible de donner à ces histoires d’autres formes, d’autres détours pour un même résultat. La peur qui nous fait agir nous fait mettre en place une situation dans laquelle on se retrouve à vivre la peur que l’on combattait. Et c’est assez logique, quand on y songe : si la peur est à l’origine des actions que l’on pose, elle ne saurait être supprimée par ces mêmes actions.

 

(D’ailleurs ces considérations me font penser à la situation actuelle et aux espoirs que certains placent dans la vaccination de masse. La peur que les événements tournent mal sans elle, la peur de mourir sans elle, la peur d’être terrassé par de petits virus, la peur de s’ouvrir à quelqu’un qui pourrait nous rendre malade… Ce sont les peurs du monde intérieur vulnérable, du monde extérieur dangereux, la peur de la mort et la peur de la vie, toutes réunies en une même grande folie. Ce que l’on fait pour lutter là contre, pour l’instant, c’est analyser, organiser, s’allier (plus on est nombreux…), se rassurer avec des mesures… qui ne peuvent supprimer la peur. La peur sera toujours là. Alors pour calmer la peur, on va  intensifier les mesures, même si aujourd’hui l’impression dominante est que ça se détend un peu.)

 

Bien à vous

Guillaume Lemonde

BLOG – DERNIERS ARTICLES MIS EN LIGNE

ON EST ADULTE QUAND ON A PARDONNÉ À SES PARENTS

ON EST ADULTE QUAND ON A PARDONNÉ À SES PARENTS

Buste de Goethe (Photo GL)

« On est adulte quand on a pardonné à ses parents. »

 

Cette sentence serait de Johann Wolfgang Goethe[1]. Récemment, je lisais les commentaires que bon nombre d’internautes ont laissé à son sujet et remarquait la difficulté qu’elle procure à certains. Dans le cas extrême d’un inceste, disait une personne assez remontée contre une telle affirmation, on ne peut pas pardonner ! Est-on alors condamné à rester enfant ? Une autre personne écrivait : pour pardonner, il faut qu’il y ait eu une faute. Mais là, je ne vois pas en quoi la faute des parents serait nécessaire pour devenir adulte…

 

Manifestement, cette phrase de Goethe ne laisse pas indifférent. Ou du moins sa traduction, tirée de je ne sais où. Je n’ai effectivement pas réussi à trouver la phrase originale en allemand et donc encore moins le contexte dans lequel cette phrase se trouve (si vous savez d’où cette phrase est tirée, merci de l’indiquer dans les commentaires).

 

À défaut de connaitre le contexte, je ne vais donc pas m’aventurer à chercher ce que Goethe voulait dire d’une façon si lapidaire. Je vais juste essayer d’exprimer comment je comprends cette phrase.

 

***

 

« On est adulte quand on a pardonné à ses parents. »

 

Cette phrase peut se lire depuis le passé ou depuis l’avenir.

 

Depuis le passé :

 

Lire cette phrase depuis le passé, c’est la lire d’après le point de vue chronologique habituel : le temps s’écoulant depuis le passé vers le futur, il enchaine des causes passées à des effets ultérieurs. De ce point de vue, la phrase « On est adulte quand on a pardonné à ses parents », signifie que l’on pardonne à ses parents et donc on devient adulte. Il y a un rapport de causalité. Le fait d’être adulte, dans ce cas, est le développement du pardon que l’on accorde. Si l’on ne pardonne pas, on ne devient pas adulte. D’où la protestation de certains internautes qui trouvent que la barre est placée un peu trop haut dans des cas extrêmes, comme dans celui d’un inceste, par exemple.

 

En fait, regarder la vie depuis le passé, c’est-à-dire en considérant qu’aujourd’hui est la résultante d’hier, nous conduit à considérer notre existence comme non fondée en elle-même. Elle dépend de paramètres nous échappant absolument : elle dépend de notre éducation, de notre biologie, et donc de nos parents et des aïeux qui ont transmis leur patrimoine génétique.

 

Ajoutez à cela qu’il faudrait pardonner afin de pouvoir être adulte, et vous obtenez une vie à laquelle il est impossible de présider. En effet, même le pardon, dans un tel cas-là, est conditionné par ce qui s’est passé avant et ne dépend pas de nous. Il dépend de l’ampleur de la faute à pardonner. Petite faute : le pardon est encore possible. Grande faute : le pardon est impossible.

 

 

Depuis l’avenir :

 

Que serait un pardon s’il était conditionnel ? Que serait un pardon s’il n’était possible qu’à la condition que la faute à pardonner ne soit pas trop importante ? Ce ne serait pas un pardon !

 

Le pardon ne peut pas s’expliquer depuis le passé. Tout comme il est absurde d’expliquer que l’on a du courage à la condition qu’il n’y ait pas d’obstacles, ou confiance à condition que tout aille bien… On a du courage, ou on n’en a pas ! De la confiance, ou on n’en a pas ! Quelle que soit la faute, quand on pardonne, c’est entièrement ou pas du tout.

 

Ainsi, ce qui en nous peut pardonner ne peut pas être conditionnel. Cela n’est pas un développement du passé. Cela n’est pas chronologiquement compréhensible. Cela vient d’ailleurs. Cela transcende toute chronologie.

 

Et ce qui n’est pas chronologique, dans notre perception chronologique du temps, nous apparait comme venir de l’autre côté, de l’avenir : cela advient. Cela surgit et on a le choix de le rendre possible, ou de le laisser passer. Et quand ce choix se présente, il s’impose comme une évidence librement consentie. Pardonner s’impose comme une évidence librement consentie.

 

À ce sujet, vous pouvez lire l’article : l’avenir, tu n’as point à le prévoir, mais à le rendre possible.

 

Pièce de travail de Goethe (photo GL)

 

Nous connaissons tous ces moments où nous avons le choix de suivre nos inclinations, nos peurs, nos aversions, nos désirs de vengeance, ou de ne pas les suivre.

 

Gandhi parlait à ce sujet d’une mécanique de l’âme (voir l’article Êtes-vous pour ou contre ?) que l’on suit ou que l’on renonce à suivre. La mécanique de l’âme est ce qui se fonde dans le passé et réclame un dédommagement. Cette mécanique dira : œil pour œil et dent pour dent. Ne pas suivre la mécanique de l’âme, nécessite un renoncement. Un renoncement qui n’est le développement de rien, mais qui procède d’un choix le rendant possible. Le choix de renoncer.

 

Ce à quoi il s’agit de renoncer, c’est avant tout à suivre le besoin de compensation. Quelle que soit le reproche que l’on puisse faire à ceux qui nous ont précédés, nous avons le choix de renoncer à une compensation et de donner le meilleur de nous-mêmes dans le contexte que nous avons à disposition.

 

Quand un acteur sur la scène d’un théâtre souffre de ne pas avoir les bons accessoires, il peut soit aller se plaindre au costumier et à l’accessoiriste et passer des années à se plaindre, soit improviser avec ce qu’il a à disposition. Plutôt que de repousser ce qui ne lui va pas, il peut décider de s’y lier et d’improviser avec.

 

C’est cela que je comprends dans la phrase « On est adulte quand on a pardonné à ses parents. ». Cette phrase renvoie au plus intime d’un choix qui ne se discute pas en fonction des circonstances propres à chacun. Elle nous appelle juste à devenir responsable de notre vie, c’est-à-dire de ce que nous allons faire de ce qui nous a été donné de vivre.

Pour en savoir plus, lire l’article : C’est moi qui suis responsable de ce qui m’arrive.

 

***

 

Friedrich Schiller, le grand ami de Goethe, avait écrit en 1794, dans les Lettres sur l’éducation esthétique de l’Homme : L’Homme n’est pleinement Homme que lorsqu’il joue.

Cette phrase a pour moi la même signification que celle de Goethe.

Vous trouverez un article à ce sujet en suivant ce lien.

 

 

 

Si cet article vous a parlé, partagez-le avec vos proches.

Les commentaires sont bienvenus.

Bien à vous,

Guillaume Lemonde

 

[1] Extrait de la fiche Wikipédia : Johann Wolfgang von Goethe, né le 28 août 1749 à Francfort et mort le 22 mars 1832 (à 82 ans) à Weimar, est un romancier, dramaturge, poète, théoricien de l’art et homme d’État allemand. L’œuvre littéraire de Goethe comprend aussi bien de la poésie, que du théâtre, de l’épopée, de l’autobiographie, une théorie littéraire ainsi que des écrits scientifiques, Goethe étant passionné entre autres par l’optique, la géologie et la botanique. De plus, sa correspondance est d’une grande importance littéraire. Son roman, Les Souffrances du jeune Werther le rendit célèbre en Europe. Napoléon lui a demandé audience lors de l’Entrevue d’Erfurt. Avec Schiller et avec Herder et Wieland, il incarne le classicisme de Weimar. Son Faust est reconnu comme l’une des œuvres les plus importantes de la littérature de langue allemande.

QUELLE RESSOURCE DÉCOUVRIR AU CŒUR DES ÉPIDÉMIES

QUELLE RESSOURCE DÉCOUVRIR AU CŒUR DES ÉPIDÉMIES

 

QUELLE RESSOURCE DÉCOUVRIR AU COEUR DES ÉPIDÉMIES

Les épidémies, par nature, sont des phénomènes sociaux.

Elles circulent à travers les partages, les accolades, les poignées de mains… Elles s’épanouissent dans la proximité et débordent largement les destins individuels. Chacun est concerné par le phénomène épidémique ; chacun est interpelé par ce qui se passe. Bientôt, on l’observe facilement, chacun peut devenir méfiant à l’endroit de son semblable.

Bien-sûr, les médecins qui nous gouvernent à travers les conseils scientifiques, prennent des mesures qui, pour le bon sens, peuvent sembler cohérentes : si les épidémies se propagent à travers les rencontres, interdisons les rencontres… Interdisons les réunions de familles, les visites aux amis, les salles de spectacles, les restaurants, les magasins trop exigus. Interdisons aux personnes âgées vivants dans des maisons de retraites de recevoir leurs proches. Le contact avec un virus pourrait leur être fatal… Évidemment, diront certains. Il est bien sûr nécessaire de savoir comment protéger les plus fragiles. Mais peut-être n’est-ce pas en interdisant les visites.

Si l’on prend au sérieux le fait que les épidémies ne sont pas des phénomènes individuels, comme pourrait l’être une allergie, un ulcère de l’estomac ou une arthrose de hanche, mais qu’elles concernent la société, alors ce sont les liens sociaux qu’il s’agit de soigner.

En assignant à résidence une population pour empêcher la propagation d’une épidémie, on se comporte, à l’égard de la société, comme un médecin qui, pour empêcher la propagation d’un cancer, déciderait d’achever son patient. Assurément le cancer ne prospèrerait plus, mais à quel prix…

Alors soigner les liens sociaux durant une épidémie, qu’est-ce que cela signifie ?

Quel remède va-t-on pouvoir utiliser ?

Chaque personne, atteinte d’une maladie de nature épidémique, doit être évidemment soignée individuellement. Elle est individuellement atteinte par un phénomène social. Les médecins déterminent les traitements efficaces au cas par cas, et il se trouve que, contrairement à ce qu’affirment les multiples campagnes de dénigrement, instrumentées par des intérêts financiers[1], il y a des traitements efficaces.

Mais la question qui se pose ici est de savoir ce que chacun d’entre-nous pourrait offrir à la santé de l’organisme social. Si la rencontre est le lieu qui permet aux épidémies de prospérer, comment puis-je devenir moi-même un remède pour la rencontre ?

MAIS D’ABORD, QU’EST-CE QUE LA SANTÉ ? QU’EST-CE QUE LA MALADIE ?

Communément, les maladies sont assimilées à des dysfonctionnements. Elles évoquent une panne plus ou moins grave qu’il s’agit de réparer. Tout est alors entrepris pour supprimer le désagrément et, si possible, ce qui l’aura causé. Lorsqu’on y parvient, on estime avoir soigné. Pour ce faire, notre médecine s’est dotée d’un magnifique arsenal de médicaments capables de supprimer toutes sortes de désagréments. À dire vrai, les progrès de la pharmacologie réalisés depuis cent ans sont impressionnants.

Cependant, lorsque l’on considère la maladie comme une panne…

Lorsque l’on considère la maladie comme une panne, quelque chose de particulier se produit à l’endroit de la santé : elle nous apparait comme un état que l’on souhaiterait invulnérable. Dans une compréhension mécaniste de la chose, on en vient même à souhaiter que la machine biologique puisse devenir inaltérable et on se prend à vouloir la blinder, la protéger avec des artifices compensant ses faiblesses constitutionnelles. Les vaccins entrent dans cette logique. Ils sont le blindage d’une santé que l’on prend pour un rouage fragile[2].

C’est un point de vue, celui qui cherche, en amont des crises, les causes qui les ont provoquées, et en amont des maladies, les facteurs pathogènes. Chaque évènement étant causé par un événements lui étant antérieur, on cherche cette antériorité pour la combattre. L’épidémie passe par un virus : on combat le virus. Elle passe par la relation : on combat la relation.

On veut supprimer la maladie, l’épreuve, la crise, tout ce qui pourrait déranger.

Ce point de vue a cependant des conséquences.

Lorsque l’on voit la maladie comme ce qui corrompt la santé, on ne peut pas penser la santé comme fondée en elle-même, mais comme dépendante de l’absence de facteurs pathogènes.

De même, le bien-être ne peut se concevoir sans l’absence de tout ce qui pourrait être perturbant. Bref, on voit l’humain essayant de s’affranchir de ce qui pourrait apporter un désagrément. Il se coupe du monde et des autres et de soi-même. Il rêve d’un monde où tout est à sa place, un monde stérile et sans surprises.

Poussez un peu plus loin, la biologie vous semblera insuffisante. La mort, désagrément ultime, devra être supprimée… Les enfants devront être « fabriqués » en laboratoire, afin de leur transmettre un ADN sans faille. Finalement il faudra remplacer la matière biologique putrescible par des machines inoxydables. Le transhumanisme est l’aboutissement de ce point de vue.

Essayons de prendre au sérieux la chose suivante :

Lorsque l’on espère un monde dans lequel tout pourrait être fait pour qu’il n’y ait plus de maladies ni de crises, on espère un monde où les humains deviennent des machines. On espère un monde avec des codes QR, des implants et toutes sortes et des pièces de rechange. On se comporte comme une mécanique.

Et c’est bien normal, puisqu’en essayant d’expliquer ce qui arrive exclusivement à partir d’une antériorité, c’est l’humain lui-même que l’on voit comme un produit, celui d’une antériorité : un code génétique, une histoire de famille, un contexte socio-économique ont contribué à le « construire ». Étant fondé en une antériorité, il ne se vit pas comme fondé en lui-même. Il est déresponsabilisé de tout ce qui pourrait lui arriver. S’il tombe malade, c’est à cause d’un patrimoine génétique déficient, ou d’un virus, ou de quelqu’un qui le lui a apporté. Dans un monde comme celui-ci, c’est toujours à cause des autres qu’on a un problème.

Observons un instant les moments où nous nous disons que c’est à causes de certaines personnes que ce qui est mis en place ne fonctionne pas… Observons que nous raisonnons alors comme des machines qui voudraient voir le monde mieux programmé, mieux organisé. Et que tout le monde se conforme aux mesures, comme les éléments dociles d’une grande et belle mécanique.

On prend alors pour de la solidarité ce qui n’est en fait qu’un conformisme saturé de la peur de tomber malade, ou de voir la crise perdurer… 

POUR AUTANT, FAUT-IL QUE LES CRISES DEMEURENT ?

Et d’abord, qu’est-ce qu’une crise, si ce n’est un événement qui remet en question ce que l’on connait et donc ce qui vient du passé. Une crise est un événement qui nous pousse hors de nos façons de « fonctionner ». Nous n’avons, lors d’une crise, plus rien à quoi nous accrocher. Les crises remettent en question ce que nous avions mis en place dans le passé et donc ce qui, en nous, pourrait se comporter comme un automate : les habitudes, les réflexes, les automatismes, sont remis en causes par les crises.

Les crises secouent l’automate, pour voir s’il y a quelqu’un d’autre dedans…

Elles sont un appel à autre chose. À quelque chose de nouveau.

C’est même parce que quelque chose de nouveau est en train d’advenir qu’une crise se fait !

AINSI, NOUS POUVONS EXPLIQUER LES CRISES ET LES MALADIES DEPUIS DEUX POINTS DE VUE

Depuis le passé, nous recherchons dans le contexte un facteur déclenchant. Quelque chose, en amont, a déclenché le problème que nous rencontrons et nous traquons cette chose de façon à ce que le problème disparaisse. Ce point de vue, non seulement respectable, mais encore essentiel à notre vie quotidienne, est celui de la logique. Il permet de fonctionner au mieux dans le monde. C’est un point de vue important car il permet les automatismes nécessaires à un quotidien bien huilé.

Mais nous avons vu où cela nous conduit lorsque nous appliquons ce point de vue d’une manière unilatérale à l’humain lui-même. Cela conduit à voir l’humain comme le produit d’un contexte et d’une biologie, soumis à leurs déterminismes. Cela conduit à voir l’humain disparaitre, dans la tentative transhumaniste de faire disparaitre toute donnée biologique et contextuelle potentiellement perturbante.

Depuis l’avenir : expliquer une crise depuis l’avenir, c’est voir que quelque chose d’absolument nouveau est en train d’advenir et de remettre en question le déterminisme du passé. Une ressource nouvelle est appelée à devenir présente et c’est parce qu’elle n’est pas encore présente qu’une crise se forme. La ressource devenue présente permettrait de traverser la crise.

Depuis l’avenir, il ne s’agit pas de faire disparaitre la crise, mais de la traverser !

Traverser ce qui nous détermine.

Dans une crise, ce qui nous détermine, c’est par exemple la peur. La peur nous demande avec insistance de tout faire pour la calmer. La haine également. Elle nous demande avec insistance de l’assouvir.

Comme elles nous déterminent, la peur et la haine font de nous des mécaniques.

Nous leur répondons mécaniquement.

Traverser une crise, c’est traverser la peur et la haine.

Non pas les faire disparaitre, mais se tenir au cœur de ce qui s’est mis en place et rencontrer la peur et la haine sans les fuir ni leur succomber. Cela demande de se lier à ce qui s’est mis en place. Non pas rêver d’un monde vide de ce qui pourrait faire peur, mais se tenir dans le monde tel qu’il est, en lien avec ce qui est.

Rencontrer les autres et non pas les mettre à l’écart.

Depuis l’avenir, dire que les épidémies sont des maladies sociales, signifie qu’elles sont causées par la nécessité d’une ressource à découvrir. Une ressource agissante socialement. Tant que cette ressource n’est pas présente, nous avons l’illusion que l’autre est le problème. Nous avons peur de l’autre et nous méfions de lui. Quand elle le devient, l’autre est l’endroit d’une rencontre, au présent.

QUELLE EST CETTE RESSOURCE ?

Cette ressource est ce qui permet de ne pas succomber à la peur de ce qui agit depuis le passé, c’est-à-dire à l’enchainement mécaniques qui lie les causes aux effets. Avec cette ressource on ne rend pas les autres responsables de ce qui arrive. Si on tombe malade, ce n’est pas parce que quelqu’un nous a refiler un virus, mais parce que l’on est tombé malade… On renonce également à espérer que ce que nous faisons pour les autres nous soit compté en crédit.

Je pense aux médecins… Je comprends tellement bien que l’on puisse avoir peur d’être infecté par un malade… Et pourtant, sans traverser la peur de tomber malade “à cause” d’une personne malade, comment rencontrer cette personne et l’aider elle-même à traverser ce qu’elle vit ?

 Avec cette ressource, plutôt que d’imaginer que l’autre puisse être responsable de notre maladie, on peut vivre la rencontre au présent. L’autre, au présent, n’est pas un vecteur de maladie. Il est là, pour lui-même, un univers à rencontrer et la maladie s’offre comme une occasion de traverser la peur et la haine.

 Envier, souhaiter, attendre, sont des travers de ce qui en nous est mécanique et dépendant du bon vouloir des autres.

 S’engager pour les autres sans rien attendre d’eux, ni rien souhaiter, ni rien espérer pour soi en retour, c’est ce qu’une épidémie nous demande d’apprendre. Juste donner du temps, de l’aide, du soutien, du silence, du partage…

 Donner et, renonçant à attendre un retour, vivre que plus grand se donne dans la rencontre. On est récompensé au centuple par la joie et la chaleur qui sont là. Et par bien plus. On est récompensé justement parce que l’on n’attend aucune récompense.

 L’épidémie qui pousse tant de gens à espérer que reviendra le monde d’avant (le passé), est l’occasion de s’éveiller à cette ressource. Cela procède d’un choix. C’est libre. Une telle ressource ne peut pas être provoquée par la crise. Le serait-elle, qu’elle serait le produit mécanique de la crise et n’apporterait rien de nouveau dans le monde. Or, cette ressource s’approche depuis l’avenir et vient s’exercer dans le présent des rencontres.

Ce que nous vivons aujourd’hui, la peur des autres, du monde et de ce qui pourrait encore arrivé, est l’ombre portée de cette ressource qui aspire à être découverte. Elle ne veut pas le monde autrement, mais habiter le monde tel qu’il est.

Cette ressource, c’est l’amour.

Guillaume Lemonde

 

[1] Il vous faut savoir que l’AMM (autorisation de mise sur le marché) des vaccins actuels, est conditionnelle, car ces vaccins n’ont pas terminé le processus de validation. La condition, pour qu’ils puissent être d’ores et déjà commercialisés, est qu’il n’existe pas d’autres traitements efficaces. Admettre que des traitements puissent l’être, c’est risquer de voir les vaccins ne plus pouvoir être vendus avant la fin des essais cliniques. C’est pourquoi vous avez été témoins de ces polémiques entourant diverses personnalités préconisant certains médicaments. Je vous laisse imaginer les intérêts en jeux et les guerres de publications qui se font dans les grandes revues médicales : des publications honnêtes rencontrent des publications financées par ceux qui vendent les vaccins, tandis que des médecins viennent en parler sur les plateaux de télévisions sans qu’aucun journaliste ne s’enquière de savoir s’ils ont des conflits d’intérêts.

[2] Et il est vrai que nous sommes fragiles devant la fièvre jaune, par exemple…

BLOG – DERNIERS ARTICLES MIS EN LIGNE

VOULOIR AVOIR RAISON – une affaire de peur…

VOULOIR AVOIR RAISON – une affaire de peur…

VOULOIR AVOIR RAISON – une affaire de peur…

 

Vouloir avoir raison… ce sujet qui m’a été soufflé par une lectrice du blog Saluto (que je remercie), est d’une actualité nouvelle. Si la volonté d’avoir raison est sans doute vieille comme le monde, la polarisation des débats actuels lui donne une intensité toute particulière.

 Le sujet des mesures sanitaires, du virus et du vaccin a semé la zizanie dans tant de famille, qu’il est temps de se demander ce que cette propension à vouloir défendre un point de vue signifie. Qu’est-ce que cela a à nous apprendre sur nous-même ?

 Si un ami vous dit qu’il veut, ou qu’il ne veut pas se faire vacciner, dans un cas comme dans l’autre votre sang pourrait ne faire qu’un tour avant d’approuver ou de désapprouver son choix.

 Si c’est une désapprobation qui s’en vient, c’est que la décision de l’ami vous importe et qu’elle ne vous laisse pas tranquille.

Écoutez encore un peu en vous et vous trouverez que derrière cette désapprobation, il y a de la peur.

Alors il n’est pas étonnant qu’en cette période où les peurs sont exacerbées par les médias, beaucoup de gens veuillent que l’on sache qu’ils ont raison…

 

a- La peur de souffrir

Peut-être que cette décision de ne pas se faire vacciner vous fait peur car l’ami pourrait souffrir de la maladie. Souffrir de la maladie ou souffrir des effets secondaires du vaccin. Vous ne supporteriez pas de le voir souffrir.

Vous avez essayé de le raisonner et trouvé de nombreux arguments. Mais ne reste plus que la colère ou l’argument d’autorité. Vous voulez avoir raison de son aveuglement et vous êtes aveuglé vous-même à la peur de voir souffrir l’ami et vous le détestez pour cela.

Vous l’aimez et vous le détestez. Et c’est pour ça que vous voulez avoir raison : pour enfin retrouver la quiétude de ne plus avoir de sentiments négatifs.

Vouloir avoir raison, c’est ce que l’on fait quand on ne peut plus se tenir en soi d’une façon stable. C’est le dernier recours, la fin des haricots… Ça ne mène à rien.

Alors comment fait-on pour retrouver cette stabilité ?

Un article le décrit : Comment faire quand nous sommes déchirés par des sentiments opposés

 NB: Parfois la peur de souffrir se traduit par la peur de ne pas être compris, de ne pas être apprécié… L’exercice est le même.

 

 

b- La peur du chaos.

Peut-être que cette décision quant à la vaccination provoque un chaos ; un chaos dans le corps, avec toutes sortes de réactions, ou entre les gens qui deviendraient dangereux les uns pour les autres. Toutes sortes de théories circulent à ce sujet. Je n’ai pas ici à les commenter. Ce n’est pas le sujet. Le sujet est de comprendre que lorsque l’on veut avoir raison de l’ignorance de l’ami pour s’épargner la peur d’un chaos supplémentaire, on n’est pas présent à l’ami, mais à sa peur.

Et la peur nous place dans un monde polarisé. Il y a ce que l’on estime correct et ce que l’on n’estime pas correct.

Être présent, c’est intégrer les polarités.

Par exemple prendre un moment pour vivre : « Tout le monde est vacciné ». Restez avec ça et laisser vivre ce que cela déclenche chez vous. Ne raisonnez pas à ce sujet. Ressentez juste comment cela fait en vous, quand vous rendez cette proposition présente.

 Puis recommencez avec : « Personne n’est vacciné ». De nouveau, ne raisonnez pas à ce sujet. Ressentez juste comment cela fait en vous, quand vous rendez cette proposition présente.

 Dans un troisième temps, laissez résonner ces deux propositions ensemble. Ces deux expériences, souvenez-vous en ensemble, sans essayer, évidemment de les rendre compatibles. Elles ne le sont pas. Juste les garder ensemble comme on se souvient de deux notes de musique que l’on a entendu successivement et qui forme dans notre mémoire un intervalle.

 L’attention nécessaire pour le faire, donne une profondeur à partir de laquelle il est possible de rencontrer l’ami, sans vouloir le convaincre. On s’aperçoit que les convictions que l’on a, sont des biais cognitifs que l’on veut confirmer par ses lectures, refusant tout ce qui ne va pas dans leur sens. La profondeur exercée par cet exercice, permet de s’ouvrir à plus large que ce que l’on supportait et à rencontrer l’autre véritablement, plutôt que la peur que sa décision provoquait chez nous.

 

c- La peur que quelque chose fasse obstacle au projet que vous portez.

Peut-être que cette décision de ne pas se faire vacciner contrevient aux espoirs de voir tout le monde vacciner pour atteindre une immunité collective (que ce soit avéré ou pas qu’une vaccination de masse le permette). L’ami vous apparait alors comme un obstacle sur le chemin du mieux. Il est un ennemi des projets que vous portez et qui ne peuvent se réaliser à cause de lui. Bref, la peur de l’obstacle et de la mort de votre projet.

 Peut-être qu’à l’inverse vous désapprouvez cette décision de se faire vacciner car la vaccination fait peut-être, à grande échelle, le jeu de nouveaux variants et que, là aussi, l’ami vous apparait alors comme un obstacle sur le chemin du mieux. Il est un ennemi des projets que vous portez et qui finalement ne pourront se réaliser à cause de lui.

 Vous voulez le convaincre de faire ce qu’il faut pour que vous n’ayez plus peur. En fait cet ami et son choix sont bien loin de l’essentiel. L’essentiel, lorsque l’on avance avec un projet, c’est de ne pas oublier le projet. En général on l’oublie en focalisant sur l’obstacle. On a l’impression que la lutte contre ce qui fait obstacle est plus important que le projet lui-même, comme si le projet devenait la destruction de l’obstacle.

En réalité, ce qui fait obstacle, comme lors d’une ascension en montagne, n’est que l’occasion de repenser aux prochains pas. Si un rocher se dresse sur le chemin que j’arpente, je n’ai pas à me projeter derrière le rocher et vouloir coûte que coûte le dynamiter pour passer. Il est possible de faire un détour, qui n’en est pas un finalement, puisque le sommet que je vise est déjà dans les choix que je fais lorsque j’avance. 

Alors n’oublions pas que cette crise est une occasion offerte pour reformuler le projet en fonction des circonstances actuelles, sans attendre que l’ami se vaccine ou que tout redevienne comme avant.

Tant que l’on veut avoir raison et convaincre l’ami, on oublie de se poser une question des plus importantes :  qu’est-ce qui, dans mon projet empêché, est le plus important et ne peut être empêcher ? Par exemple, qu’est-ce que je peux faire, tandis que mon activité est arrêtée, été qui pourrait être utile pour la suite ? Cette question, même si elle ne change peut-être pas tout de suite la situation extérieure, va rendre possible et concrètes des choses qui dormaient jusque-là.

 

d- La peur du néant.

Peut-être que cette décision de ne pas se faire vacciner vous fait peur car l’ami est quelqu’un d’important pour vous et vous avez peur qu’il ne meure de l’épidémie.

À l’inverse, s’il veut se faire vacciner, vous avez peut-être peur car l’ami pourrait mourir des effets secondaires du vaccin.

En fait l’ami que vous voulez convaincre joue pour vous un rôle dans votre vie. Vous le savez : elle n’aurait pas le même goût s’il n’était plus là. Il est pour vous comme un soleil dans l’existence.

En somme, vous voulez le convaincre de faire ce qu’il faut pour que ce soleil ne s’éteigne pas.

Finalement, c’est le manque de confiance en la vie qui nous pousse à vouloir convaincre l’ami.

Peut-être est-ce l’occasion de découvrir comment vous ouvrir à la vie sans faire jouer ce rôle à cet ami. Cela permettrait à rencontrer l’ami pour lui-même et non comme l’objet précieux de votre vie à vous. Cela n’empêche pas que vous ayez vos convictions, mais en prenant garde de ne pas faire jouer ce rôle à l’ami, vous pourrez le rencontrer autrement.

Comment faire ?

Je vous laisse consulter l’article suivant : l’exercice qui le permet y est décrit.

La confiance de Mgr Myriel.

 

 

Bien à vous

Guillaume Lemonde

BLOG – DERNIERS ARTICLES MIS EN LIGNE

PROPAGANDE : la fabrique de l’obéissance

PROPAGANDE : la fabrique de l’obéissance

PROPAGANDE : la fabrique de l’obéissance.

S’éveiller à l’essentiel dans un monde bouleversé.

 

Si vous souhaitez une visioconférence sur ce sujet, laissez un commentaire en bas d’article.

À partir de douze personnes, je la mettrai en place courant juin 2021.

 

 

Chaque jour, à travers les journaux, la radio, la télévision, l’affichage publique et internet, nous sommes soumis à de la propagande.

Nous n’en avons évidemment pas conscience. Une propagande réussie sait se faire oublier. Mais de fait, par tous les moyens disponibles, de multiples messages nous sont adressés pour que nous soyons conduits à adopter les opinions et le comportement souhaité.

 

 

QUELQUES NOTIONS HISTORIQUES AU SUJET DE LA PROPAGANDE

 

 

–       La propagande politique moderne apparait au XIXe siècle

 

Avec l’industrialisation, se concentre dans les villes une importante main d’œuvre ouvrière que les leaders du mouvement socialiste cherchent à amener à une action collective. Pour ce faire, ils adoptent le vocabulaire de la religion nommant « doctrine » leur discours politique et appellent « propagande » les méthodes de sa diffusion au sein de la population ouvrière.

 

–       Dans ce contexte est théorisée une « psychologie des foules »

 

Dans l’ouvrage « Psychologie des foules » Gustave Le Bon esquisse les bases de la manipulation des masses[1].

Pour Le Bon, « L’âge où nous entrons sera véritablement l’ère des foules. […] Aujourd’hui ce sont les traditions politiques, les tendances individuelles des souverains, leurs rivalités qui ne comptent plus, et, au contraire, la voix des foules qui est devenue prépondérante. »

— Gustave Le Bon, Psychologie des foules, 1895.

 

 

–       Avec l’apparition du suffrage universel apparait la nécessité de convaincre.

 

L’arrivé des partis politiques et l’émergence des médias de masse redéfinissent les rapports entre gouvernants et gouvernés.

 

La propagande devient alors l’ensemble des méthodes destinées à diffuser une idée et à la faire accepter.

 

 

–       Edward Bernay, met en pratique la manipulation de foule.

 

Pendant la Première Guerre mondiale, Edward Bernay, publiciste, considéré comme le père de la propagande moderne, est engagé par le président des États-Unis Woodrow Wilson pour faire basculer l’opinion américaine en faveur de l’entrée en guerre. La campagne de propagande est si intense qu’une hystérie antiallemande en résulte. Cela impressionne l’industrie américaine, qui découvre que l’on peut influencer l’opinion publique d’un pays entier et qu’il devient possible de transformer les citoyens en consommateur. Acheter ne doit plus relever du strict besoin mais du désir.

 

 

–       En 1919 Edward Bernay remplace le mot propagande par relations publiques

 

Il veut enlever à ce mot la connotation négative qu’il avait acquise. Il écrit en 1928 :

« La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. Nous sommes, pour une large part, gouvernés par des hommes dont nous ignorons tout, qui modèlent nos esprits, forgent nos goûts, nous soufflent nos idées. C’est là une conséquence logique de l’organisation de notre société démocratique. Cette forme de coopération du plus grand nombre est une nécessité pour que nous puissions vivre ensemble au sein d’une société au fonctionnement bien huilé. »

— Edward Bernes, Propaganda, 1928.

(Vous pouvez lire le livre de E. Bernay en suivant ce lien)

 

–       Dans une société basée sur le pouvoir décisionnel de la majorité, ceux qui peuvent générer une opinion majoritaire, ont le pouvoir.

 

 ***

MAIS COMMENT S’Y PRENDRE pour que la propagande soit efficace ?

 

Comment s’y prendre pour contraindre des gens, sans qu’ils ne s’aperçoivent qu’ils ne sont pas à l’origine de leurs opinions. Comment manipuler des gens au point qu’ils soient satisfaits de penser ce que l’on veut leur faire penser ?

 

Il faut évidemment pouvoir les endormir ; endormir leur attention, ne pas leur parler individuellement mais les noyer dans une masse anonyme et s’adresser à cette masse de gens comme à un être, une sorte d’âme groupe. La masse des gens a en effet des caractéristiques particulières qui la rende bien plus vulnérable à la suggestion que chaque individu pris isolément.

 

Lorsqu’on connait ces caractéristiques, on devient le maître.

 

 

***

 

LES CARACTÉRISTIQUES DE LA MASSE ANONYME

(psychologie des foules)

 

Gustave Le Bon montre dans Psychologie des foules que le comportement d’une masse de gens diffère de ceux d’individus isolés, en effet, une masse anonyme, une foule a des caractéristiques qui se déduisent de l’attention endormie des individus isolés.

 

 

Être attentif, c’est être présent à ce qui est.

 

Quand on est inattentif, on pense à autre chose, on n’est pas présent à ce qui est, mais à ce que l’on aimerait qui soit. On redoute ce qui pourrait arriver et l’on espère ce qui pourrait nous rassurer.

 

Ainsi, par nature, une foule redoute et espère.

 

C’est le propre des foules. Quand on manifeste par exemple, c’est que l’on redoute quelque chose et que l’on espère que ça change…

 

 

a-   C’est pourquoi, pour qu’une masse anonyme (et donc utilisable par la propagande) puisse se former, il faut d’abord faire redouter quelque chose. Faire peur !

 

Que les gens puissent redouter quelque chose et leur présenter ensuite ce que l’on veut leur faire adopter, comme ce qui permettra d’espérer une sortie de crise.

 

Par exemple, vous profitez d’une situation sanitaire difficile en la présentant comme encore plus catastrophique qu’elle n’est et vous aggravez la catastrophe en empêchant les médecins de soigner. Vous interdisez les médicaments qui pourraient être utilisés et renvoyez les patients à la maison avec du Paracétamol. Laissez les malades saturer les services de réanimation sans permettre aux cliniques de venir en aide. Déclarez : « Nous sommes en guerre » et faites peur par tous les moyens en désignant l’ennemi, ici un virus.

 

Ce faisant, vous paralysez en chaque individu la confiance en la vie. La confiance est cette faculté d’attention qui permet d’être disponible et ouvert à tout ce que la vie propose, même à la mort. Quand on est attentif à chaque instant, chaque instant apparait dans son unicité, dans sa particularité. Il n’y a pas deux moments identiques. La vie est alors surprenante, inédite, extraordinaire. Quand on est ouvert à tous les possibles, il n’y a pas de mauvais ou de bons moments en soi. Ils ne sont mauvais ou bons qu’en rapport à ce que l’on espère ou redoute. Quelqu’un de confiant est en paix. Il aime la vie qui est bonne en soi (même si des épreuves se présentent) et ne redoute pas la mort.

 

Ainsi, quand on fait peur aux gens et qu’on leur dit que le moment que l’on traverse est pire que tout, ils basculent facilement dans un monde où il n’y a plus de perspectives. Leur attention à l’extraordinaire de la vie est mise à l’épreuve. N’étant plus disposés à être ouverts à tous les possibles, n’ayant plus confiance, ils se retrouvent enfermés dans leur quotidien et ont besoin de quelque chose ou de quelqu’un qui leur redonne espoir. Ils ont incorporé une foule anxieuse, prête à accepter tout ce qui pourrait donner un espoir de s’en sortir. Par exemple un vaccin que l’on voit bientôt comme la seule issue possible.

 

À ce stade vous avez sapé la confiance. Vous avez votre foule et pouvez commencer à la travailler !

 

 

b-   Par définition, ce que vous voulez apporter est contraire à ce que veulent beaucoup de gens, sinon il n’y aurait pas besoin d’exercer sur eux une propagande.

 

Ainsi, ceux qui ne se sont encore incorporés dans la foule anonyme et n’adhèrent pas encore à votre produit ou à votre idée pour se rassurer, pourraient vous échapper. Leur confiance ébranlée par votre manœuvre les a rendus peureux, mais ils ont également peurs de la solution que vous voulez leur proposer…

 

Par exemple, dans un cas d’épidémie, ils ont peur du virus que vous avez présenté comme le mal absolu afin de vendre votre vaccin. Mais ils ont également peur des effets secondaires du vaccin. C’est dommage.

 Faire en sorte que le mal que représente à leurs yeux ce à quoi vous voulez qu’ils adhère leur apparaisse comme un moindre mal. (un moindre mal est encore un mal, mais une foule ne raisonne pas).

 

Dresser sur le chemin de cette foule anonyme des obstacles tels qu’elle sera bloquée dans ses projets. Et votre produit sera là pour la libérer.

 

Quand on est attentif, éveillé, présent, on chemine avec son projet. On le porte de pas en pas et chaque obstacle est l’occasion d’imaginer le prochain pas. Mais quand on ne parvient pas à rester présent au pas que l’on fait en ce moment, on se projette dans le résultat escompté et on bute contre toutes sortes d’obstacles que l’on avait pas vu venir. On a l’illusion qu’il faut les anéantir pour servir son projet. On a l’impression que ce sont eux qui empêchent le projet. On bute contre eux sans plus être attentif à trouver des voies alternatives.

Alors mettez en place toutes sortes d’obstacles, bloquer les mouvements de la foule, fermez lui les frontières, fermez les magasins, les entreprises, les salles de spectacles, les lieux de loisirs… La foule, cet être anonyme, va se débattre en vain et capituler dans l’attente que les choses reviennent en ordre.

 

Les gens éveillés n’attendent pas que les choses reviennent en ordre : ils revisitent leur projet à la lumière des circonstances actuelles et posent un pas dans une nouvelle direction. Ils restent au présent, attentifs et imaginent des solutions et des chemins nouveaux pour avancer avec ce qui leur est important.

 

Mais quand l’obstacle est trop grand et qu’il n’est même pas possible d’aller voir les gens qui pourrait donner courage ou assistance dans cette situation… il est facile de le perdre ce courage et de s’agglutiner à la foule anonyme qui espère qu’on lui donne enfin la clef qui lui permette de se libérer des obstacles présents.

Bref, à ce stade, vous avez sapé le courage d’avancer et les gens courent se faire vacciner pour pouvoir voyager et aller au restaurant.

 

 

c-   À ceux qui n’ont pas de projet à concrétiser, reste le réconfort des rencontres, des liens sociaux.

 

Quand on est présent à ceux que l’on aime, on découvre que cette présence est indépendante de la proximité. On est avec ceux que l’on aime même si l’on ne peut pas les voir (C’est quand on n’est pas présent que l’on peut dire « loin des yeux, loin du cœur »).

Mais quand on est assigné à résidence, que les frontières sont fermées et que les familles ne peuvent voir leur proches, sans savoir combien de temps cela va durer, alors on se projette dans la peur que cela dure longtemps. On se projette et on oublie d’être présent. L’attention est de nouveau mise à l’épreuve. Les conditions carcérales de la distanciation mise en place participent à faire plonger chacun dans une foule manipulable à souhait.

Les sentiments, au milieu desquels il n’est alors plus possible de se tenir en paix, se vivent de façon polarisée. On n’aime et on n’aime pas de façon tranchée. On adore ou on déteste. Ainsi ressent la foule. Il y a ceux que l’on aime et qui nous manquent et ceux que l’on n’aime pas parce qu’ils nous empêchent de voir ceux que l’on aime. Il y a les anti-vax et les pro-vax, les anti-masques et les pro-masques, les conspirationnistes et les moutons…

Cette polarisation est le fait de la foule anonyme manipulable. D’ailleurs la foule est polarisée elle aussi. Il y a la foule qui suit la propagande et la foule qui ne la suit pas encore mais qui à son insu fait le jeu de la propagande en tombant dans cette pensée binaire (qui n’est pas une pensée).

 À chaque fois que l’on demande à quelqu’un s’il est pour ou contre les vaccins ou telle personnalité, on s’adresse à ce qui chez lui est noyé dans une foule manipulable.

 

Et la foule, dans ses excès de sentiments polarisés, va exercer à la place de ceux qui tirent les ficelles de la propagande, une pression sur les réfractaires, de façon à ce que tout redevienne comme avant.

Bref, à ce stade vous avez sapé la stabilité intérieure. Les gens sont pris par leurs émotions. Ils jugent, deviennent susceptibles, émotifs. Ils se sentent seuls et ont besoin d’être protégés (de ceux qui ne se protègent pas, et par ceux qui veulent leur vendre leur produit pour que cesse ce calvaire).

 

d-   Cependant, certains vous échappent encore : ceux qui réussissent à analyser la situation.

 

Il va falloir endormir leur attention une fois encore, car les informations qui circulent pourraient trahir votre projet de manipulation de masse. Il est important que l’attention, que les gens peuvent diriger vers ces informations, soit mise à mal.

 

Quand on est attentif, on est présent aux informations que l’on reçoit et on peut donc les tenir toutes ensemble, même si elles sont paradoxales. On peut se tenir au cœur même d’un paradoxe sans choisir l’information que l’on préfère. On peut ainsi atteindre une certaine objectivité. Sinon, inattentif, on éjecte ce qui du paradoxe ne nous plait pas et on reste avec la pensée qui nous plait. On est subjectif. La foule est subjective. Elle ne pense pas. Elle juge. Ceux qui lui déplaisent sont appelés conspirationnistes. Un scientifique quant à lui n’a pas à avoir de préférences et de sentiments dans son travail de pensée. Il analyse les informations et les gardent toutes, même les plus paradoxales. Même celles qui ne lui plaisent pas.

 

Donnez des informations paradoxales et incohérentes à n’en plus finir, et vous mettrez à mal l’attention des gens. Vous les rendrez subjectifs et donc manipulables une fois encore.

 

Permettez les transports dans le RER parisien sans distanciation possible et interdisez aux gens de se baigner en Bretagne alors qu’ils sont seuls dans l’eau. Laissez certains commerces ouverts et fermez-en d’autres. Dites tout est son contraire, que tel médicament fonctionne bien et qu’il ne fonctionne pas. Invitez des experts sur les plateaux de télévision. Beaucoup sont caviardés de conflits d’intérêts (conflits d’intérêt en faveur de ceux qui exercent la propagande). Ils vous diront blanc quand les autres diront noir. Changez les normes épidémiologiques en cours de route. Comptez d’abord les malades, puis les cas de laboratoire. Dites que les cas sont malades et mélangez les courbes. Ne remettez pas le nombre de décès à zéro une fois par an comme cela se fait normalement pour toutes les autres épidémies.

 

Comme il n’est pas possible d’effacer toutes les vidéos de vos contradicteur sur YouTube, semer de l’ignorance en noyant le poisson dans une multitude de données. Financez des recherches biaisées dans le Lancet et basez-vous dessus, même si le Lancet récuse deux semaines après l’article en question. Et changez les données souvent : l’heure du couvre-feu, la couleur des zones, le nombre de convives acceptés à un mariage, qui doit être différent du nombre de gens prenant part à un enterrement, différent du nombre de participants à un cours…

Bref, à ce stade vous avez sapé la profondeur intérieure qui permet de percevoir la réalité du monde dans toute sa profondeur. Et voilà que les gens sont occupés avec des détails qui sont tous sur le même plan. Ils focalisent sur une multitude de faits et perdent la vue d’ensemble. Ils ont perdus leur esprit critique et n’osent pas penser certaines choses de peur que la foule se retourne contre eux en les traitant de complotistes.

 

 ***

 

C’EST À CELA QUE RESSEMBLE LA GUERRE FAITE À LA FACULTÉ D’ATTENTION

 

« Une guerre est une lutte armée, en vue de défendre un territoire, un droit ou de les conquérir, ou de faire triompher une idée »[2]. La guerre faite à la faculté d’attention vise à endormir les individus de façon à orienter le consentement des masses, en vue de faire triompher une idée.

La guerre faite à la faculté d’attention a pour objectif l’obéissance de la masse.

 

C’est une lutte armée par la propagande.

Elle nous appelle à être présent, à sortir de la foule anonyme où certains voudraient nous voir sombrer.

Les guerres du XXIème siècle sont et seront essentiellement des guerres de la pensée, menées par des moyens de propagande.

Exercer la confiance, le courage, la stabilité intérieure et la profondeur n’est plus une option. Il en va de notre humanité. De notre liberté.

Aucune crise ne viendra nous réveiller. Les crises s’épanouissent au contraire grâce à notre assoupissement.

Notre attention est requise et ne peut s’éveiller que par une décision individuelle. Chacun en a l’occasion, à chaque instant.

Il suffit pour cela de rencontrer et de reconnaitre la peur qui est prête à nous engloutir dans une foule manipulable à souhait et de décider de ne pas la fuir ou de la calmer.

Décider de contempler sans tomber dedans ni se reculer :

a- La peur de ne plus jamais retrouver le monde d’avant, qui n’est autre que la peur de la vie ;

b- La peur de ne plus pouvoir voyager, de ne pas pouvoir circuler, que les obstacles qui se dressent soient trop durs à franchir. La peur de la mort de son entreprise ;

c- La peur d’être seul, isolé, loin de ceux que l’on aime. La peur de souffrir ;

d- La peur de ne rien y comprendre, de ne rien maitriser. La peur du monde.

Exercer la présence dans ces quatre domaines est essentiel aujourd’hui. Notre époque est une opportunité pour le faire.

Ne pouvant exposer ces exercices dans le cadre de cet article déjà assez long, je vous laisse consulter le site Saluto.

Vous trouverez ce que vous chercher en suivant ce lien et je donne le soin à  Sénèque de conclure par cette phrase : 

La preuve du pire, c’est la foule.

Si vous souhaitez une visioconférence sur ce sujet afin d’aller plus avant avec ce sujet et d’aborder les exercices en question, laissez un commentaire en bas d’article. À partir de douze personnes, je la mettrai en place.

Bien à vous.

Guillaume Lemonde

 

 

 

 

[1] Les idées contenues dans Psychologie des foules jouèrent un rôle important au début du XXe siècle. Hitler (Goebbels), Mussolini, Staline et Mao, passent pour s’être inspirés de Gustave Le Bon, ainsi que des républicains, comme Wilson, Roosevelt, Clemenceau, Churchill, de Gaulle, etc.

[2] Centre national de ressource textuel et lexical.

BLOG – DERNIERS ARTICLES MIS EN LIGNE

NOUS VIVONS DES TEMPS INCERTAINS

NOUS VIVONS DES TEMPS INCERTAINS

Ces derniers temps, nous ne pouvons pas prévoir grand-chose. Nous vivons des temps incertains et avons à nous adapter aux mesures et aux contre-mesures.

 

Faire des projets, des plans, n’est pas facile. On doit programmer puis déprogrammer puis reprogrammer au grès des confinements et déconfinements et reconfinements…

 

Nous aimerions tous, j’imagine, y voir plus clair, savoir de quoi sera fait demain, après-demain et les jours suivants. Nous aurions besoin de quelque certitude afin de pouvoir prévoir.

 

Je pense à toutes ces personnes qui vivent des drames professionnels, ne pouvant rien programmer… À quel moment pourront-elles reprendre leurs activités empêchées. Faudra-t-il s’interrompre de nouveau en automne ? Je pense aux étudiants qui ne peuvent pas trouver de job pour financer leurs études et qui ne savent pas comment s’inscrire pour l’année prochaine. On peut penser à bien du monde qui aurait besoin de pouvoir prévoir de quoi sera fait demain.

 

Mais ce que je voudrais apporter ici, c’est que ces incertitudes nous offrent peut-être l’occasion de découvrir quelque chose d’important…

 

Tant qu’à faire, si nous ne pouvons pas prévoir grand-chose, autant apprendre de cette situation particulière.

 

L’autre jour, je m’imaginais un monde où tout serait prévisible, tout serait certain. Quelle tranquillité ! Quelle sécurité. Les prochains cours programmés pourraient avoir lieu le jour prévu, et de la façon prévue.

 

Imaginez un monde où tout serait certain, tout serait prévisible. Tout ce que l’on aurait projeté arriverait comme prévu.

 

Dans ce monde, demain ressemblerait à ce que l’on avait pensé hier. Demain serait le prolongement d’hier. Il serait fondé sur hier.

 

Mais dans un tel monde, il ne se passerait rien de nouveau. Chaque événement ne serait que la conséquence des évènements passés. Tout se déroulerait logiquement, sans surprise.

 

Sans surprise, cela signifie sans mauvaise surprise, mais également sans bonne surprise.

 

La vie répondrait à nos souhaits. Elle ne déborderait pas au-delà de nos souhaits. Elle serait étroite comme nos souhaits.

 

Ça fait du bien de pouvoir prévoir, et en même temps, il est peut-être bon de comprendre que cela fait du bien, parce que l’on reste dans ce qui est connu : prévoir, c’est réduire un instant la vie à l’étroitesse de ce que l’on peut en comprendre et en accepter.

 

Nous avons deux mots en français pour parler de demain. Le futur et l’avenir. Le futur, c’est ce que l’on peut prévoir. Les futurs époux, par exemple, ont inscrit leurs noms sur les bancs matrimoniaux. Il est donc prévisible qu’ils s’épousent. Le futur, c’est le prolongement du passé. C’est étroit comme ce que l’on connait.

 

Et puis il y a l’avenir. L’avenir, advient. Il s’approche de nous depuis l’autre côté. Il est donc par nature ce qui est imprévisible, incertain, inédit, original… Il déborde au-delà de ce que l’on prévoit.

 

Ainsi, les incertitudes que nous pouvons vivre sont l’occasion de nous ouvrir à l’avenir.

 

Elles nous font toucher à ce qui est en dehors de ce que l’on porte comme projets, comme espoirs, comme référentiels… Elles nous font toucher à plus grand que nous.

 

Avec les incertitudes, nous rencontrons autre chose que nous-mêmes. Nous rencontrons la vie et tous ses possibles, l’autre dans son originalité.

 

On sort d’un référentiel personnel et on découvre des référentiels au-delà de soi.

 

En fait, on pourrait même dire qu’il n’y a pas de transcendance sans incertitudes. Toute notion de transcendance disparait du panorama quand on croit pouvoir tout prévoir.

 

Ainsi, quand nous sommes confrontés à des incertitudes, nous sommes appelés à imaginer l’inimaginable, à oser inventer des solutions inédites, incertaines, originales. Cela demande du courage, de la disponibilité à accueillir ce qui est comme ça vient, de la stabilité…

 

Une métaphore me vient : la tempête à l’issue incertaine donne l’occasion au marin de découvrir en lui cet endroit stable à partir duquel il peut naviguer. Non pas que la tempête éveil à cette stabilité… Le marin préférerait la certitude de pouvoir rentrer au port… Mais la stabilité, le courage, la confiance, s’exercent dans la tempête.

BLOG – DERNIERS ARTICLES MIS EN LIGNE