MÉDECINE ANCIENNE, MÉDECINE NOUVELLE

MÉDECINE ANCIENNE, MÉDECINE NOUVELLE

 

 

MÉDECINE ANCIENNE, MÉDECINE NOUVELLE

 

La médecine, comme toute pratique touchant à l’humain, suit une ancienne forme de pensée et est en même temps appelée à en découvrir une nouvelle. L’ancienne forme de pensée est celle qui s’intéresse à la maladie pour elle-même, indépendamment de l’être qui en souffre. C’est une pensée sans lien avec l’humain. Une pensée qui voit l’humain comme une information parmi d’autres. Bien-sûr, la souffrance est prise en compte, mais aucun lien ne se fait entre l’être en devenir et la maladie qu’il exprime : on voit les effets psychologiques que la maladie peut avoir et ce que le malade peut faire pour agir favorablement dans le processus de guérison, mais on ne voit pas que la maladie exprime une étape du cheminement intérieur. La nouvelle forme de pensée met l’humain au centre. Elle relie l’humain à la nature et la nature à l’humain. Elle énonce que pour comprendre la nature d’une maladie, il s’agit de comprendre l’être qui en est atteint.

 

J’ai évoqué ce fait dans l’article : Médecine dure, médecine douce, faux débat.

 

J’ai envie de vous faire part d’un exemple:

 

Julia m’offrit un sourire en s’asseyant devant moi. Elle venait pour la première fois.

-Bonjour, lui dis-je. Racontez-moi…

-Je viens vous voir parce que j’ai des nausées quand je prends les transports en commun.

Des nausées dans les transports en commun… Julie venait en quelque sorte de présenter sa carte de visite. Le mal de transport était ce dont nous devions nous occuper. Je remarquais aussitôt qu’un petit tiroir s’ouvrait en moi. L’université enseigne de belles choses au sujet de l’oreille interne et du circuit la reliant aux yeux et au cervelet. En me présentant son symptôme, Julia m’invitait à ouvrir ce tiroir. Je le savais plein de données physiologiques et thérapeutiques. Plein de médecine. Mais je résistais à la tentation d’y jeter un œil. Car enfin, que disent les cartes de visites de leur porteur ? Leur nom ? Leur adresse ? Le vélin premier choix et le carton bon marché ne logent pas au même endroit… Mais tout cela n’en dit pas plus que leurs chaussures ou leur costume. Cela ne dit pas en quoi la personne qui les porte est unique au monde. Cela ne dit pas quelles questions essentielles elle recèle dans son cœur, ni les tourments qui l’habite, ni les joies qu’elle rencontre sur son chemin.

Depuis sa fondation au XIIIème siècle, l’Université de médecine est une grande experte en carte de visite. Elle les rafistole et corrige – dans une certaine mesure – ce qui vient les souiller. Elle use de microscopes et de fines lames tranchantes. Elle a pour chaque cas, une conduite à tenir. Pour chaque problème un spécialiste. Elle rend des services inestimables, mais elle méconnait l’essentiel. Car l’essentiel n’est pas écrit sur la carte de visite. Il ne se reconnait pas aux chaussures ou à l’habit, aussi vrai que l’habit ne fait pas le moine.

-Dites m’en plus…

– Eh bien, souvent ça va, mais parfois je ne me sens pas bien. J’ai des nausées, le cœur qui tape vite. Je suis comme sous tension, nerveuse, inquiète.

En écoutant Julia, j’avais envie de comprendre pourquoi parfois oui ou parfois non. Je voulais trouver de quel tiroir tirer l’explication capable de remplir ce vide insoutenable. Soulager mon interrogation d’une réponse satisfaisante. Était-ce le bruit ? La fatigue ? L’air raréfié des transports du soir ? Toutes ces hypothèses stériles venaient d’elles-mêmes, automatiquement, sans que je n’aie rien à faire pour ça. Elles insistaient pour que j’ouvre certains tiroirs et que je réfléchisse à elles. Les efforts de réflexion qu’elles me poussaient à faire n’étaient que des efforts d’automates. En me prêtant à leur jeu, j’avais peut-être l’illusion d’accompagner le processus, mais je n’accompagnais rien du tout. Je courrais derrière, tout au mieux.

C’est une chose trop oubliée : les questions qui nous viennent sont grosses des réponses qui les font naitre. Ce sont les réponses qui, en s’approchant, font naitre des questions. Elles s’approchent depuis l’avenir, inédites, uniques, propres à la situation que l’on rencontre. Alors, si l’on néglige le moment où les questions se forment en essayant de les combler tout de suite avec ce que l’on sait déjà, on empêche que se révèle celles qui veulent venir.

 

 

Julia avait fait un geste en parlant de sa nervosité. Elle avait resserré les bras autour de sa poitrine, fortement.

– Ce geste-là…

– Celui-là ?

– Oui, restez comme ça.

– Comme ça ? demanda Julia en laissant ses bras serrés.

– Oui, et intensifiez le geste.

Alors Julia serra plus encore et elle devint blême.

– J’ai la nausée.
– Décrivez moi ce qui se passe.

– J’ai la nausée. J’ai peur aussi. C’est comme si…

– …

– C’est comme si, j’étais prise.

– …

– J’étouffe. C’est la même tension que je connais. Comme si on allait se jeter sur moi et m’attaquer. Je suis sur mes gardes dans les bus et les trams. On pourrait m’attaquer.

– Restez avec ça.

– C’est dangereux. Oh, la nausée…

 

Julia resta quelques minutes en silence.

Les yeux étaient fermés. Je les voyais bouger dans leur orbite. Elle n’allait manifestement pas bien. Quelque chose en moi voulait interrompre ce processus dans lequel je l’avais plongée. Pourtant, le voyage que Julia faisait, pour désagréable qu’il était, n’en était pas pour autant dangereux. Elle revivait ce qu’elle connaissait déjà quand elle prenait les transports en communs et avait cette fois-ci l’opportunité de traverser le problème plutôt que de lutter contre lui.

– Quelque chose se cache dans l’ombre quelque part. Ça m’observe. C’est comme quand j’étais petite. Mon père était violent quand il buvait. Nous, les enfants, nous nous tenions à carreau pour ne pas recevoir une beigne. Ça partait sans prévenir, d’un coup. Clac ! Ça nous dessoudait la tête sans qu’on le voie venir.

Quand on s’occupe juste de diagnostics, quand le focus est mis sur la carte de visite et non sur son porteur, on n’a pas vraiment de raison de se satisfaire d’une carte de visite abimée. On se donne de supprimer tous les symptômes dérangeants. En revanche, lorsqu’on écoute le porteur de la carte, ce n’est plus la maladie qui dicte ce que l’on doit faire, mais celui qui en souffre. Aller bien, c’est pouvoir faire un pas là où l’on était bloqué. La suppression des symptômes, même si elle est souvent nécessaire, n’est pas une fin en soi. Ce qui compte, c’est d’aider la personne qui souffre à faire de nouveau un pas. L’aider à ne pas rester bloquer là où elle se trouve, mais à traverser cette souffrance.

Le processus dura une demi-heure. Pendant une demi-heure se succédèrent des phases de nausées et phases d’apaisement. Et enfin Julia ouvrit les yeux.

Ce dont Julia me parlait, ce n’était pas d’un problème d’oreille interne. Peut-être en avait-elle un, mais ce n’était pas le sujet de son propos. L’oreille interne, c’est le contexte, c’est le décor. Son sujet était que quelque chose l’attaquait par surprise depuis une position cachée et qu’elle était sur ses gardes, tendue jusqu’à la nausée. Elle avait à rencontrer cette peur et à la traverser.

Comment aurais-je pu l’entendre en fouillant dans mes cours d’ORL ? Je ne dis pas qu’il faille jeter au rebus les connaissances que l’on a. Il s’agit simplement de les laisser à leur place sans leur donner la fonction de combler le vide. Ce n’est pas en comprenant le décor de nos maladies que l’on comprend ce que celles-ci représentent pour la personne qui en souffre. Certes, il est important de comprendre le décor pour contribuer à faire disparaitre les aspérités, si nécessaire. Mais il est tout aussi important d’écouter la personne qui chemine dans ce décor et de l’aider à traverser ce qui pèse.

Ces deux points de vue ne s’excluent pas.

Il y a ce qui regarde le contexte – la carte de visite – et qui lutte contre la maladie. C’est le point de vue qui sait comment certaines causes entrainent certaines conséquences ; le point de vue qui cherche dans le passé à identifier ces causes. Et puis il y a ce qui s’intéresse à l’être en train d’advenir à lui-même. Cet être, bloqué dans la maladie, cherche à faire un pas vers lui-même et à se libérer du mal qui l’occupe. En fait la maladie qui nous fait souffrir, en nous contraignant, crée l’opportunité extérieure de découvrir cette liberté. Ce à quoi le thérapeute pourrait contribuer, c’est à permettre l’opportunité intérieure qui la rende possible.

Lorsque Julia revint deux mois plus tard, elle m’annonça que les nausées n’étaient pas réapparues. Elle avait refait plusieurs fois le geste de serrer les bras contre sa poitrine. Plusieurs fois elle avait ressenti la peur que lui faisait son père, jusqu’à ce qu’un jour celle-ci s’évapore également.

 

Guillaume Lemonde

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LE GRAND DANGER DU GUIDE SUPRÊME

LE GRAND DANGER DU GUIDE SUPRÊME

 


Dr Faustus – Rembrandt (1606-69)

L’originalité de la démarche Saluto est de donner les moyens de percevoir l’origine des difficultés rencontrées, non dans des causes passées à résoudre, mais dans la nécessité de faire advenir des ressources permettant de jouer librement avec ce qui se présente. Caractériser, identifier ces ressources fondamentales encore à venir et permettre d’exercer à les rendre présentes, est au centre de son expertise.

 

 

Le grand danger du guide suprême, c’est ce dont je voudrais parler ici…

 

Beaucoup de gens me disent : « on n’y comprend rien ! »

Un coup les masques ne servent à rien, un autre coup ils deviennent obligatoires. Des médecins disent ceci tandis que d’autres disent cela. Les traitements, les vaccins, les mesures… On dit blanc, on dit noir. Le pompon, c’est d’entendre certains affirmer qu’il faille protéger les gens vaccinés des non-vaccinés !

Mais arrêtons là. L’objet de ce texte n’est pas de relever les incohérences. L’objet de ce texte, c’est d’évoquer, à l’occasion de ce qui nous occupe aujourd’hui collectivement, un danger qui nous guette et qui est bien plus grand que tout ce que l’on peut imaginer. Un danger qui n’est pas encore actuel mais qui est lisible dans ce qui se passe, comme s’il déposait déjà aujourd’hui sa marque dans ce que nous vivons.

 

Si je vous parle d’un danger à venir, vous chercherez peut-être dans un passé plus ou moins proche de quoi nourrir la compréhension de ce qui se prépare.

 

Et c’est sans peine que vous pourrez laisser les lignes de forces existant aujourd’hui aboutir au pire scénario d’un film de science-fiction.

Cela rejoint ce que Laplace disait : « Nous devons (…) envisager l’état présent de l’univers comme l’effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre.

Une intelligence qui pour un instant donné connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ses données à l’analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’univers et ceux du plus léger atome : rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir comme le passé serait présent à ses yeux.»[1]

Mais ce n’est pas en regardant le passé que l’on comprend le grand danger qui nous guette.

C’est en regardant ce qui vient de l’avenir.

En regardant le passé on voit le contexte. Par exemple, on comprend, lorsque l’on regarde un théâtre, comment il a été bâti. Le contexte dans lequel viendra jouer un acteur est à comprendre en se penchant sur l’histoire du lieu.

Mais le théâtre, ce contexte pour le jeu de l’acteur, est explicable également depuis l’avenir : c’est parce qu’un jour un acteur viendra jouer ici que l’on a bâti un théâtre. L’acteur s’approche depuis l’avenir. Un jour il viendra… Il s’approche depuis l’avenir et ce qu’il fera ne peut pas être présupposé depuis le passé.

Ce que l’on peut prévoir, c’est ce qui vient du passé : quand on comprend les êtres humains à partir de la pensée de Laplace on voit ce que chacun à d’«explicable» à partir de ce qui l’a précédé. Le code génétique, l’instruction, le milieu social, etc. détermineraient tout ce que nous faisons à chaque instant. On pourrait par exemple mouliner des données nous concernant pour réaliser le rêve de Laplace et savoir avec une haute probabilité ce que nous allons acheter dans les trois jours qui viennent. Des machines algorithmiques y parviennent déjà assez bien.

Mais ce point de vue ne peut pas prendre en compte ce qui ne répond pas aux enchainements de causes à effets. Par exemple, il ne prend pas en compte ce qui peut se tenir devant la peur sans avoir à la calmer à tout prix ou ce qui peut renoncer à assouvir la haine.

Cet endroit, non déterminé par les enchainements de cause à effet, est un endroit de liberté et se trouve forcément hors de tout enchainement de causes à effets : il ne s’explique donc pas d’après le passé ; pas d’après l’instruction que l’on a reçue, ni d’après la biologie, ni rien du tout.

Quand on s’éveille à cet endroit à partir duquel il est possible de jouer librement et d’improviser avec le contexte qui nous est donné, on comprend que les crises n’éveillent pas les gens. L’éveil n’étant pas explicable depuis le passé, n’attendez pas que des problèmes s’accumulent pour voir des gens s’éveiller en conséquence.

Les crises n’éveillent pas ; elles révèlent seulement un contexte dans lequel chacun est appelé à s’éveiller.

 

 

REVENONS MAINTENANT AU DANGER QUI POURRAIT SE PRÉSENTER

 

Quand l’acteur n’est pas présent à lui-même (c’est-à-dire quand il se voit victime des circonstances et ne parvient pas à improviser avec elles), il se croit le jouet des événements. Il leur est livré et cherche un sauveur qui l’en délivrera ! Il cherche un guide. Il s’en remet au gouvernement de son pays, aux avis de grands professeurs, ou de quiconque pouvant le rassurer.

En fait, là où il pourrait être présent, se tient l’ombre de lui-même, l’ombre de ce qui chez lui est mécaniquement en train de réagir à la peur ou à la haine.

Imaginez maintenant une crise qui concernerait tout le monde. Chacun serait concerné par cette crise. Imaginez qu’il y ait suffisamment de gens désespérés pour que l’ombre d’eux-mêmes grandisse encore.

Alors pourrait venir un jour où quelqu’un parlerait à partir de cette ombre grande comme l’humanité. C’est là le danger qui nous guette : un sauveur qui viendrait apporter à l’humanité les solutions pour sortir de l’inextricable crise dans laquelle nous seront tombés. Une crise sanitaire, économique, politique, culturelle (ou il n’est plus possible de s’exprimer sans que quelqu’un quelque part se sente offensé), spirituelle, etc.

Ce serait le sauveur, le guide suprême. Et la grande majorité des gens l’écouteraient et le suivraient (bien mieux encore qu’ils ne suivent les injonctions de leur gouvernement).

Et ce serait un danger, car soyez sûrs que si un jour un tel être devait apparaitre, promettant le bonheur, la paix, la santé… pour les raisons que je viens de développer, ce ne pourrait être qu’en posant les bases d’une société dans laquelle il n’y aurait pas d’acteurs. Juste des figurants qui réagiraient à ce qui leur serait demandé.

Il n’y aurait pas de libre-arbitre, juste une foule anonyme.

Tout serait bien contrôlé. La sécurité, rassurante, serait absolue.

Quand on est libre, on se place à la cause de soi-même (comme l’acteur en train d’improviser avec ce qu’il a à disposition). On n’attend pas de sauveur !!!

Tant que l’on n’est pas éveillé à cet espace de liberté, on est dépendant des circonstances et on cherche qui pourra nous en libérer. On cherche qui pourra nous rassurer, nous redonner espoir.

 

Mais, en même temps, cette société de non-liberté sera exactement (est déjà) le contexte dans lequel il nous sera demandé d’improviser.

 

On se sent aujourd’hui contraint dans notre liberté. Je puis vous assurer que cela va non seulement continuer mais aussi s’aggraver.

Souvenez-vous de la métaphore du théâtre: n’oubliez pas que l’acteur qui apprend à s’éveiller à son jeu et à improviser avec ce qui l’entoure pour donner le meilleur de lui-même, l’acteur que nous sommes appelés à être chacun dans le décor de notre vie, est la raison pour laquelle le théâtre se met en place. C’est parce que nous avons à nous éveiller que les conditions de cet éveil se mettent en place.

C’est pourquoi, même s’il constitue un danger, le guide suprême qui pourrait un jour venir et brandir je ne sais quel machine, substance ou mesure pour nous sauver, pourrait bien perdre à la fin : il perd d’ailleurs d’ores et déjà à chaque fois que l’un d’entre nous, ne serait-ce que pour un instant, se tourne librement vers un autre pour lui apporter le meilleur de lui-même. Librement, c’est-à-dire à partir de cet endroit où l’on peut agir sans répondre à la peur ou la haine.

 Aucune circonstance ne peut empêcher cette liberté ! Les circonstances sont là pour nous faire croire que la liberté est impossible, mais, si on regarde ça depuis l’avenir, elles sont également là pour nous offrir d’avoir à faire des choix, à l’occasion desquels on peut découvrir que la liberté est possible !

 Bien à vous

Guillaume Lemonde

 

 

[1]Pierre-Simon Laplace, Essai philosophiques sur les probabilités, Courcier, 1814, p. 2-3.

 

 

 

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QUEL CHOIX RESTE-T-IL QUAND NOUS N’AVONS PAS LE CHOIX ?

QUEL CHOIX RESTE-T-IL QUAND NOUS N’AVONS PAS LE CHOIX ?

QUEL CHOIX RESTE-T-IL QUAND NOUS N’AVONS PAS LE CHOIX ?

L’originalité de la démarche Saluto est de donner les moyens de percevoir l’origine des difficultés rencontrées, non dans des causes passées à résoudre, mais dans la nécessité de faire advenir des ressources permettant de jouer librement avec ce qui se présente. Caractériser, identifier ces ressources fondamentales encore à venir et permettre d’exercer à les rendre présentes, est au centre de son expertise.

 

 

 

 

 

Je n’ai pas le choix… pourrait-on se dire dans certaines situations.

Je n’ai pas le choix…

Quelques lignes à ce sujet.

Si nous n’avons pas le choix, c’est que ce qui se passe nous détermine. Les circonstances nous dictent ce que nous avons à faire et nous en sommes le jouet.

Je n’ai pas le choix signifie : ce que je fais est décidé par autre chose que moi. Je ne suis pas fondé en moi-même.

Quelque chose me contraint. Seulement, nous nous trompons trop souvent sur la nature de la contrainte. Ou plus exactement, nous en avons qu’une vision absolument unilatérale : nous ne considérons que les circonstances extérieures. Nous imaginons que si elles changeaient tout irait mieux. Évidemment… Si elles changeaient, tout irait mieux. Tout irait mieux pour ce qui en nous n’est pas fondé en soi-même. Tout irait mieux pour le jouet des circonstances que nous sommes. Et ça ne serait pas plus mal.

Cependant n’y aurait-il pas en nous un espace à partir duquel nous pourrions choisir indépendamment des circonstances ?

Imaginez un acteur sur la scène d’un théâtre. Il a des accessoires à disposition, un costume, un éclairage, un partenaire de jeu. Il peut se sentir contraint par eux s’ils ne sont pas à son goût. Le partenaire de jeu ne joue pas comme l’acteur aurait voulu. Les accessoires ne sont pas ceux qu’il aurait voulu. Le costume est moche, l’éclairage l’éblouit. Je n’ai pas le choix… pourra se dire l’acteur. Je suis contraint dans mes mouvements… Ce que je ferai avec ça ne sera pas bon car rien de tout ça n’est bon…  

Mais un acteur peut découvrir qu’il est possible d’improviser dans n’importe quelle circonstance (ce qui est le propre d’une improvisation réussie). Il peut découvrir qu’il existe un endroit fondé en soi-même qui ne dépend pas des circonstances. Dans cet endroit il va découvrir les conditions de sa liberté ; celles qui lui permettront d’improviser librement avec ce qu’il a à disposition. Non pas les conditions extérieures qui dépendent du décor qu’il ne peut pas changer, mais les conditions intérieures.

 

Ces conditions intérieures de la liberté ne peuvent évidemment être découverte que librement.

Elles procèdent d’un choix libre et donc ne dépendant de rien d’autre que de la présence que l’on peut accorder à ce choix. C’est le choix qui reste quand il n’y a plus de choix possible. Le choix d’être non pas le jouet des circonstances, mais fondé en soi-même.

Ce moment de choix se présente lorsque l’on ne peut plus faire autrement que de subir le décor de notre vie : on se sent impuissant à changer quoi que ce soit et dans cette impuissance, on découvre ce qui ne peut plus lutter là contre. Et dans ce qui ne peut plus lutter là contre, on découvre ce qui n’est pas atteint par les circonstances. Il n’y a là aucune fatalité, aucune passivité, juste une présence impuissante qui renonce à essayer de lutter tout en découvrant qu’elle a le choix de ne pas suivre, à l’intérieur, ce qui la contraint.

Il y a une contrainte extérieure contre laquelle on ne peut rien et on découvre qu’il y a une contrainte intérieure, avec laquelle on peut faire quelque chose. Cette contrainte, c’est la peur, qui semble nous obliger à tout faire pour qu’elle se calme.

C’est la haine qui semble nous obliger à tout faire pour qu’elle soit assouvie.

 

Les excuses que l’on se donne pour expliquer que la situation est contraignante et ne peut pas changer, sont toutes, sans exception, soutenues par la peur ou la haine.

Par exemple, la peur que nos choix déplaisent, ou de blesser quelqu’un… La peur de perdre son travail, de ne plus avoir de revenu, de ne plus pouvoir payer les traites de la maison ou l’écolage des enfants… La peur du lendemain, des conséquences à moyen ou à long terme… etc.

Vivre ces peurs, les traverser…

Ce sont ces peurs qui font de notre décor une contrainte apparente.

Nous ne changerons pas les données extérieures comme ça, mais en passant à côté de ce qui en nous peut choisir, sans se laisser prendre par ces peurs, on ne s’en sortira pas.

Le choix qui nous reste, lorsque l’on n’a plus le choix, c’est celui de choisir encore.

 

Alors bien-sûr cela demande d’exercer les conditions de cette liberté intérieure et en particulier :

 

La stabilité

Être attentif à laisser de la place aux sentiments les plus contradictoires. Au lieu d’osciller avec eux entre la sympathie et l’antipathie, laisser ces sentiments opposés résonner ensemble, sans en préférer l’un à l’autre. Se tenir au milieu d’eux, comme un marin dans la tempête bien campé sur ses deux pieds, garde l’équilibre tandis qu’ils oscillent au gré de la houle.

 

La profondeur

Être attentif à percevoir ce qui nous entoure sans focaliser sur un détail en particulier. Tenir tous les détails ensemble avec acuité en renonçant de les organiser selon des critères personnels. Les tenir l’ensemble en conscience. C’est comme écouter un orchestre en prêtant attention à la ligne musicale des violons, tout en écoutant attentivement les violoncelles et les contrebasses. Cette attention est contemplative.

 

Le courage

Être attentif à avancer pas à pas avec son projet sans se projeter dans un résultat. Rendre pas à pas la réalisation du projet possible. Chaque obstacle est l’occasion de poser un nouveau pas dans une nouvelle direction sans oublier le projet. Le projet est déjà entier dans le pas que l’on fait maintenant. Défricher le chemin pour lui : Il s’approche de nous plus que nous n’allons vers lui. C’est comme avancer en montagne et constater que le sommet que l’on va atteindre est déjà complètement dans le pas que l’on fait en ce moment.

 

La confiance

Être attentif à ne rien attendre en particulier. À la différence de l’espoir qui nous fait attendre passivement quelque chose en particulier, on est avec la confiance ouvert à tous les possibles. C’est à ce point que ce qui arrive n’est ni mal ni bien. Cela peut nous faire plaisir ou nous déplaire, mais lorsqu’on est ouvert à tous les possibles, la valeur des événements ne dépend pas de nos critères personnels. On s’aperçoit alors que la vie est bonne quoi qu’il en soit et que ce qui arrive correspond à ce qui doit être. C’est comme voir le soleil se lever alors qu’on tournait en rond.

 

Bien à vous

Guillaume Lemonde

 

 

 

LES QUATRE CONDITIONS INTÉRIEURES DE LA LIBERTÉ

LES QUATRE CONDITIONS INTÉRIEURES DE LA LIBERTÉ

 

 

 

L’originalité de la démarche Saluto est de donner les moyens de percevoir l’origine des difficultés rencontrées, non dans des causes passées à résoudre, mais dans la nécessité de faire advenir des ressources permettant de jouer librement avec ce qui se présente. Caractériser, identifier ces ressources fondamentales encore à venir et permettre d’exercer à les rendre présentes, est au centre de son expertise.

LES QUATRE CONDITIONS INTÉRIEURES DE LA LIBERTÉ

 

Les conditions intérieures de la liberté…

Tel est le sujet que j’aimerais introduire par quelques nouvelles du Québec d’où je vous écris : « La récréation est finie ». C’est ce qu’a annoncé le chef suprême de la belle Province, en référence à l’été assez souple, point de vue restrictions sanitaires. Bientôt, retour des masques à l’école et de contraintes plus serrées. Les avions, les trains, les bateaux interdits aux non-vaccinés.

 

Je n’ai pas à être d’accord ou non avec le fait même de vacciner. Un médecin d’intéresse aux bénéfices et aux risques et le discours classant les gens en pro et anti vax est stupide. En revanche, comme médecin, je sais qu’il n’est pas possible de conseiller un traitement dont on ne connait pas les effets à moyen et long terme, sans prévenir que l’on ne les connait pas. Si quelqu’un demande un vaccin, cela devrait se faire avec un consentement libre et éclairé. Il est déontologiquement essentiel que les gens comprennent qu’un médicament n’est pas un bonbon et qu’il est impossible de donner des renseignements fiables jusqu’à la fin des phases tests de ces produits en mise sur le marché conditionnelle…

 

Ce que je sais aussi, c’est que certaines évidences que l’on entend régulièrement (du style : c’est pour la collectivité que l’on se vaccine…) sont loin d’être évidentes.

Si je vous dis tout ça, c’est parce que j’entends autour de moi beaucoup de gens qui, à juste titre, s’interrogent et se demandent ce qu’il faut faire. Comment remettre de l’ordre dans ce désordre ? Comment laisser la médecine aux médecins et remettre un peu de recherche dans ce qui est devenu un dogme (avec ses adeptes et ses contradicteurs jugés hérétiques). Comment sortir des stratégies de vente des industries plus intéressées par les bénéfices engrangés que pour le bien de la population ?

 

Quand on veut vendre du médicament, on ne s’y prend pas autrement qu’avec une lessive : on place un petit gadget à l’intérieur. Ici, une loterie est organisée pour les vaccinés… Ils peuvent aussi aller au restaurant, au cinéma…

Dans certaines réunions les non vaccinés doivent porter un masque tandis que les autres en sont exemptés… Non seulement cela n’a aucun fondement médical, puisque les vaccins actuels n’empêchent pas de tomber malade (ils sont juste sensés diminuer le nombre de cas graves…), mais cela enfreint aussi le secret médical.

 

Comment faire entendre aux responsables politiques que la discrimination sur des critères de santé ne vaut pas mieux que celle que l’on fait sur des critères de couleur de peau ou de religion 

 

Alors que faut-il faire ? Aller manifester ? Faire du bruit ? Montrer que l’on n’est pas d’accord ?

 

Peut-être…

Cependant, si je prends le temps d’écrire ces lignes, c’est parce qu’un danger bien plus grand que le non-respect de la déontologie médicale ou de l’habeas corpus nous guette.

 

CHACUN Y EST SOUMIS ET PERSONNE NE POURRA S’EN DÉGAGER AVEC L’AIDE DE QUICONQUE.

Ce danger, c’est d’oublier ce que nous sommes : des humains en chemin sur la terre. Des humains qui cherchent à rendre présente leur humanité. On aura beau dire que les mesures contraignantes qui conduisent à des choix impossibles, entre un produit que l’on ne veut pas et la perte d’un emploi, sont déjà inhumaines et que c’est à cause d’elles que l’on perd toute dignité, c’est faux ! Ce qui fait notre humanité, ce qui nous différentie des machines, c’est de pouvoir être la cause de nous-même ! C’est-à-dire de ne pas réagir aux pensées pleines de peur qui nous assaillent ou à la haine qui nous aveugle ; découvrir cet endroit silencieux à partir duquel on peut agir plutôt que réagir.

 

1-  STABILITÉ

Vivre que même si les gens se déchirent au sujet de mesures, comme lors des tristement célèbres guerres de religions, nous sommes tous unis. Même si vos proches se détournent de vous, vous êtes unis. Une part de vous les aime. Une autre ne les aime pas quand ils agissent comme ça. Prenez le temps de vivre l’une et l’autre part et de ne pas les mettre en compétition. Ne poursuivez pas les batailles extérieures à l’intérieur de vous. Les sentiments contradictoires qui vous habitent ont tous licence à être. Essayez de les vivre non pas en alternance mais en même temps. Tenez-vous au milieu de ces sentiments contradictoires, sans juger que l’un est mieux que l’autre. Vous découvrirez la stabilité intérieure qui permet de vivre que nous sommes tous unis, même si l’on n’est pas d’accord.

 

2-  PROFONDEUR

Vivre que même si une foule d’informations nous assaillent, il y a un endroit calme qui peut les contempler toutes. Écoutez ce que l’on vous dit et ne triez pas les informations qui vous plaisent de celles qui ne vous plaisent pas. Essayez de les garder ensemble comme un tout paradoxal. Supportez ces paradoxes. Tenez-les avec vos questions auxquelles vous renoncerez de chercher une réponse. Tenez les questions avec ardeur sans les combler avec ce que vous croyez savoir. Les réponses viendront d’elles-mêmes.

 

3-  COURAGE

Vivre que les obstacles qui se dressent sur nos projets n’empêchent pas les projets. Ce qu’ils empêchent c’est la réalisation telle que l’on aurait aimée. Évidemment que cela fait mal et que cela est dramatique quand on perd son emploi, son entreprise. Évidemment ! Peut-être est-il cependant possible, au milieu de cette tourmente, de bien identifier ce qui pour vous est important dans la vie. Non pas comment ça devrait être, ni où, ni quand, ni avec qui… Juste le « quoi » de votre projet. Restez avec ce « quoi », ne le perdez pas. Ne le croyez pas perdu à jamais. Il est là sous une autre forme qui attend de se manifester. Pas à pas, laissez-le revenir à vous : défrichez le chemin pour le rendre réel.

 

4-  CONFIANCE

Vivre que ce qui arrive est comme c’est. Cela ne veut pas dire que l’on soit d’accord ou que l’on n’ait rien à faire pour que cela change, mais d’abord, il s’agit de vivre que cela est comme c’est, que cela nous plaise ou non. C’est comme se réactualiser et ouvrir les yeux, non pas sur ce qui contraint ce que l’on porte de précieux, mais sur ce qui est. La différence entre les deux est abyssale. Autrement dit, ne rien attendre de la suite. Être actif, absolument actif à ne rien attendre, disponible à tous les possibles. C’est cela la confiance. À partir de là on peut agir librement pour ce que la vie demande. On peut ne pas rester sous le joug de ses peurs. On devient la cause de soi-même, responsable de la suite.

 

Ces quatre points sont les conditions intérieures de notre liberté.

 

Certes, les combats extérieurs sont importants, mais sans ces conditions intérieures, ils sont perdus d’avance. Avec elles, au contraire, ils deviennent inventifs et créatifs.

 Bien à vous,

Guillaume Lemonde

 

 

 

 

 

 

 

 

PAS DE LIBERTÉ SANS FRATERNITÉ

PAS DE LIBERTÉ SANS FRATERNITÉ

L’originalité de la démarche Saluto est de donner les moyens de percevoir l’origine des difficultés rencontrées, non dans des causes passées à résoudre, mais dans la nécessité de faire advenir des ressources permettant de jouer librement avec ce qui se présente. Caractériser, identifier ces ressources fondamentales encore à venir et permettre d’exercer à les rendre présentes, est au centre de son expertise.

 

 

 

 

PAS DE LIBERTÉ SANS FRATERNITÉ

Les contraintes dites sanitaires, les assignations à domicile au motif d’un retour de voyage, les passeports sanitaires, les pertes d’emploi, les obligations vaccinales déguisées ou directes, sont là, nous dit-on, pour que nous puissions retrouver la liberté.

J’aimerais vous parler de liberté.

J’aimerais le faire en prenant un peu de recul.

 

On nous explique qu’il faut faire un effort collectif pour retrouver la liberté. Pour être libre, il faudrait moins de contact, moins de rapports humains, moins de liens. L’autre étant dangereux, il faut mettre à distance le frère, la sœur, l’ami, ceux qui ne se plient pas au vaccin. Les montrer du doigt. Parquer les gens qui ne font pas comme tout le monde.

 

Bref, la liberté à la fraternité se retrouvent comme d’habitude en opposition. On sait bien que pour vivre ensemble il faut savoir mettre de côté un peu de liberté. On sait bien que l’on ne peut pas faire ce que l’on veut sans déranger les autres et que la pleine expression de la liberté de chacun serait dangereuse pour tous. Mais nous remarquons ce que cette opposition entre la liberté et la fraternité à de terrible lorsqu’on la pousse un peu plus loin que les habituelles règles nécessaires au vivre ensemble.

 

Qui n’aspire pas à 100 % de liberté et 100 % de fraternité ?

 

En règle générale, quelques petites concessions suffisent à s’y retrouver avec cette difficile équation. Aujourd’hui la situation va si loin, qu’il n’est plus possible de se contenter de petites concessions.

 

J’ai besoin de poser ici quelques réflexions, de vous les partager.

 

Qu’est-ce qu’une contrainte ?

 

Je me suis posé cette question et sans grande prétention philosophique, je me suis dit qu’une contrainte ne peut exister qu’en réponse à un désir. Si nous n’avions pas de désir, il n’y aurait pas de contrainte.

En même temps, le désir nous offre de nous ouvrir au monde. Imaginez que nous n’ayons aucun désir : nous serions coupés du monde. Nous ne le connaitrions pas. Supprimer le désir, comme le propose certaines orientations spirituelles, ne va pas sans s’éloigner du monde et donc de la fraternité des hommes.

 

Supprimer le désir, le refreiner, vivre dans le contentement, se plier docilement, n’est donc pas le chemin qui permettra de faire vivre en plein la liberté et la fraternité.

 

 

Nous avons donc des désirs et c’est en ordre.

 

Et nous nous projetons dans leur assouvissement. C’est ce qui empêche cet assouvissement qui nous contraint. Or ce qui empêche l’assouvissement de nos désirs, c’est potentiellement absolument tout ce qui existe dans le monde où nous vivons. C’est un peu comme si le grand jardin dans lequel nous évoluons de la naissance à la mort était un jardin de contraintes avec lesquelles nous faisons au mieux de nos frustrations. Il y aura toujours quelque chose ou quelqu’un pour contraindre notre liberté de mouvement, de choix, d’initiative.

Mais ce grand jardin de contraintes est en même temps le grand jardin de la liberté, puisque les contraintes nous éveillent à la liberté.

 

Ceux qui rêvent d’un monde où la technologie supprimerait toute contrainte, même celle de devoir mourir un jour, ont des rêves où non seulement le monde que nous connaissons n’existe pas, mais aussi où la possibilité de s’éveiller à la liberté disparait. Les gens y vivraient comme des automates.

 

 

De ce qui précède je retiens que :

 

si je renonce à mes désirs, je ne suis plus en lien avec les autres ;

si ce sont mes désirs qui me guident, je suis aveugle aux besoins des autres.

 

Alors pouvons-nous vivre pleinement nos désirs sans nous laisser guider par eux (c’est à dire supporter la frustration sans renoncer à ce que l’on désire ; renoncer à la satisfaction immédiate mais non à l’objet) ? Nous tenir au milieu d’eux, sans les chasser, mais avancer avec eux ? Non guidés par eux, mais par ce dont les autres ont besoin ?

 

Le désir deviendrait une caisse de résonnance dans laquelle une place serait faite à l’autre.

Et on découvrirait que la liberté se vit certes dans la possibilité d’exprimer pleinement les besoins que l’on porte voire même les talents que l’on veut déployer, mais que ces talents ne sont là que pour les autres.

Je suis libre quand je suis fraternel. De même, il n’y a pas de fraternité sans liberté[1].

 

 

Alors en ces temps difficiles, quels talents avons-nous à déployer pour les autres ? Les voyages sont rendus difficiles par les contraintes sanitaires, les emplois sont en périls pour certains d’entre-nous. La liberté est contrainte dans le grand jardin que nous traversons de la naissance à la mort. Mais nous pouvons, dans ce jardin de contraintes découvrir qu’il existe un endroit en nous qui aspire à être là pour les autres. Nous pouvons découvrir que nous pouvons être le jardinier.

 

Nous sommes, créature de ce jardin, victime des contraintes extérieures. Nous voudrions supprimer les contraintes.

Jardinier, nous sommes libres d’une autre façon. Une façon qui nous permet d’être autrement plus lié au monde qui nous entoure et aux autres. Uni à ce qui est, agissant maintenant pour ce qui est demandé, sans se projeter dans le désir que les choses se passe comme on le désirerait, mais comme elles doivent advenir. Personne ne peut dire ce qui adviendra, mais chacun peut agir au mieux de ce dont les autres ont besoin, pas à pas, avec ce qui est.

 

Remarquons-nous que cet endroit est tout à la fois 100% libre et 100 % fraternel ?

 Guillaume Lemonde

 

 

[1] Merci à Pietro Archiati pour son ouvrage : Christianisme ou le Christ, EAR, 1996.

 

 

 

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Dites-moi !

Quels sujets vous occupent ?

 

Pour ma part, depuis de nombreux mois, c’est la question de la liberté qui m’occupe. Elle m’occupe en réalité depuis de très nombreuses années, mais comme nous vivons un contexte assez exceptionnel, elle a pris une allure bien concrète.

Je ne vous apprendrai pas que les mesures prises par certains gouvernements poussent des gens à faire des choix sous contrainte, afin de ne pas perdre leur emploi, comme en France par exemple, ou pour voyager : au Canada, d’où je vous écris, il ne sera bientôt plus possible de prendre le train ou l’avion ou le bateau sans avoir été vacciné. J’en passe et des meilleures. Je viens de passer par une assignation à domicile, sans jugement, juste par précaution, alors que trois tests étaient négatifs et que la clinique restait asymptomatique ; l’habeas corpus bafoué à qui mieux mieux.

 

Le sujet de la liberté est pour moi important. Il m’apparait que différents aspects sont à prendre en compte. Les aspects extérieurs, mais aussi les conditions intérieures de la liberté et enfin son exercice.

J’ai tenu ces trois aspects en conscience pendant des semaines ; je les ai gardés présents avec attention, sans réfléchir ou spéculer à leur sujet. Je me suis tenu dans le paradoxe qui existe entre la liberté extérieure offerte par l’absence de contrainte et liberté intérieure dans la contrainte. La nécessité de voir la contrainte extérieure disparaitre et la nécessité de la contrainte comme condition extérieure à la découverte de la liberté…

 

Des réponses me viennent doucement. J’écrirai un premier article sur le sujet dans trois jours pour vous. Il sera intitulé : PAS DE LIBERTÉ SANS FRATERNITÉ.

 

Mais vous ? Quels sujets vous occupent en ce moment ?

 

Pouvez-vous les partager ? Voici plus de deux ans que je vous écris régulièrement. J’aurais à présent plaisir à porter avec vous vos questions et à essayer (si cela se donne) d’apporter un éclairage d’après ce que la démarche Saluto propose :

 

L’originalité de la démarche Saluto est de donner les moyens de percevoir l’origine des difficultés rencontrées, non dans des causes passées à résoudre, mais dans la nécessité de faire advenir des ressources permettant de jouer librement avec ce qui se présente. Caractériser, identifier ces ressources fondamentales encore à venir et permettre d’exercer à les rendre présentes, est au centre de son expertise.

 

Pouvez-vous partager vos questions et vos sujets ? Vous pouvez le faire dès maintenant et régulièrement.

 

Deux façons de faire s’offrent à vous :

  • soit en bas de cet article, dans les commentaires et tout le monde pourra ainsi en profiter.
  • soit sous l’onglet contact, plus confidentiel.

 

Vu le nombre de lecteurs, je ne répondrai pas individuellement à chacun, mais trouverai à le faire à travers des publications.

 

À bientôt

Guillaume Lemonde