AYEZ DES PROJETS IMPOSSIBLES !

AYEZ DES PROJETS IMPOSSIBLES !

AYEZ DES PROJETS IMPOSSIBLES !

 

 

Il y a tellement de raisons de ne pas oser entreprendre ce dont on rêve. Des contraintes de toutes sortes nous enferment. Elles nous relient à des choix passés que nous devons assumer. Changer de situation, changer de métier, de lieu de vie, changer quoi que ce soit dans notre existence parait vite impossible du fait de contraintes multiples, affectives, organisationnelles, financières, spirituelles, etc.

 

Alors on préfère rêver que ce changement sera possible plus tard au lieu de l’accomplir maintenant. C’est plus confortable et ça fait surtout moins peur.

 

À la rigueur, on se demande si l’on pourrait faire surgir quelque changement tout en ménageant ces contraintes.

 

Mais cette tentative est autobloquante.

 

Le nouveau, le réellement nouveau, ne peut pas devenir réel en ménageant ce qui est déjà-là. Le nouveau ne peut pas être soumis à une antériorité…

 

Il ne serait sinon pas nouveau. Il ne serait qu’un développement de ce qui existe déjà. Un pis-aller.

 

Ce qui est nouveau s’approche depuis l’autre côté, de l’avenir. Cela advient. Cela ne se prévoit pas, cela se rend possible.

À un moment où à un autre, il y aura des renoncements à faire. Le renoncement de ce qui conditionne notre sécurité. Et la peur sera au rendez-vous, elle qui n’est jamais que l’ombre portée des renoncements qui se préparent.

 

Alors ayez des projets impossibles ! Prenez-les au sérieux. Envisagez qu’ils soient possibles tout en sachant qu’ils sont impossibles. Tenez-vous dans cet espace, fermement.

 

Et posez un pas pour préciser votre projet. Ce qui vous semble irréaliste, trouvez-en les contours. Renseignez-vous sur tous les détails, tous les paramètres de ce que vous voulez entreprendre. Gardez les renseignements collectés bien présents en renonçant de les prendre pour autant de prétextes de ne pas y arriver. Chaque nouvelle information pourrait allonger la liste des choses impossibles à résoudre.

 

Pourtant, continuez de procéder ainsi :

 

D’un côté les détails qui rendent votre projet impossible car vous regardez à travers eux comment ils portent à conséquence. Vous regardez à travers eux le passé qui se déploie vers plus tard.

 

De l’autre côté, le projet qui vous tient à cœur. Gardez-le au présent, comme une évidence. Ne cherchez pas à imaginer quand il se réalisera, ni comment… Vous le regarderiez sinon depuis le passé qui se déploie, alors qu’il est en train d’advenir…

 

Restez dans cet espace… Ces détails qui vous paraissent insurmontables vous conduiront à vous mettre en mouvement. Ils vous conduiront à visiter chaque aspect de votre vie.

 

Vous allez rafraichir d’une bienfaisante attention tout ce que vous tenez pour acquis, mais qui n’est jamais qu’une prolongation du passé dans votre présent.

 

Vous allez devenir présent à ce qui est là et découvrir que seul compte le pas que vous faites maintenant.

 

Imaginez quelqu’un, comme cet homme rencontré récemment, qui voudrait voyager pendant un an. Comment fait-il pour trouver une source de revenu ? Gérer un patrimoine resté sur place ? Clarifier les questions fiscales ? Scolariser les enfants ? etc. 

 

Ou cet autre qui veut changer de métier, alors que le revenu actuel permet un équilibre et que le suivant sera beaucoup plus bas ?

 

Est-ce impossible ?

 

Ça l’est aussi longtemps qu’on le croit – par peur.

 

Mais attention, à l’inverse, décider que ça soit possible, ne suffit pas non plus à rendre le projet réel. Il convient de se méfier de cette pensée magique.

 

Ce qui compte, c’est toute l’attention que l’on porte à ce projet complètement impossible et complètement possible EN MÊME TEMPS.

 

Si on parvient à se tenir dans cet écart sans mettre en balance ce qui semble s’opposer, on forme un espace dans lequel plus grand vient s’installer. La vie commence à se mettre en place dans cet attention-là.

 

Ainsi, la magie de la vie qui se met en place comme on le voudrait, ne vient pas à travers un décret que l’on prend une fois pour toute. Elle répond à l’attention que l’on offre à chaque pas du chemin ; laquelle attention s’exerce à chaque étape de ce processus et tout particulièrement quand il s’agit de renoncer à suivre les pensées anxieuses qui se présentent. La magie de la vie n’est pas un butin, mais un cadeau.

 

 

Un chemin de mille pas commence avec le premier, disait le sage.

 

À cet égard, le premier pas n’est pas différent du dernier. Le projet est déjà complètement contenu en lui.

 

Mais il ne s’agit pas de s’en convaincre. Il s’agit de le vivre. Cela ne se fait pas en se raisonnant mais en s’engageant. C’est une affaire de mobilisation intérieure.

 

Alors que nous pensons être non libre de pouvoir décider ce que nous voulons, bloqués par maints prétextes, il est important de ne pas oublier que notre libre arbitre ne provient pas de la connaissance que nous avons des tenants et des aboutissants.

 

Il n’est pas le fruit de la raison.

 

Il s’exerce dans le pas à pas d’un projet que l’on estime complètement impossible, tout en portant en soi comme complètement possible.

 

Ce pas à pas nous fait rencontrer la peur et, à chaque étape, l’attention pour le pas que l’on fait maintenant est la seule qui compte.

 

Alors ayez des projets impossibles !

 

N’attendez pas de meilleures conditions. Elles ne viendront jamais toute seule. Elle ne se présenteront qu’en réponse à votre engagement.

 

Comme l’écrit  W.H. Murray dans The Scottish Himalayan Expedition (1951) :

« Tant que nous ne nous engageons pas, le doute règne, la possibilité de se rétracter demeure et l’inefficacité prévaut toujours. »

 

Mais lorsque l’on s’engage, alors… lire la suite

 

 

Guillaume Lemonde

 

 

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L’HISTOIRE DU GROS NAVET – Saluto-éducation de la petite enfance

L’HISTOIRE DU GROS NAVET – Saluto-éducation de la petite enfance

 

https://pixabay.com/fr/users/bessi-909086/

 

Connaissez-vous l’histoire du GROS NAVET d’Alexis Tolstoï ? Alexis Tolstoï, parent par son père de Léon Tolstoï, a rédigé avec cette histoire une comptine appréciée des petits enfants.

 

Je ne connaissais pas cette histoire. Elle m’a été indiquée par une amie, jardinière d’enfants. Dans cette histoire, il est question d’un gros navet qu’un grand-père essaie en vain d’arracher du sol. Il est aidé par la grand-mère qui tire avec lui. Mais cela ne réussit pas mieux. Leur fille vient à la rescousse. Elle tire avec eux. En vain. Puis le petit fils… Puis le chien qui tire également. Et le chat…

 

Vous trouverez ici une version pdf de cette histoire

 

En fouillant un peu ce que les moteurs de recherches proposent au sujet de cette histoire de gros navet, j’ai trouvé beaucoup de documents utilisant ce conte à des fins pédagogiques. Le conte a été modifié pour l’occasion. Le grand-père et la grand-mère y sont aidés par une grosse vache qui vient tirer avec eux sur le navet, puis par deux cochons ventrus, trois chats, quatre poules, cinq oies, et six canaris… Les fiches pédagogiques invitent à remplir des fiches où l’on nomme les personnages, on compte jusqu’à 6 canaris, on imagine de nouveaux animaux qui pourraient venir tirer sur le navet. Les fiches pédagogiques sont innombrables.

 

Cependant, il m’apparait que si cette histoire convient parfaitement à des enfants de 2 ou 3 ou 4 ans, ce n’est justement pas parce qu’elle les fait compter jusqu’à six. Il n’est certes pas inintéressant de compter jusqu’à six, mais c’est pour une toute autre raison, bien plus essentielle et fondamentale que cette histoire est importante.

 

Prenons un petit moment pour penser à ces petits enfants. Les réflexions que je vais vous proposer vont peut-être sembler prendre un détour. Nous allons nous éloigner un moment de l’histoire du gros navet. Mais nous y reviendrons tout à l’heure.

 

https://pixabay.com/fr/users/bessi-909086/

 

QU’EST-CE QUE LES PETITS ENFANTS DE 2, 3, 4 ANS ONT DE PARTICULIER ?

 

Du point de vue du développement, ce qu’ils ont de particulier, c’est que leur corps est substantiellement inachevé. La structure physique d’un corps humain prend environ 7 ans pour se mettre en place. 6½ ans nous disent les neurologues, avec l’achèvement des voies neurologiques qui permettent, entre autres, la coordination de mouvements automatiques, dont le célèbre mouvement alternatif des « petites marionnettes » : les deux mains en l’air, le sujet exécute un mouvement alternatif des avant-bras, selon la chorégraphie de la comptine. Quand des enfants de 2, 3, 4 ans, « font les petites marionnettes », les coudes ne restent pas au repos.

 

Il faut donc environ 6 ou 7 ans pour que le corps soit structurellement achevé. Il restera beaucoup à faire dans les années qui suivront. Le corps devra encore croître et diverses fonctions vitales se développeront. On assistera à un développement fonctionnel s’exprimant à travers différents rythmes physiologiques, jusqu’à la faculté de se reproduire qui viendra clore ce murissement corporel à la puberté.

 

Mais structurellement, c’est vers 7 ans que le corps est achevé.

 

Autrement dit, pendant 6 ou 7 ans, la structure physique corporelle n’est pas encore achevée. Elle est encore à venir. C’est comme si elle se tenait devant l’enfant sur son chemin.

 

Et c’est donc sans la stabilité qu’une structure corporelle peut offrir, que les petits enfants sont au monde. Ils sont offerts à leur environnement, vulnérables.

 

Rendez-vous compte… ne pas avoir de corps physiquement achevé, c’est comme ne pas avoir de sol sous les pieds, ni d’espace intérieur délimité.

 

Les adultes pourront-ils proposer la stabilité qui manque ?

https://pixabay.com/fr/users/eme-240202/

 

 

LA TERRE D’ACCUEIL DU JARDIN D’ENFANTS

 

Pour un petit enfant, l’adulte fait autorité entièrement à travers la terre d’accueil qu’il peut lui offrir. C’est la présence stable de l’adulte qui permet à l’enfant de trouver un appui dans le monde ; un appui qui lui manque, alors qu’il est en train de chercher celui de son propre corps physique encore inachevé.

 

Ainsi, la ressource pédagogique essentielle, pour cette période de l’enfance, sera de trouver en soi la stabilité de la terre que le petit enfant recherche. Comment pourrions-nous sans cela la lui offrir ? C’est cela qui importe. Cela importe bien plus que les fiches techniques permettant de compter jusqu’à six en voyant apparaitre tour à tour dans le conte modifié du gros navet, une grosse vache, deux cochons ventrus, trois chats, quatre poules, cinq oies et six canari…

 

Observons-nous un instant. Sommes-nous paisibles intérieurement ? Sommes-nous stables dans nos sentiments. Nous connaissons tous ces moments où la sympathie pour quelqu’un nous emporte et où, quand le vent tourne, l’antipathie nous prend. Pouvons-nous vivre ces mouvements intérieurs sans pour autant être ballotés par eux ?

 

Par exemple, pouvons-nous offrir toute notre attention à un enfant sans pour autant avoir besoin d’obtenir pour soi je ne sais quel plaisir d’être avec lui ? Un sourire, un câlin… Ils sont tellement sympathiques, ces petits. Et à certains moments, tellement pénibles. Ne trouvez-vous pas ? Pouvons-nous nous tenir entre cette sympathie et cette antipathie qui alternativement nous balancent ?

 

Parvenons-nous à rester stable au lieu de parlementer ou de se rassurer avec des : Nous allons maintenant faire ça. D’accord ? ou de menacer avec des : Attention, si tu ne fais pas ça, tu vas voir ce que tu vas voir !

 

 

UN EXERCICE PERMETTANT DE DÉCOUVRIR LA TERRE STABLE QUE L’ENFANT ATTEND DE NOUS, PEUT ÊTRE PROPOSÉ ICI.

 

·      Prenez le temps de penser à un enfant que vous connaissez.

 

Et goûtez la sympathie que vous pouvez avoir pour lui. Prenez le temps de bien ressentir comment cela fait quand vous imaginez cet enfant avec toute la sympathie que vous avez pour lui.

 

·      Ensuite, prenez le temps de penser à cet enfant dans les moments que vous n’aimez pas.

 

Prenez le temps de bien ressentir qu’à ces moments, vous n’avez absolument pas de sympathie pour lui. Quand il met les pieds au mur, par exemple. Quand il boude, chougne, crise, etc.

 

En deux temps, vous venez de mettre en place un grand écart dans les sentiments. Un écart allant d’un extrême à l’autre.

 

Vous êtes en train de prendre un appui sur votre jambe droite et un appui sur votre jambe gauche. Comme le marin dans la tempête, vous allez maintenant intégrer les deux appuis ensemble. Il s’agit de ne pas se tenir sur une jambe ou sur l’autre, mais de se tenir en équilibre entre les deux appuis…

 

·      Ainsi, la consigne pour la troisième partie de cet exercice est de laisser résonner ces deux expériences ensemble.

 

Naturellement, nous ne les vivons jamais en même temps. Nous passons alternativement de la sympathie à l’antipathie. Ici, je vous invite à laisser ces deux expériences ensemble, sans que l’une d’elles ne vienne compenser l’autre. Elles sont toutes les deux sur le même niveau, en même temps.

 

Cet exercice permet de découvrir un endroit calme à partir duquel on peut être avec l’enfant paisiblement. Ce n’est toutefois jamais gagné. Il s’agit de s’exercer chaque jour et de remarquer qu’il est alors toujours plus facile de retrouver cette stabilité.

 

Tandis que la sympathie a besoin d’être satisfaite par un comportement adéquat de l’enfant, la stabilité n’attend rien. Stable intérieurement on se découvre pour l’enfant un engagement complet qui n’attend rien en retour. Et l’enfant est alors porté par cette paix qui se manifeste dans le jardin d’enfants par le calme de certaines activités.

 

Les petits enfants mangent soudain en silence sans que rien n’ait été demandé. Ils dessinent tranquillement, ils jouent calmement. Ils sont en paix.

 

https://pixabay.com/fr/users/pexels-2286921/

 

 

GRÂCE À LA STABILITÉ INTÉRIEURE DE L’ÉDUCATEUR, LES ENFANTS EXPÉRIMENTENT L’UNITÉ DANS LA RONDE

 

Même si de plus en plus d’enfants arrivent au jardin d’enfants avec des problèmes, cela ne change rien au geste intérieur de l’éducateur : la stabilité intérieure.

 

Certes, les enfants qui vont moins bien sont moins agréables que les enfants qui vont bien et qui s’offrent à notre sympathie, mais il s’agit justement de ne pas être dans la sympathie ou l’antipathie. Il s’agit de trouver cette stabilité qui permet d’aimer – c’est-à-dire d’être avec l’enfant dans un lien, engagé, sans attente pour soi.

 

Et l’éducateur devient alors celui qui fonde par sa présence la qualité de la ronde des enfants. Il est le point fixe, le point stable pour la ronde des enfants et le jardin d’enfants lui-même – suffisamment stable pour qu’autour de lui les enfants puissent expérimenter toutes sortes d’activités qui les éveillent au monde.

 

Ce n’est pas un éveil qui passe par la tête, mais par le corps, justement. Plus jeune, on s’était dressé sur les jambes, on avait cherché l’équilibre, on s’était lâché et on avait fait ses premiers pas… Au jardin d’enfant, on continue d’investir ce corps inachevé. On construit des cabanes, des tours, on grimpe, on va dessus, dessous, en haut, en bas. On pétrit, on tisse, on peint, on danse. On mange ensemble, on chante ensemble, on fait des rondes…

 

L’activité corporelle est au centre.

Et les éventuelles activités artistiques que l’on entreprend, sont essentiellement là pour soutenir l’activité corporelle.

 

 

LE CORPS EST STRUCTURELLEMENT ENCORE INACHEVÉ

 

De ce qui précède, il est évident que l’attention portée aux choses matérielles, corporelles, au sens du toucher, mais aussi au bien-être corporel, au mouvement, à l’équilibre, et même au corps du groupe des enfants, est essentielle. Tout cela constitue l’appui terrestre que réclame le petit.

 À ce sujet je vous invite à découvrir le programme MASSAGE-ÉCOLE. Fondamental !

 

 

PENDANT CE TEMPS, DANS CE JEUNE CORPS SE DÉROULE UNE ALCHIMIE BIEN PARTICULIÈRE :

 

Tandis que le corps trouve sa structure physique définitive, les processus vitaux qui président à leur élaboration, se libèrent. En effet, quand un os a fini de durcir, quand un tissu conjonctif a terminé sa maturation, les processus qui conduisaient cette élaboration deviennent disponibles.

 

Ils deviennent disponibles pour mettre en forme autre chose que de la substance physique… Ils deviennent, en dehors du corps, ce qui va donner sa structure à la vie représentative. Autrement dit, quand on arrive à se représenter « grand », « petit », « léger », « lourd », « demain », « hier », avant-hier », « bleu », « 1 », « + », etc., on sollicite ce qui autrefois agissait comme processus vitaux dans le corps. La vie représentative de l’enfant se développe pendant toute la période préscolaire, à mesure que le corps achève sa maturation.

 

Ainsi, lorsque l’on stimule la pensée représentative, c’est-à-dire lorsque l’on oblige l’enfant à essayer de comprendre plus qu’il ne le peut, on l’oblige à puiser dans l’organisme les processus vitaux qui sont en train de structurer son corps. C’est pourquoi l’apprentissage de la lecture, du calcul, etc. nécessite des compétences cognitives qui, à aux âges préscolaires, épuisent les processus vitaux encore indisponibles. (D’ailleurs, selon les données des neurosciences, l’âge idéal du début de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture se situe autour de 6, 7 ans. (Source : Ghislaine Dehaene, chercheuse au CNRS)

 

En revanche, soutenir les liens qui peuvent se faire entre les représentations déjà présentes, est essentiel. Car ce faisant, plutôt que d’aller puiser à de nouvelles représentations, on offre aux enfants la possibilité de laisser émerger celles qui sont disponibles.

 

Lorsque nous pensons, nous ne faisons d’ailleurs pas autrement : une pensée en appelle une seconde, tandis que dans la tension qui apparait entre elles-deux une troisième peut survenir.

Comment fait-on ça avec les enfants ?

 

C’est tout simple à vrai dire. Si nous mettons en liens deux représentations, c’est que nous avons perçu des analogies entre elles. D’une certaine manière, un certain motif se répète et c’est la répétition d’un aspect que nous saisissons.

 

Ainsi, la répétition soutient l’apprentissage et donne au petit enfant de quoi accueillir et faire siennes ses nouvelles acquisitions.

 

Que ce soit la répétition de la même histoire, toujours recommencée exactement de la même façon. Que ce soit des ritournelles que l’on chante. Ou encore des jeux qui se font dans des mouvements répétitifs, comme la balançoire. Le principe de la répétition qui va jusque dans les rythmes du jour et de la semaine, toujours recommencés de la même façon, nourrit la faculté de pensée à venir. Il nourrit le corps physique en train de maturer, sans pour autant épuiser les forces vitales dont il a encore besoin.

 

REVENONS MAINTENANT À L’HISTOIRE DU GROS NAVET

 

L’histoire du gros navet est avant tout une comptine. Elle propose un motif qui se répète et pourrait se répéter autant que l’on veut, jusqu’à ce que la petite souris vienne prêter main forte à ses amis pour arracher du sol le gros navet.

Le principe de la comptine, c’est la répétition, le rythme.

Il ne s’agit pas, à travers une comptine, de focaliser le jeune enfant d’âge préscolaire, sur le nombre des canaris ou des oies de l’histoire, mais de lui offrir un motif qui se répète :

 

« (…) Alors le chat prit la queue du chien, le chien prit le pantalon d’Émile, Émile prit la jupe de sa mère, sa mère prit le tablier de grand-mère, grand-mère prit la taille de grand-père, grand-père mit ses deux, mit ses deux pieds bien par terre, prit le feuillage et ensemble ils tirèrent, tirèrent, tiiiirèrent, mais rien à faire, le gros navet ne voulait pas sortir de terre. (…) »

 

CONCLUSION

 

La pensée libre, cette pensée apte à se tenir entre deux représentations sans focaliser sur l’une d’elle (donc sans tomber dans l’opinion), trouve ses bases au jardin d’enfants. Elle est rendue possible par la stabilité intérieure de l’adulte, qui offre aux enfants de se saisir de leur corps et du monde environnant à travers les rythmes de la journée, de la semaine, mais aussi à travers les rituels et les habitudes que l’on met en place et la répétition d’histoires et de jeux.

Si cet article vous a intéressé, n’hésitez pas à laisser un commentaire et à le partager.

Bien à vous

Guillaume Lemonde

 

 

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photo : https://pixabay.com/fr/users/engin_akyurt-3656355/

Un article dédié à Judith von Halle.

 

Septembre 2020 – D’un côté, il y a ceux qui suivent scrupuleusement les décisions des autorités. Ils appliquent ce qu’ils entendent à la télévision : il faut protéger les autres en portant un masque et en respectant les mesures de distanciation. Une deuxième vague serait possible et la raison voudrait qu’il faille être prêts pour la recevoir.

 

D’un autre côté, il y a ceux qui refusent ces mesures bio-sanitaires. Ils les qualifient de totalitaires, à un moment où l’épidémie a perdu sa virulence et où le nombre de morts ne cesse de décroître, ayant atteint à bien des endroits son plancher. Les nouveaux cas sont essentiellement des malades sans gravité, voire même des personnes asymptomatiques dépistées en masse et dont le nombre suit mécaniquement le nombre des tests effectués.

 

Les premiers disent que ce sont les mesures qui ont été prises qui ont permis de voir le nombre de morts diminuer. Les seconds affirment qu’il n’en est rien.

 

 

TOUT LE MONDE Y VA DE SON AVIS

 

Tout le monde y va de son avis. Dans les deux camps, on trouve de solides arguments, fréquemment mélangés à de petits intérêts égoïstes : le besoin d’avoir raison et de faire valoir son opinion, pour calmer les frustrations, les peurs et les énervements que l’on peut ressentir.  

Et plus les frustrations, les peurs et les énervements sont forts, plus les arguments sont tranchés et les esprits incapables d’accepter le débat contradictoire. Les discutions prennent l’allure réflexe de joutes stériles.

Bref, l’humanité semble se scinder en deux camps. Le camp des « Pour » et celui des « Contre ».

 

Cette scission n’est pas nouvelle en soi. Il y a toujours eu, pour tout sujet, des « Pour » et des « Contre ».

 

Pendant la dernière guerre mondiale, par exemple, certains se reconnaissaient comme bons citoyens respectueux des lois et du gouvernement, désignant les autres de terroristes ; tandis que ceux-ci se nommaient résistants, désignant les premiers de collaborateurs.

 

Aujourd’hui les « bio-responsables » montrent du doigt les égoïstes qui ne pensent pas à protéger leur grand-mère, tandis que ceux-ci se disent lucides, qualifiant les autres de moutons formatés par les journaux télévisés.

Quoi qu’il en soit, tout se focalise sur les mesures gouvernementales, la distanciation sociale, les masques. Les propos sont appuyés par des arguments plus ou moins étayés. On défend des théories où se mélangent la 5G et les nanoparticules qu’il y aurait dans un vaccin à venir dont personne ne connait la composition.

Que ces propos émanant de ces deux camps soient fondés ou à côté de la réalité, n’importe pas ici. Ce qui importe, c’est que pendant ce temps…

 

 

 

https://pixabay.com/fr/users/fotografiekb-13613919/

 

 

PENDANT CE TEMPS, L’ESSENTIEL EST COMPLÈTEMENT PERDU DE VUE

 

Pendant ce temps, l’essentiel est complètement perdu de vue. L’attention et les forces de millions de gens, qu’ils soient occupés à faire respecter les mesures ou à les combattre, se retrouvent distraites de l’essentiel.

 

Est-ce que ceux qui aujourd’hui réclament le port généralisé du masque pour être protégés de la contagion, voient que le virus n’est rien à côté de la peur virulente à laquelle nous sommes contagieusement soumis ?

 

Nous avons peur du monde qui nous entoure, peur de l’autre, peur de la maladie, peur de la mort, peur de la vie. Le virus n’est que l’empreinte dans le monde microscopique de ces peurs-là. Il n’est que le détail cristallisant toutes les angoisses. Il n’est pas premier. Lutter contre le virus et haïr ceux qui ne le prennent pas au sérieux, c’est se voiler (masquer) la face.

 

On se voile la face de ne pas avoir encore découvert cet espace en soi, à partir duquel il est possible de se tenir devant la peur et la haine sans les fuir ni être pris par elles.

 

Imaginez que nous le puissions. Nous aurions dans cette situation les idées claires et des mesures adaptées.

 

Est-ce que ceux qui aujourd’hui réclament d’avoir la liberté de respirer un air frais, sans masque devant le nez, voient que ce qui manque d’air, bien plus que nos organismes, ce sont nos pensées, saturées de la peur de ce que le gouvernement et les grands financiers pourraient encore inventer, et de la haine que l’on retourne contre eux ?

 

Le coronavirus et tout ce qui se dit à son sujet, les mesures prises et le reste, ne sont qu’un torchon rouge agité devant le nez de chacun, bien pire que le masque en papier bleu réglementaire.

 

On proteste d’autant plus fort que l’on n’a pas encore découvert cet espace en soi à partir duquel il est possible de se tenir devant la peur et la haine sans les fuir ni être pris par elles.

 

Imaginez que nous le puissions. Nous aurions dans cette situation les idées claires et des mesures adaptées.

 

 

https://pixabay.com/fr/users/nickype-10327513/

 

 

LA PEUR ET LA HAINE QUI S’EMPARENT DE NOUS, ABUSENT NOS INTENTIONS

Elles ne s’emparent pas seulement de nous à travers nos recherches de sécurité et de confort, mais aussi dans nos luttes contre ces mesures de sécurité, lorsque l’essentiel est perdu de vue.

 

L’humanité qui semble se scinder en deux camps, n’est pas scindée, quand on la rencontre intérieurement. Elle est unie dans une grande manœuvre de diversion. Et cette grande manœuvre n’est là que pour offrir à tous, le cadre nécessaire à un éveil.

 

Elle est un peu comme la 7ème trompette de l’Apocalypse (pour ceux qui connaissent la référence), un moment où le « Je suis » est appelé à s’éveiller.

 

Cette grande manœuvre de diversion n’est ni bonne ni mauvaise en soi. Elle est offerte à ce qui en nous aspire à trouver l’espace à partir duquel il est possible de renoncer à calmer la peur et à assouvir la haine – de façon à ne pas rester leur marionnette.

 

Renoncer à calmer la peur et à assouvir la haine, c’est devenir attentif à laisser glisser les pensées qui s’imposent à nous, sans les combattre, ni les suivre. Les laisser couler et faire silence. Les laisser couler comme l’eau sur les feuilles du nénuphar.

 

Ce silence intérieur est tout sauf désengagé. Il ne se place pas en dehors du monde. Bien au contraire, libre des pensées qui s’imposent et se pensent toute seules en nous, il devient libre de rencontrer la situation qui se propose telle qu’elle est et non telle que l’on craint ou que l’on voudrait qu’elle soit.

 

 

 

https://pixabay.com/fr/users/bob_dmyt-8820017/

 

LE COMBAT À MENER N’EST PAS FORCEMENT LÀ OÙ L’ON CROIT

 

Le virus, les mesures sanitaires, les “mauvais citoyens” qui ne portent pas le masque et la lutte contre le gouvernement qui devient totalitaire, ne constituent que le décor de nos apprentissages.

Oui, des choses devront être faite dans ce décor, mais avant ça, il s’agit de s’éveiller à l’essentiel – de ne pas rester sous le joug de nos peurs et de nos haines, qui font de nous ce qu’elles veulent.

Cela demande un combat, mais un combat au-dedans. Un combat qui est toutefois très particulier, car c’est un combat sans lutte.

Il ne s’agit pas de lutter contre la peur ou la haine. Lutter contre elles reviendrait à rester déterminé par elles. Il s’agit simplement de prendre le temps, toujours de nouveau, jusqu’à ce que cela devienne une seconde nature, de laisser passer les pensées qui nous viennent automatiquement et qui sans cesse nous habitent, sans rester accrochés à elles et les suivre.

 

Car les pensées qui nous habitent et pensent en nous toute seules, sont tissées de peurs et de haines. Elles sont là pour calmer la peur de ne pas savoir, de ne pas comprendre, de ne pas pouvoir organiser le monde environnant comme on le voudrait, la peur de la maladie, de la mort, de la vie, etc.

 

Alors il est essentiel d’expérimenter cet instant où l’on renonce à suivre une pensée qui vient de se présenter et remarquer qu’une autre pensée surgit juste après, parce que l’on s’était un peu endormi… C’est alors que l’on peut renoncer encore. Et de renoncement en renoncement, on s’éveille au présent des pensées et au présent du monde.

 

Bien à vous

 

Guillaume Lemonde

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COMMENT FAIRE QUAND VOUS MANQUE CE À QUOI VOUS TENEZ…

COMMENT FAIRE QUAND VOUS MANQUE CE À QUOI VOUS TENEZ…

Il y a quelques mois, Olivier Roland a publié un de mes articles sur son site, Habitudes Zen. Je vous livre ci-dessous le lien pour aller le découvrir.

Vous y trouverez un exercice très simple et aidant (aidant quand on le pratique, évidemment ).

Cet exercice est tiré de la démarche Saluto.

Je serais heureux que vous reveniez ensuite ici, sur le site Saluto, pour me dire ce que vous en pensez en laissant un commentaire ci-dessous.

À bientôt

Je me réjouis de vous lire.

POUR DECOUVRIR L’ARTICLE, C’EST PAR ICI.

Guillaume Lemonde

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LA CONFIANCE DE Mgr MYRIEL – Victor Hugo

LA CONFIANCE DE Mgr MYRIEL – Victor Hugo

Dans son roman, Les Misérables, Victor Hugo nous raconte qu’à la fin de l’année 1815, Jean Valjean fut libéré du bagne de Toulon. Sans ressources, il trouva le gite et le couvert chez Mgr Myriel, évêque catholique du diocèse de Digne. Il trouva également la promesse de quelques richesses en avisant l’argenterie du prélat. Il lui vola des chandeliers, s’enfuit, mais fut repris par les forces de l’ordre et présenté à l’évêque qui déclara ne pas avoir été volé. Les chandeliers étaient un don.

Il disculpait ainsi l’ancien forçat qui fut remis en liberté.

Ce que Mgr Myriel offre à Jean Valjean, bien plus que des chandeliers, c’est sa confiance.

Cette scène des Misérables fonde tout ce qui va suivre. Elle offre à Valjean sa rédemption, laquelle se poursuit dans le reste de l’œuvre. À l’annonce de la mort de l’évêque, Jean Valjean devenu notable sous le nom de Monsieur Madeleine, prendra le deuil.

 

LA CONFIANCE DE Mgr MYRIEL

Jean Valjean est-il digne de confiance ? Compte tenu des circonstances et du pédigrée de Jean Valjean, l’évêque ne devrait-il pas se méfier ? Comment pourrait-il encore espérer quelque chose de bon d’un tel homme ? En lui donnant une main, ne va-t-il pas y laisser un bras ?

Ces questions sont bien naturelles. Dans d’autres situations, elles pourraient conduire à établir un contrat qui serait à respecter, de façon à ce que la confiance soit rétablie. Fais tes preuves, et je t’accorderai ma confiance…

Le fameux contrat de confiance dont l’enseigne Darty a fait son slogan. Mais, comme le dit Julia de Funès, un contrat de confiance est un non-sens. C’est même un oxymore ! Un contrat est l’exact inverse de la confiance. Avec un contrat on essaie de rendre le futur cohérent, alors que la confiance se lève au milieu du risque.

Lorsqu’une personne est fiable, il n’est pas besoin de lui faire confiance. C’est bien quand une personne n’est pas fiable que notre confiance est requise.

Imaginer que la confiance n’exclue pas le contrôle, est hypocrite.

LA CONFIANCE N’EST POUR AUTANT PAS UNE PRISE DE RISQUE. ELLE S’OFFRE AU CONTRAIRE AU RISQUE.

À travers la confiance, le risque est intégré comme une possibilité pleinement vécue. La confiance, par essence, est l’accueil de toutes les possibilités, même des pires, au point que le pire n’existe pas, puisqu’il est accueilli aussi bien que le meilleur. Il n’y a pas de pire ou de meilleur lorsque l’on est confiant.

Le meilleur et le pire sont les deux faces que l’on croit reconnaitre à la vie, selon qu’elle nous convient ou nous disconvient. Ce sont des qualificatifs issus de notre manque de confiance. Ce sont les qualificatifs qui se rapportent à nos espoirs.

Lorsque l’évêque accorde sa confiance, il n’espère pas que Valjean se conduira mieux qu’il ne l’a fait jusque-là. Il n’espère pas qu’il se rachète. Il n’espère rien car la confiance s’exerce au présent et ne se projette pas dans un résultat.

Ainsi, l’évêque offre à Valjean bien plus que l’opportunité d’une seconde chance. L’opportunité d’une seconde chance serait un cadeau conditionnel.

Ce qu’il lui offre, à l’instant même où il lui accorde sa confiance, ce sont tous les possibles. Il ouvre devant l’ancien bagnard, tout l’avenir dont Valjean peut se saisir.

C’est pourquoi la confiance que l’on accorde à quelqu’un, offre à celui qui la reçoit, le cadre permettant de découvrir en soi l’espace à partir duquel il est possible d’agir librement. Recevoir la confiance de quelqu’un ne peut pas être contraignant. Car si c’est de la confiance, elle ne sera pas déçue.

AINSI, LA CONFIANCE REND L’AVENIR POSSIBLE.

La confiance rend l’avenir possible. Elle ne s’appuie sur aucune antériorité. Elle s’offre à l’instant où on la donne. Elle ne se commande pas. Elle est un don.

En accordant la confiance, on se met dans une situation asymétrique de vulnérabilité. D’une certaine façon, on prend un risque. Mais ce risque est celui de voir un espoir déçu. Il n’est pas là lorsque l’on a confiance, car la confiance est au présent. Elle est l’attention que l’on porte à l’instant sans besoin d’espérer le meilleur. Il n’y a pas de place pour l’espoir dans la confiance que l’on offre.

Donc, une vulnérabilité qui peut être blessée, mais qui n’est pas altérée par la blessure.

CECI ÉTANT, COMMENT EXERCE-T-ON LA CONFIANCE ?

Si la confiance ne se décrète pas, si elle ne se commande pas, si elle ne repose sur aucune antériorité, il est néanmoins possible de l’exercer, de la rendre présente.

Comment peut-on s’y prendre ?

Je vous invite à prendre un moment pour penser à une personne à qui vous aimeriez accorder votre confiance.

·       Je décide d’envisager que la personne en qui j’ai placé ma confiance ne fera pas ce que j’espère.

Je prends juste un moment pour goûter cette affirmation : elle ne fait pas ce que j’espère. Quelle saveur a-t-elle cette pensée-là ? Où est-ce que je sens ce que ça me fait dans mon corps ? La gorge ? Le ventre ? Le cœur ? Ailleurs ?

Si nous nous en tenions là, nous ne serions pas plus avancés. Il y aurait une sensation désagréable et rien de très aidant pour être confiant, puisque la confiance n’a rien à voir avec espérer. Alors allons plus loin !

·       Je décide d’envisager que la personne en qui j’ai placé ma confiance se comportera comme je l’espère.

Je prends juste un moment pour goûter cette affirmation : elle fait ce que j’espère. Quelle saveur a-t-elle cette pensée-là ? Où est-ce que je sens ce que ça me fait dans mon corps ? La gorge ? Le ventre ? Le cœur ? Ailleurs ?

Si nous nous en tenions là, nous ne serions pas plus avancés. Il y aurait une sensation agréable et rien de très aidant pour être confiant, puisque la confiance n’a rien à voir avec espérer. Alors allons plus loin !

 

·       Je laisse résonner ces deux expériences ensemble.

Je ne balance pas de l’une à l’autre, je vis simplement les deux ensembles.

Ce qui est impossible pour la raison (il n’est pas possible que la personne à qui j’aimerais accorder ma confiance fasse et ne fasse pas ce que j’epère…), l’est tout à fait dans les sentiments que l’on observe. On devient observateur de deux expériences opposées. Dans cet intervalle, on se trouve au présent.

Je vous invite à essayer cet exercice. Prenez le temps de le faire et de le refaire chaque jour. Passez du temps avec cet exercice, plusieurs semaines, pour commencer.

Vous vous apercevrez que la personne qui est au centre de votre attention, est comme pour elle-même indépendamment de ce que vous espérez.

Vous découvrirez en vous que l’activité que vous déployez est paisible. Et cette paix est confiante, réellement confiante. Elle est apte à accueillir ce qui vient comme ça vient. Les évènements en rapport avec cette personne seront ce qu’ils seront. Quelles que soient les difficultés rencontrées, chaque instant permettra de faire des choix ouvrant le meilleur avenir possible.

Et à partir de cet endroit paisible, vous pourrez décider de vous continuer à vous ouvrir à cette personne, ou non.

Bien à vous

Guillaume Lemonde

“Les Misérables” de Victor Hugo, 1er épisode : “Valjean” avec Jean Vilar et Georges Wilson


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https://pixabay.com/fr/users/thedigitalartist-202249/

Sujet : Un aspect de « l’Homme-machine » dont il était question dans un article précédent, est bien connu des neurosciences. Il s’appelle STRIATUM.[1]

***

Si l’on devait chercher un responsable à la fuite en avant de nos technologies et de ses innovations détruisant la planète, mais aussi de nos économies, recherchant une croissance infinie, c’est le striatum qu’il faudrait évoquer. Si l’on devait chercher un responsable à nos appétits, nos désirs, nos aspirations insatiables, c’est encore le striatum qu’il faudrait évoquer.

Le striatum est une structure nerveuse située sous le cortex (donc agissant en-dessous de la conscience). Beaucoup plus ancien que le cortex, il est moteur de l’action de nombreuses espèces animales, du poisson jusqu’aux mammifères en passant par les oiseaux, les reptiles et les marsupiaux. Depuis des millions d’années, il contrôle le système de récompense du cerveau en délivrant de la dopamine[2] lorsqu’une activité lui convient. La dopamine procure un sentiment de plaisir et renforce les circuits neuronaux qui ont supervisé cette activité avec succès.

DANS LE « BUG HUMAIN »[3] (que je vous invite à lire),

Sébastien Bohler, docteur en neurosciences, rédacteur en chef de la revue Cerveau et Psycho, montre comment nous sommes pilotés par ce fameux striatum qui récompense, en dessous du seuil de la conscience, les activités qui assurent la survie biologique. Ces activités sont :

  • Acquérir des informations
  • Se nourrir
  • Se reproduire
  • Avoir du pouvoir et un statut social

 

1-   Acquérir des informations

https://pixabay.com/fr/users/lobostudiohamburg-13838/

Dans un monde hostile comme la savane d’il y a bien longtemps, percevoir à temps un élément insolite, pouvait sauver la vie. L’empreinte d’un gibier dans un sol meuble, une branche cassée, un feulement que l’on entend dans son dos… Se nourrir et se défendre, découvrir de quoi se vêtir et s’abriter, etc. dépendait de cette activité qui pouvait mettre en lien une perception avec quelque chose de connu. Faire des liens essentiels, mettre de l’ordre dans le monde des perceptions et extraire l’information importante, est encore aujourd’hui récompensé d’une bouffée de dopamine par le striatum. Bref, cela fait plaisir d’identifier ce que l’on perçoit.

Aujourd’hui, comme hier, nous sommes à l’affut de la moindre information. Nous surveillons les notifications de nos téléphones, les fils d’info que nous ne pouvons plus éteindre. Ils nous apportent nos bouffées pluriquotidiennes de dopamine et font fonctionner l’industrie du numérique.

2-   Se nourrir

https://pixabay.com/fr/users/shutterbug75-2077322/

Dans un monde où le lendemain était incertain, il valait mieux manger tout de suite tout ce qui était à disposition (et se goinfrer, comme les moineaux que j’observais récemment dans une barquette de riz thaï, abandonnée sur un trottoir) en prévision de la famine, plutôt que d’épargner la nourriture qui aurait pu se perdre.

Aujourd’hui, comme hier, nous mangeons plus qu’il ne faut, dès que nous en avons la possibilité. On dénombre sur Terre 13% d’obèses, entretenus au prix d’une agriculture intensive qui détruit les écosystèmes. On meurt plus d’obésité que de faim sur la Terre. Un biscuit, une barre chocolatée, un excellent jambon, un verre d’une boisson que l’on apprécie et le striatum envoie sa bouffée de dopamine.

3-   Se reproduire

https://pixabay.com/fr/users/stokpic-692575/

Les relations sont également pilotées par le striatum qui les récompense d’une bouffée de dopamine, lorsqu’elles sont agréables, comme un bon Hug ou a fortiori, une relation sexuelle.

Ce plaisir dopaminergique est tel qu’aujourd’hui les sites de rencontres et les sites pornographiques représentent 35% du contenu internet.

La relation des mères à leur petits sont également récompensées de dopamine (c’est pourquoi les vidéos de petits chats montrant leur visage sympathique aux traits proches des petits humains – petit menton, petit nez, grands front – arrivent juste derrière les vidéos porno sur internet).

4-   Avoir du pouvoir et un statut social

https://pixabay.com/fr/users/skeeze-272447/

Être le plus fort, le plus apprécié, le plus aimé, le plus riche, le plus grand, être mieux que le voisin, était il y a bien longtemps dans la savane, une assurance sur la vie. Le chef a plus d’informations utiles, plus à manger, plus de relations. Le striatum pilote la recherche de statut en procurant du plaisir à qui obtient une ascension sociale.

Aujourd’hui comme hier, un plaisir certain est obtenu à avoir une bonne position sociale et à renvoyer une bonne image. L’auto-suréquipée, vantée par la publicité, joue sur cette corde-là. Les marques vestimentaires, la chirurgie esthétiques, mais aussi Facebook et la possibilité de collectionner des pouces bleus, tout comme gagner à une partie de cartes.

 

LE PROBLÈME EST QUE LE STRIATUM NE CONNAIT PAS DE LIMITES

Seul un résultat supérieur aux attentes donne une récompense. Ainsi par exemple, quand nous anticipons un bon repas dans un restaurant, notre striatum libère de la dopamine. Lorsque nous dégustons le repas, si le résultat est inférieur à nos attentes, la libération de dopamine est réduite. Cela engendre un déplaisir. Si le résultat est identique à nos attentes, le striatum n’émet aucune décharge de dopamine supplémentaire et le repas ne procure aucun surplus de plaisir. Enfin, si le repas est supérieur à nos attentes, le striatum émet davantage de dopamine, renforce les circuits neuronaux qui amènent à choisir ce restaurant et considère le plaisir atteint comme la nouvelle norme pour les expériences futures. Ce système nous pousse donc à en vouloir toujours plus, afin de recevoir plus de dopamine à l’anticipation et à la réalisation.

Toujours plus ou la même chose avec toujours moins d’effort (ce qui revient au même).

Toujours plus d’infos faciles, toujours plus à manger, toujours plus de sexe, toujours plus de statut social – toujours plus d’argent grâce aux crédits, toujours plus haut dans la hiérarchie, toujours plus de followers sur Facebook, Instagram…

La machine à vapeur, le TGV, le tout-confort domestique, le numérique, les plats commandés à distance, l’eau courante, les assistants vocaux, les sites de rencontre, sont réclamés par notre striatum qui veut toujours plus avec toujours moins d’efforts, et pousse notre économie dans une croissance que l’on voudrait infinie.

https://pixabay.com/fr/users/geralt-9301/

LE « TOUJOURS PLUS » EST ÉGALEMENT UN « TOUJOURS PLUS VITE »

La nature même du striatum est de récompenser les effets les plus proches. Il est impatient et nous enchaine aux effets obtenus le plus vite possible.

« Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », dit le striatum.

Si l’on suit sa logique, on se projette sans cesse dans les effets des actes que l’on pose.

Le striatum ne connait pas le présent. En se projetant dans l’effet le plus imminent, il nous projette sans cesse vers après.

Ainsi, il nous conduit à ne pas nous satisfaire de maintenant et nous mène par le bout du nez… la plupart du temps.

ET POURTANT, NOUS AVONS BESOIN DU STRIATUM

Les personnes qui ont une lésion de cette zone cérébrale, n’éprouvent plus de désirs. Elles restent inertes, sans initiative et finissent par mourir. Sans le striatum, le désir ne peut pas s’exercer, la volonté ne peut pas s’exercer.

ALORS, COMMENT SORTIR DE LA DICTATURE DU STRIATUM ?

Lutter avec la raison (le neurologue dirait « avec le cortex », instance beaucoup plus jeune) contre le striatum et ses exigences de toujours plus d’informations, de nourriture, de sexe et de statut social, est voué à l’échec.

Il sera toujours plus insistant que toute la raison que nous pourrons déployer.

Par exemple, un régime alimentaire que l’on suit raisonnablement, tiendra un temps et lâchera à un moment ou à un autre, conduisant à une prise de poids supplémentaire. C’est le fameux effet yoyo.

De même, interdisez aux prêtres catholiques d’avoir des relations sexuelles, et le besoin de gratification dopaminergique risque de se manifester sur un autre mode (pouvoir social, nourriture, collecte d’informations allant jusqu’à l’exégèse…) ou sur le même mode sexuel d’une façon parfois détournée et terrible.

https://pixabay.com/fr/users/stevepb-282134/

Comme dit l’adage : CHASSEZ LE NATUREL ET IL REVIENT AU GALOP !

Nous avons corporellement besoin de ce qui stimule la dopamine. Autrement dit, nous avons besoin du plaisir pour entrer en lien avec le monde. Par le plaisir, le monde s’offre à nous.

Comme le dit Sébastien Bohler, vouloir réduire au silence les impératifs du striatum est probablement aussi vain que dangereux.

Cependant, continuer à promouvoir un système économique qui se met à son service le plus absolu – comme nous le faisons depuis plus d’un siècle – est la pire des choses à faire.

 

LA SEULE FAÇON DE NE PAS RESTER SOUS LE DICTAT DU STRIATUM, C’EST DE DÉCOUVRIR LE SEUL ENDROIT SUR LEQUEL IL N’AIT PAS DE PRISE : LE MOMENT PRÉSENT.

Le plaisir d’être en lien avec le monde, au présent. Ce plaisir qui ne répond à aucune antériorité, à aucune condition préliminaire, puisqu’il se vit au présent. C’est un plaisir qui devient joie…

Le plaisir vécu au présent, est joie.

Une façon de s’y prendre passe par une attention portée aux pensées qui nous traversent et qui nous prennent avec elles. Car ces pensées sont des projections vers un après ou un avant. Elles sont, neurologiquement parlant, pilotées par le striatum.

Percevoir ces pensées, sans lutter contre elles et les laisser passer. Il est très important de ne pas s’interdire d’avoir certaines pensées qui viennent (cela équivaudrait à vouloir contraindre le striatum avec le cortex et cela serait voué à l’échec ou nous rendrait malades…) Il est en revanche important de remarquer le moment toujours renouvelé où l’on peut décider de ne pas suivre la pensée qui s’impose.

Restez une minute en silence, en observant que des pensées s’imposent et laissez-les passer. Parfois ça va, parfois pas. On continue, tout simplement.

Vous remarquez, avec un peu d’exercice, que les pensées sont de plus en plus périphériques et que les sens s’ouvrent à ce qui est ici. On devient, ce faisant, plus attentif à maintenant. On entend tout d’un coup des choses que l’on n’entendait pas, on voit des choses auxquelles on ne prêtait pas attention.

En s’ouvrant au présent, on s’ouvre à la qualité du moment plutôt qu’à une quantité de stimulations.

Renoncer à suivre les pensées qui s’imposent, c’est par exemple, renoncer à chercher la réponse à une question.

Il s’agit d’être très attentif à garder la question en conscience et de la tenir, tout en ne s’accrochant pas aux réponses que l’on voudrait trouver pour se satisfaire. La réponse finira par s’imposer d’elle-même.


 Cela m’évoque d’ailleurs une phrase de R.M. Rilke : voir ici

En renonçant à suivre les pensées qui s’imposent, en ne leur offrant aucune aspérité sur lesquelles elles pourraient s’accrocher, on devient disponible pour ce qui est ici. Les sens s’ouvrent. Et comme le dit Sébastien Bohler, on peut prendre le temps de manger un minuscule grain de raisin en le regardant d’abord, le humant, le palpant, le mastiquant lentement plutôt qu’en en gobant des dizaines en regardant la télévision.

Les circuits de dopamine s’activent alors tout autant voire plus, avec beaucoup moins de quantité. L’idée n’est pas de se restreindre, de se brider en se culpabilisant comme nous l’a enseigné notre religion judéo-chrétienne (action vaine du cortex sur le striatum) mais bien d’élargir son attention, en étant présent.

En conclusion,

Si l’on devait chercher un responsable à la fuite en avant de nos technologies et de ses innovations détruisant la planète, c’est le striatum qu’il faudrait évoquer. Mais en face de cette cause agissant depuis le passé de l’évolution humaine, il y a une cause à venir. En effet, c’est par ce que nous sommes appelés à nous éveiller à la qualité du monde plutôt qu’à la quantité, que nous sommes soumis aux exigences impérieuses de notre organisme. Cet éveil se prépare. Il est, pour l’humanité, encore à venir. Il laisse donc libre cours au striatum et à la surenchère de ses exigences toujours plus folles. Autrement dit, la destruction de la planète est l’ombre portée de cet éveil à venir.

J’espère que ces lignes vous donneront matière à réflexion. Je ne peux que recommander la lecture du livre de Sébastien Bohler, LE « BUG HUMAIN »[4].

De plus, si cet article vous a intéressé, sachez que la formation Saluto offre d’approcher ce qui a été exposé ici d’une manière neurologique, d’une façon plus large et en proposant des exercices adaptés.

Bien à vous

Guillaume Lemonde

[1] Le striatum est une structure nerveuse située le cortex. Il est impliqué dans le mouvement volontaire, la motivation alimentaire ou sexuelle, la gestion de la douleur (via le système dopaminergique) et la cicatrisation voire la régénérescence de certains tissus cérébraux.

[2] La dopamine est une substance chimique produite par le cerveau qui participe à notre bienêtre naturellement. En effet, la libération de cette molécule est perçue comme une sorte de récompense. Votre niveau de dopamine augmente en réponse à une activité agréable. C’est le cas, par exemple, après avoir mangé ou après un rapport sexuel

[3] Sébastien Bohler, Le bug Humain, Ed. Robert Laffont, Février 2019

[4] Sébastien Bohler, Le bug Humain, Ed. Robert Laffont, Février 2019

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