« CE N’EST PAS PARCE QUE C’EST DIFFICILE QUE NOUS N’OSONS PAS… » SÉNÈQUE

« CE N’EST PAS PARCE QUE C’EST DIFFICILE QUE NOUS N’OSONS PAS… » SÉNÈQUE

 Cette citation est tirée des lettres à Lucilius. Elle est de Sénèque, un philosophe stoïcien, homme d’État, dramaturge et célèbre écrivain romain, né autour de l’an 4 av. J.-C. et mort en 65 ap. J.-C. Il fut le précepteur de Néron.

 

Quand Sénèque nous dit : Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas, que c’est difficile, il nous propose un retournement fondamental. Il suggère une inversion de causalité.

 

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LA VIE EST UNE PIÈCE DE THÉÂTRE – Sénèque

LA VIE EST UNE PIÈCE DE THÉÂTRE – Sénèque

La vie est une pièce de théâtre :

ce qui compte, ce n’est pas qu’elle dure longtemps, mais qu’elle soit bien jouée.

 

Sénèque,

Apprendre à vivre, lettres à Lucilius, vers 64 après. J.C.

 

 

Notes de lecture :

 

le décor de notre vie

  • Une autre métaphore, celle du surfeur. L’essentiel est de rester maintenant en équilibre sur la planche. De cela dépend la durée du jeu avec la vague. Même si ce n’est pas une condition suffisante, elle est essentielle, car c’est la seule sur laquelle le surfeur puisse agir.

 

 

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LES CAUSES À VENIR

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Les causes à venir

 

Sénèque disait : ce n’est pas parce que c’est difficile que je n’ose pas, mais parce que je n’ose pas que c’est difficile. Essayons ce retournement de pensée.

 

 

 

TRANSCRIPTION DE LA VIDÉO:

 

Avez-vous marqué cette façon que nous avons de nous sentir contraint par tout ce qui se passe et tout ce qui a été et de dire par exemple :

  • C’est parce que j’ai trop à faire que je n’ai pas le temps.

Ou alors :

  • Avec tout ce que j’ai vécu, j’ai perdu confiance.

Ou encore :

  • Mes sentiments ont été tellement chamboulés que j’en ai été déstabilisée.

Et puis même, c’est tellement évident, ça semble tellement évident de pouvoir affirmer :

  • C’est parce que c’est difficile que je n’ose pas.

Donc, il y a toujours quelque chose qui semble nous contraindre et ça serait drôlement intéressant lorsque nous nous entendons dire ça, d’inverser la logique, d’inverser cette logique de cause à effet venant du passé pour la retourner et en faire une cause à effet venant de l’avenir.

 

Et au lieu de dire : c’est parce que j’ai trop de choses à faire que je n’ai pas le temps, peut-être expérimenter que c’est parce que je n’ai pas la capacité intérieure de prendre du temps, de m’approfondir dans ce que je fais, que tout semble être sur le même plan et que j’ai beaucoup trop faire finalement.

 

Ou de ne pas succomber à la facilité de se dire que c’est parce qu’on a vécu tout ça comme cela qu’on a perdu confiance, mais que c’est parce qu’on n’a pas vraiment confiance dans la vie, en fait, que l’on a vécu tout ça de cette façon.

 

Ou encore, que ce n’est peut-être pas parce qu’on a eu tous ces sentiments mouvants et compliqués que nous avons été déstabilisés, mais parce que nous sommes sans grande stabilité intérieure qu’un moindre petit sentiment, nous chamboule.

 

Un grand philosophe latin, Sénèque, écrivait un jour à son ami : ce n’est pas parce que c’est difficile que tu n’oses pas, c’est parce que tu n’oses pas que c’est difficile.

 

Je vous laisse réfléchir à ça.

 

 

Je serais heureux de lire dans les commentaires ce que vous en pensez ! À bientôt!

 

SÉNÈQUE : CE N’EST PAS PARCE QUE LES CHOSES SONT DIFFICILES QUE NOUS N’OSONS PAS !

SÉNÈQUE : CE N’EST PAS PARCE QUE LES CHOSES SONT DIFFICILES QUE NOUS N’OSONS PAS !

Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas

 

L’illusion que nos problèmes puissent être le développement de ce qui s’est passé avant, est tenace. Elle nous vient de ce que nous sommes plongés dans la chronologie de souvenirs commençant peu après notre naissance. Cela nous laisse croire que nous sommes issus de cette chronologie.

 

Nous voyons alors notre vie comme le résultat naturel d’une cascade de causes et d’effets, et nous avons l’illusion que nos actes dépendent eux aussi de ce qui leur a précédé.

 

Par exemple, nous ne concevons pas le pardon sans un dédommagement préalable, l’engagement sans la promesse d’un retour sur investissement, la confiance sans un minimum de précaution… et nous projetons automatiquement vers le futur, les conséquences que nous pouvons en attendre. Ainsi, le passé nous contraint et le futur, exprimant le développement de cette contrainte, devient l’endroit où l’on projette toutes les impasses.

 

Prenez par exemple un randonneur qui serait bloqué devant un torrent lui barrant le chemin. Pour continuer, il n’a pas d’autres possibilités que de longer le cours d’eau à la recherche d’un gué. Mais la pente est raide de ce côté-là ! Quitter le chemin et gravir cette pente, va être difficile. Le randonneur est découragé. Or, pourquoi se décourage-t-il ?

 

Il se décourage uniquement parce qu’il se projette dans les conséquences fatigantes de cette ascension. Il s’imagine que l’ascension sera éprouvante. Pris par un enchaînement de causes à effets, il s’imagine dans une impasse.

 

Il n’est pas présent au seul pas qui compte et sur lequel il pourrait vraiment  agir : celui qu’il pourrait faire maintenant.

 

Si le randonneur était suffisamment présent au pas qu’il a à faire maintenant, il ne penserait au prochain que lorsqu’il pourrait le poser à son tour. De pas en pas, il oserait monter cette pente. Il ne se découragerait pas. Le torrent ne serait plus pour lui la raison d’une impasse. Il deviendrait une simple péripétie.

 

Finalement, ce n’est pas parce que la pente est trop raide que le randonneur se décourage. C’est au contraire parce qu’il se décourage qu’il trouve la pente trop raide.

 

Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. (Sénèque, Lettres à Lucilius, Livre XVII, Lettre 104)

 

Je me réjouis de lire votre commentaire à ce sujet !