AYEZ DES PROJETS IMPOSSIBLES !

 

 

Il y a tellement de raisons de ne pas oser entreprendre ce dont on rêve. Des contraintes de toutes sortes nous enferment. Elles nous relient à des choix passés que nous devons assumer. Changer de situation, changer de métier, de lieu de vie, changer quoi que ce soit dans notre existence parait vite impossible du fait de contraintes multiples, affectives, organisationnelles, financières, spirituelles, etc.

 

Alors on préfère rêver que ce changement sera possible plus tard au lieu de l’accomplir maintenant. C’est plus confortable et ça fait surtout moins peur.

 

À la rigueur, on se demande si l’on pourrait faire surgir quelque changement tout en ménageant ces contraintes.

 

Mais cette tentative est autobloquante.

 

Le nouveau, le réellement nouveau, ne peut pas devenir réel en ménageant ce qui est déjà-là. Le nouveau ne peut pas être soumis à une antériorité…

 

Il ne serait sinon pas nouveau. Il ne serait qu’un développement de ce qui existe déjà. Un pis-aller.

 

Ce qui est nouveau s’approche depuis l’autre côté, de l’avenir. Cela advient. Cela ne se prévoit pas, cela se rend possible.

À un moment où à un autre, il y aura des renoncements à faire. Le renoncement de ce qui conditionne notre sécurité. Et la peur sera au rendez-vous, elle qui n’est jamais que l’ombre portée des renoncements qui se préparent.

 

Alors ayez des projets impossibles ! Prenez-les au sérieux. Envisagez qu’ils soient possibles tout en sachant qu’ils sont impossibles. Tenez-vous dans cet espace, fermement.

 

Et posez un pas pour préciser votre projet. Ce qui vous semble irréaliste, trouvez-en les contours. Renseignez-vous sur tous les détails, tous les paramètres de ce que vous voulez entreprendre. Gardez les renseignements collectés bien présents en renonçant de les prendre pour autant de prétextes de ne pas y arriver. Chaque nouvelle information pourrait allonger la liste des choses impossibles à résoudre.

 

Pourtant, continuez de procéder ainsi :

 

D’un côté les détails qui rendent votre projet impossible car vous regardez à travers eux comment ils portent à conséquence. Vous regardez à travers eux le passé qui se déploie vers plus tard.

 

De l’autre côté, le projet qui vous tient à cœur. Gardez-le au présent, comme une évidence. Ne cherchez pas à imaginer quand il se réalisera, ni comment… Vous le regarderiez sinon depuis le passé qui se déploie, alors qu’il est en train d’advenir…

 

Restez dans cet espace… Ces détails qui vous paraissent insurmontables vous conduiront à vous mettre en mouvement. Ils vous conduiront à visiter chaque aspect de votre vie.

 

Vous allez rafraichir d’une bienfaisante attention tout ce que vous tenez pour acquis, mais qui n’est jamais qu’une prolongation du passé dans votre présent.

 

Vous allez devenir présent à ce qui est là et découvrir que seul compte le pas que vous faites maintenant.

 

Imaginez quelqu’un, comme cet homme rencontré récemment, qui voudrait voyager pendant un an. Comment fait-il pour trouver une source de revenu ? Gérer un patrimoine resté sur place ? Clarifier les questions fiscales ? Scolariser les enfants ? etc. 

 

Ou cet autre qui veut changer de métier, alors que le revenu actuel permet un équilibre et que le suivant sera beaucoup plus bas ?

 

Est-ce impossible ?

 

Ça l’est aussi longtemps qu’on le croit – par peur.

 

Mais attention, à l’inverse, décider que ça soit possible, ne suffit pas non plus à rendre le projet réel. Il convient de se méfier de cette pensée magique.

 

Ce qui compte, c’est toute l’attention que l’on porte à ce projet complètement impossible et complètement possible EN MÊME TEMPS.

 

Si on parvient à se tenir dans cet écart sans mettre en balance ce qui semble s’opposer, on forme un espace dans lequel plus grand vient s’installer. La vie commence à se mettre en place dans cet attention-là.

 

Ainsi, la magie de la vie qui se met en place comme on le voudrait, ne vient pas à travers un décret que l’on prend une fois pour toute. Elle répond à l’attention que l’on offre à chaque pas du chemin ; laquelle attention s’exerce à chaque étape de ce processus et tout particulièrement quand il s’agit de renoncer à suivre les pensées anxieuses qui se présentent. La magie de la vie n’est pas un butin, mais un cadeau.

 

 

Un chemin de mille pas commence avec le premier, disait le sage.

 

À cet égard, le premier pas n’est pas différent du dernier. Le projet est déjà complètement contenu en lui.

 

Mais il ne s’agit pas de s’en convaincre. Il s’agit de le vivre. Cela ne se fait pas en se raisonnant mais en s’engageant. C’est une affaire de mobilisation intérieure.

 

Alors que nous pensons être non libre de pouvoir décider ce que nous voulons, bloqués par maints prétextes, il est important de ne pas oublier que notre libre arbitre ne provient pas de la connaissance que nous avons des tenants et des aboutissants.

 

Il n’est pas le fruit de la raison.

 

Il s’exerce dans le pas à pas d’un projet que l’on estime complètement impossible, tout en portant en soi comme complètement possible.

 

Ce pas à pas nous fait rencontrer la peur et, à chaque étape, l’attention pour le pas que l’on fait maintenant est la seule qui compte.

 

Alors ayez des projets impossibles !

 

N’attendez pas de meilleures conditions. Elles ne viendront jamais toute seule. Elle ne se présenteront qu’en réponse à votre engagement.

 

Comme l’écrit  W.H. Murray dans The Scottish Himalayan Expedition (1951) :

« Tant que nous ne nous engageons pas, le doute règne, la possibilité de se rétracter demeure et l’inefficacité prévaut toujours. »

 

Mais lorsque l’on s’engage, alors… lire la suite

 

 

Guillaume Lemonde

 

 

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