Avoir confiance ! Comment fait-on ça ?

 

Bonjour ! Allant au devant de grandes transformations de mon cadre professionnel, la question qui m’occupe en ce moment c’est : Avoir confiance ! Comme fait-on ça ?

 

Comme cet épisode de ma vie est l’occasion de mettre en pratique un des exercices proposés par la démarche Saluto, je me suis dit qu’un partage à ce sujet pourrait être intéressant. Cela pourrait peut-être être utile à certains.

 

Ce qui m’arrive, c’est que bientôt je vais devoir me déterminer par rapport aux nouvelles contraintes qui s’exercent sur le système de santé. Je vais avoir à faire des choix et ces choix auront des conséquences. Et comme celles que j’imagine ne sont pas toutes réjouissantes, la peur me bloque un peu. Comment avoir confiance que tout ira bien ?

 

Les problèmes que j’imagine sont en particulier financiers. Ce thème est celui qui revient le plus fréquemment dès qu’il s’agit de changer quelque chose à ce qui assure une source de revenus. J’ai entendu tellement de personnes me dire qu’elles sont coincées et que rien n’est possible, car l’argent manquerait si elles changeaient quoique ce soit à leur situation. Je comprends cette peur-là. 

 

Il y a un loyer à payer, une pension à honorer, des crédits à rembourser, etc. En plus, on voudrait, comme l’écureuil, faire des réserves pour assurer ses arrières… Quoi de plus raisonnable… Et comme il n’y a jamais assez pour être rassuré, on tarde à s’ouvrir à ce qui pourrait nous attendre, si on lâchait ce que l’on connaît. Alors on ne lâche rien.

 

En même temps, il faut bien se rappeler que les films que l’on se fait au sujet de ce qui pourrait arriver, ne sont que la mise en scène des difficultés actuelles, montées en mayonnaise. Ils ne sont que des projections de ce que l’on a compris de la situation. Ils ne montrent pas ce qui sera, mais ce que l’on craint. Ils prolongent, développent jusqu’à leur ultime aboutissement, un enchaînement possible de causes à effets.

 

Il est bien évidemment raisonnable de réfléchir à toutes ces possibilités. Il y a des conséquences logiques aux choix que l’on fait. Mais cette logique ne prend pas tout en compte, en particulier pas les heureux imprévus ce qui pourraient se présenter. Elle ne peut pas les prévoir. La raison ne peut prévoir que le prévisible ! Or l’avenir est par nature imprévisible !

 

Nous ne pouvons prévoir que ce que nous connaissons. Appelons ça le futur. Nous pouvons prévoir le futur, qui n’est que la prolongation de ce que l’on connaît. L’avenir, ce qui vient à nous comme opportunités, rencontres, hasards,… ne peut pas se prévoir.

 

Avoir confiance, c’est s’ouvrir à la possibilité de ce qui en dehors de toute logique, vient nous offrir des cadeaux imprévus. Et si l’on est suffisamment ouvert, on s’aperçoit que même au cœur des épreuves et des difficultés que nous traversons, existent de tels imprévus annonçant des changements inespérés. Sommes-nous capables de vivre ça ? Sommes-nous capables d’être dans cette disposition confiante-là ?

 

Alors avoir confiance ! Comme fait-on ça ?

 

  • Pour commencer, je renonce à me faire des films.

Voilà plusieurs années déjà que je suis attentif aux films que je me fais. J’observe les pensées qui s’enchainent automatiquement vers le pire et, sans les empêcher d’être, je décide de ne pas les suivre. Je les observe seulement.

 

Dans le cas présent, le film qui se joue en moi me dit que si l’argent n’entrait pas en ligne de compte, ce serait beaucoup plus simple. Ce qui devrait être fait, l’aurait déjà été depuis longtemps. Tout serait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Si l’argent coulait à flots, tout serait possible ! (Le dernier acte de ce film de série B, se termine probablement sous un pont.)

 

Ainsi, le scénario qui se joue en moi raconte l’histoire d’une confiance conditionnée par un solide compte en banque.

 

Si pour accueillir ce qui vient, quelqu’un a besoin de me rassurer avec un gris-gris, une patte de lapin, un bon salaire ou la pratique réconfortante d’une confession promettant un avenir meilleur, est-ce encore de la confiance ?

 

Comment accueillir paisiblement la possibilité que disparaisse ce qui me rassure ??? Pour ne pas me faire de film, j’ai besoin de répondre à cette question.

 

Je vous invite à prendre un moment pour identifier ce qui vous rassure quand un problème survient. Vous me direz, ça dépend du problème… Certes ! Mais voyez peut-être tout simplement ce qui vous donne un confort pour envisager demain avec plus de sérénité.

 

  • Je décide d’envisager que ce qui me donne confiance, n’existe pas.

Si j’ai besoin d’un compte bien fourni pour être rassuré, je prends un moment pour me dire : le compte en banque est vide, il n’y a pas d’argent. Je prends le temps de bien ressentir ce que cela fait en moi. La pensée se met en marche, mais je renonce à réfléchir à la chose.

Je prends juste un moment pour goûter cette affirmation : le compte en banque est vide, il n’y a pas d’argent. Pas un kopeck ! Pas un radis ! Quelle saveur a-t-elle cette pensée-là ? Où est-ce que je sens ce que ça me fait dans mon corps ? La gorge ? Le ventre ? Le cœur ? Ailleurs ?

 

Évidemment, cette première phase est une simple projection dans une possibilité. C’est une exploration d’un futur possible mais non réel. C’est juste un exercice qui nous renvoie au plus tard que notre peur nous montre. C’est le film de la série B que l’on regarde.

 

Si nous nous en tenions là, nous ne serions pas plus avancé. Il y aurait une sensation désagréable et rien de très aidant pour être confiant. Alors allons plus loin !

 

  • Ce qui me donne confiance, existe.

À présent, je me souviens que ce qui me donne confiance existe. J’ai assez d’argent pour vivre.

 

Après avoir exploré le futur possible, je regarde ce qui est là depuis quelques temps, donc depuis le passé. Ce qui me donne confiance existe ! Quelle saveur a cette pensée-là ? Où est-ce que je sens ce que ça me fait dans mon corps ? La gorge ? Le ventre ? Le cœur ? Ailleurs ?

 

 

  • Ce qui me donne confiance, existe et n’existe pas.

Ces deux expériences étant orientées pour l’une vers le futur et pour l’autre vers le passé. Si je prends maintenant le temps de me souvenir des deux expériences en même temps, alors je me tiens entre les deux. Je ne balance pas de l’une à l’autre, je vis simplement les deux ensembles.

Ce qui est impossible pour la raison (il n’est pas possible d’avoir et de ne pas avoir d’argent sur le compte !), l’est tout à fait dans les sentiments que l’on observe. On devient observateur de deux expériences opposées. Dans cet intervalle, on se trouve, entre le passé et le futur. On est au présent.

 

Je vous invite à essayer cet exercice. Prenez le temps de le faire et de le refaire chaque jour. Passez du temps avec cet exercice, plusieurs semaines, pour commencer.

 

Vous découvrirez en vous que l’activité que vous déployez est paisible. Et cette paix est confiante, réellement confiante. Elle est apte à accueillir ce qui vient comme ça vient. Les évènements qui se présenteront ne seront ni bons ni mauvais. Ils seront, tout simplement. Quelles que soient les difficultés, chaque instant permettra de faire des choix ouvrant le meilleur avenir possible.

 

Si vous faites cet exercice, je serais heureux de vous lire dans les commentaires. Un échange à ce sujet sera très intéressant. Les difficultés que vous rencontrerez peut-être, le seront aussi.

Merci pour votre partage.

 

Et si cet article vous a plu, faites-le lire à vos amis. Merci !

 

Bien à vous

Guillaume Lemonde