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AU SUJET D’UN VACCIN « COVID » : ÊTES-VOUS OPTIMISTE OU PESSIMISTE ?

En ces temps de crises sanitaire et économique, tandis que s’opposent les alarmistes et les « rassuristes » convaincus, la question apparait intéressante. D’ailleurs, dans tous les débats de société, ces deux groupes se font inlassablement remarquer. Les uns voient le pire et vont jusqu’à tenir pour évidente une prochaine extinction de masse, qu’elle soit due au climat, au virus, à l’intelligence artificielle, etc. tandis que les autres chantent que l’on sur-interprète les faits et que Tout va très bien, Madame la Marquise (ici un lien vers cette chanson que je trouve excellente).

 

Même parmi les médecins, pourtant rompus à l’art du pronostic, certains sont connus pour craindre conséquemment le pire. Ils se rassurent en prescrivant une batterie d’examens et en prenant toutes sortes de mesures jugées inutiles par leurs confrères. Ils diront, comme le Dr Knock de Jules Romain, que les bien-portants sont des malades qui s’ignorent.  Alors dépistons tant que nous pouvons !

D’autres sont connus pour être rassurants et sous-estimer régulièrement les conséquences possibles des maladies. On dira d’eux qu’ils prennent des risques inutiles et mettent leurs patients en danger.

 

Évidemment, je force le trait. Toutes les nuances existent entre ces deux extrêmes.

 

Mais vous l’aurez compris, notre façon de faire des pronostics est polarisée entre l’optimisme qui voit le verre à moitié plein et le pessimisme qui voit le verre à moitié vide.

 

Or, cette polarisation (comme toutes les polarisations), est évidemment une affaire de point-de-vue, de référentiel… Elle ne change pas la réalité du verre et du liquide qu’il contient. Elle oppose juste les regards que l’on porte sur eux.

 

Ainsi, la chose en soi existe, tandis que les points de vue s’affrontent.

 

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CE QUI S’AFFRONTE CHEZ LES OPTIMISTES ET LES PESSIMISTES, CE SONT LEURS ATTENTES.

 

Les uns craignent le pire, au point de ne voir que le pire, alors que les autres espèrent le meilleur, au point de ne voir que le meilleur. Ils ne voient pas le monde tel qu’il est, mais tel qu’ils l’espèrent ou le redoutent.

Et ce point est capital, car si l’optimiste et le pessimiste se distinguent d’après le regard qu’ils portent sur le monde, alors, c’est donc en qualité de spectateur du monde qu’ils s’opposent.

Être optimiste ou pessimiste, c’est être dans la vie, un spectateur…

  • Le pessimiste est un spectateur qui soutient que tout est mal, ou que la somme des maux l’emporte sur celle des biens. Par caractère ou après réflexion, ils prévoient une issue fâcheuse aux événements et en attendent le pire.

  • L’optimiste est un spectateur pour qui tout est nécessairement pour le mieux dans le meilleur des mondes (optimisme absolu), ou pour le moins, pour qui le mal n’a de sens qu’en fonction du bien (optimisme relatif).

Comme les spectateurs d’un théâtre, ils imaginent par avance le plaisir ou le déplaisir qu’ils auront de voir la pièce qu’on leur propose de regarder. Comme les spectateurs, ils ne sont pas en position de pouvoir changer quoi que ce soit au cours des événements. Ils sont passifs et attendent donc passivement l’issue qu’ils s’imaginent. Ils attendent passivement quelque chose de précis : le pire ou le meilleur, selon…

Mais attention ! Attendre passivement, ne veut pas dire qu’ils ne font rien. Ils peuvent être même très affairés et s’agiter sur leur strapontin, mais fondamentalement ils ne pensent pas pouvoir changer le cours des choses. La pessimiste pallie juste au pire auquel il s’attend, tandis que l’optimiste, opportuniste, se concentre sur ce qui le rassure.

Mais en définitive, cela revient au même ! Le verre étant tout à la fois à moitié plein et à moitié vide, le pessimiste pourra dire qu’on ne s’en sortira pas sans vaccin tandis que l’optimiste se félicitera que le vaccin arrange tout !

 

LE FAIT D’ATTENDRE PASSIVEMENT QUELQUE CHOSE DE DÉTERMINÉ EST UNE ATTITUDE FATALISTE.

L’optimiste est un fataliste positif.

Ni le pessimiste, ni l’optimiste ne voient la vie telle qu’elle est. Ils la rêvent (ou la cauchemardent) en fonction de ce à quoi ils s’attendent. Ils sont les spectateurs d’un rêve.

Ils ne regardent pas la réalité mais les craintes et les espoirs qu’ils projettent sur la réalité.

 

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L’ACTEUR SUR LA SCÈNE DU THÉÂTRE, N’A PAS LE LOISIR D’ÊTRE OPTIMISTE OU PESSIMISTE.

Il est dans le réel. Il est responsable de ce qui se passe, c’est-à-dire qu’il répond de la situation. Il ne spécule pas sur des annonces, des prévisions, des pronostics, des suppositions, il prend en compte ce qui est. Ce qui est maintenant dans son champ d’action.

Il n’attend pas quelque chose de déterminé. Il est ouvert à tout ce qui pourrait se passer. Il est dans une non-attente active.

 

QUE DIRA CELUI QUI NE RÊVE PAS LE FUTUR ?

Il dira qu’il faut attendre de voir ce qui sera réellement. Est-ce qu’un vaccin sera réellement disponible ? Quand ? À quelles conditions ? Avec quel mode d’action ? Les modes d’actions imaginés pour produire un vaccin contre un virus à ARN sont désormais connus (ce qui n’est pas sans soulever de graves questions quant à l’innocuité du procédé… Il s’agit ni plus ni moins d’un procédé de thérapie génique…), mais l’épidémie sera-t-elle encore active quand il sera mis en vente ? D’ailleurs, les coronavirus mutent si rapidement qu’il sera essentiel de savoir dans quelle mesure un vaccin fabriqué il y a six mois pourrait encore servir à quelque chose. Ou en sera le virus ? Aurons-nous de meilleures données sur l’immunité naturelle ?

Pour l’instant, répondre à ces questions est impossible. C’est de la science-fiction. Les données communiquées actuellement au sujet d’études faites sur quelques centaines de personnes, par des comités qui sont juges et partis, n’ont aucun intérêt scientifique. On ne connait pas les effets à court, moyen et long terme. Tout ce que l’on a, ce sont des effets d’annonce. De gros enjeux financiers avec des gains incroyables se font d’ores et déjà, avant même la commercialisation d’un produit.

En pratique, aucun vaccin n’est encore sur le marché, alors faisons attention de ne pas adopter l’attitude d’un spectateur occupé à vibrer avec le suspens de l’histoire.

Il est important de s’informer sur ce qui pourrait arriver, mais il est sans doute encore plus important de ne pas oublier que l’essentiel se trouve dans les choix que l’on fait maintenant en fonction de données réelles.

Quelles données réelles ai-je à disposition ? Quelles sont mes sources ?

(peut-être faudra-t-il ici reparler un jour du principe de réalité…)

La peur nourrit le pessimisme. La crédulité naïve et docile qui conduit à ne pas vouloir voir les potentiels problèmes, nourrit l’optimisme. Nous avons cette fâcheuse tendance de spectateur de croire que si l’on ne se méfie pas assez (comme un pessimiste), alors c’est que l’on est naïf, crédule et docile… Mais non ! Ce débat est un débat de spectateur de la vie, un débat de personnes qui ne vivent pas dans le réel. Elles pensent être dans le réel car elles rameutent du monde autour de leur point de vue (autour de leurs peurs), mais elles sont comme ces personnes qui, au sujet de leur série préférée, se demandent si oui ou non Bill est l’assassin.

 

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EN MÉDECINE, UN PRINCIPE FONDAMENTAL GUIDE LES ACTES DES PRATICIENS : PRIMUM NON NOCERE

(D’ABORD, NE PAS NUIRE)

Le jour où un vaccin sera délivré sur le marché, il deviendra réel. Nous ne serons plus dans la science-fiction et les médecins pourront apprécier à ce moment-là la balance entre les bénéfices et les risques. Ils pourront apprécier s’il y a suffisamment de données pour savoir si un tel traitement entraine plus ou moins de problèmes que la maladie contre laquelle il est censé protéger la population. Ce sera possible d’en juger en conscience.

En l’absence de réponses satisfaisantes et en connaissance des mécanismes d’action du produit, acteurs dans la société, ils pourront, comme chacun d’entre nous, individuellement se positionner. Se positionner par exemple face à une obligation vaccinale qui pour l’instant n’est, elle aussi, pas une réalité.

Certains se positionnent déjà avec les quelques données réelles qu’ils ont déjà à disposition. Et s’ils disent « Attention », ce n’est pas forcément par pessimisme, mais par la compréhension de la physiologie. Ils vont soulever des protestations chez les médecins pessimistes qui ne voient pas comment sauver l’humanité de la catastrophe sans vaccin, mais aussi celles des optimistes qui de toute façon n’acceptent d’entendre que les bonnes nouvelles.

 

J’aimerais terminer ce texte par une question, que je pose en particulier à mes collègues :

Alors que le vaccin cristallise les peurs et les espoirs de bien des gens, pouvons-nous devenir attentifs à nous expliquer avec les données du réel ? (intéressez vous au mécanisme d’action de ce vaccin révolutionnaire. C’est du jamais vu, du jamais fait… PRIMUM NON NOCERE)

Pouvons-nous apprendre à ne pas suivre les pensées qui s’imposent à nous, les espoirs et les craintes que nous avons, mais à les regarder sans nous y abandonner, de façon à pouvoir agir en conscience lorsque il sera réellement requis de le faire ?

Ne pas collaborer à nos espoirs et à nos craintes, mais résister d’une attention sincère…

Cela s’exerce.

 

Pour compléter votre lecture, un autre article pourrait vous intéresser :

Sortir de la pensée binaire.

 

Guillaume Lemonde

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